CHAPITRE XIV CHALEUR DE FORMATION
Principe. — Bien que la méthode d'études des alliages basée sur la chaleur de formation ait été beaucoup moins utilisée pour des raisons que nous indiquons plus loin, nous tenons à en donner ici le principe et à citer quelques-uns des résultats déjà obtenus.
Si Ton peut déterminer d'une façon précise la chaleur de formation des alliages et si Ton trace la courbe de ces chaleurs de formation en fonction du pourcentage d'un des métaux introduits, on noiera parfois des maxima ou des minima qui prouveront l'existence de combinaisons. Malheureusement la chaleur de formation des alliages est extrêmement faible, et il est, comme nous le verrons, fort difficile de les déterminer avec une précision suffisante.
Méthodes. — 11 nous serait fort difficile, étant donné le cadre que nous nous sommes assigné, de décrire ici les méthodes et appareils employés pour les déterminations calorimétriques. Nous renverrons aux traités spéciaux et plus particulièrement aux ouvrages de M. Berthelot. Nous tenons cependant à indiquer très sommairement le principe des deux façons d'opérer que Ton peut employer.
La première, qui est la méthode directe, consiste à porter les deux ou plusieurs métaux qui doivent entrer dans l'alliage
à Tétat liquide et à une même température constante et à les mélanger. On note une variation de température du mélange, et Ton peut déduire la chaleur dégagée, en connaissant les chaleurs spécifiques des métaux.
Est-il utile de faire remarquer toutes les difficultés pratiques d une telle méthode ? Il est fort délicat de mesurer d'une façon très précise des températures élevées ; il est non moins difficile de maintenir les températures de deux bains identiques et constantes, jusqu au moment où Ton effectue le mélange. Et encore ne parlons-nous que pour mémoire des difficultés qui peuvent survenir avec le récipient calorimétrique.
La seconde méthode, laquelle est indirecte, consiste essentiellement à amener les métaux séparés d*une part, Talliage d autre part à un même état parfaitement défini et le même dans les deux cas. On mesure les chaleurs dégagées ; la différence qui existe entre la somme des quantités de chaleur dégagée par les métaux séparés et celle donnée par Talliage correspond à la chaleur de formation de Talliage.
La façon la plus simple d'opérer est évidemment de chercher à amener les métaux sous forme de sels. Mais on se trouve en présence de difficultés expérimentales qui, sans être insurmontables, nuisent considérablement à la certitude du résultat, comme le fait remarquer M. Herschkowitch.
C'est ainsi qu'Andrews a bien réussi à mesurer les dégagements de chaleur des bromures par voie directe, en plaçant le métal pulvérisé dans une éprouvette dont le fond était garni de petites boules de verre renfermant du brome. Au moment voulu, on brise les boules mettant ainsi en train les réactions. Mais il n'y a qu'une partie du métal qui se convertit en bromure; en effet, il se forme souvent une couche de bromure qui protège le reste de Talliage. De plus,le brome peut se porter plus volontiers sur certaines parties de Talliage. il est vrai que Ton peut éviter la couche protectrice de bromure par remploi d'eau de brome (et non de brome) mais alors la réaction est extrêmement lente.
M. Herschkowitch a employé dans un important travail la