FORCE ÉLECTROMOTRICE DE DISSOLUTION
mise en communication avec une source à un nouveau potentiel, il s'en suivra une déviation que Ton peut calculer.
3** Méthode de comparaison. — On peut aussi employer la méthode dite du zéro, en opposant à la source dont on veut mesurer la force électromotrice une batterie de piles ou d'accumulateurs dont on connaît le potentiel.
Cette méthode n'est pçis sans défaut; elle suppose, en effet, que la force électromotrice de la pile ou des accumulateurs est constante et parfaitement connue.
4° Méthode calorimétrique. — On peut enfin utiliser une méthode calorimétrique pour déterminer la force éleclromotrice des piles.
Le principe de cette méthode, plutôt délicate à mettre en pratique, est le suivant: si Ton considère un circuit déterminé comprenant la pile, il s'y fait un certain dégagement de chaleur que Ton peut mesurer par des méthodes calorimétriques.
Des expériences nombreuses, notamment celles de Fabre, ont démontré que la quantité de chaleur chimique de la pile est égale à la chaleur dégagée dans le circuit.
Or la loi de Joule donne Tégalité :
w = RPT.
R étant la résistance totale du circuit; I, l'intensité du courant qui traverse le circuit pendant le temps T. W est le nombre d'ergs (en exprimant toutes les autres valeurs en unités C. G. S.) correspondant à la chaleur dégagée.
Cette équation peut s'écrire, en tenant compte de la loi d'Ohm :
w = ElT.
On mesure W, I et T; on en déduit E.
On formera donc une pile dont l'un des pôles sera constitué par l'alliage considéré, et l'autre par l'un des métaux entrant dans l'alliage. On prendra pour électrolyle une solution d'un
0% Zn
Zn
sel dont les ions métalliques correspondent au métal à potentiel le plus élevé; c'est ainsi qu a opéré M. Herschkowitch dans Timportant travail qu'il a publié dans le Zeitschrift fur physikalische C hernie^ en 1898.
Comme Ta fait remarquer cet expérimentateur, il faut utiliser pour Télectrode un métal fondu peu de temps avant Texpérience.
En effet, un métal qui vient de subir la fusion, possède toujours une force électromotrice plus élevée que lorsque la fusion date de plusieurs jours. Le potentiel varie donc avec le temps qui s'est écoulé depuis la fusion du métal. Des expériences très précises ont été faites à ce point
de vue par M. Herschkowitch sur le cadmium. Le métal tend, en somme, vers un état stable et, jusqu'à ce qu'il y soit parvenu, son potentiel varie.
Exemple^. — Nous donnerons à titre d'exemple quelquesuns des résultats obtenus par Laurieet par M. Herschkowitch*. Laurie a étudié les alliages étain-cuivre.
Il a obtenu la courbe de la figure 115 qui montre une
1 . M. Louguinine vient de faire une série de déterminations très précises que nous résumerons dans le second volume.
10 28 SO kO 60 B8 70
FiG. 114. — Force électromotrice de dissolution des alliages Cu-Zn.