‹ Étude Zootechnique de Quelques Échantillons de Laine Provenant d'Afrique Occidentale FrançaiseChapitre 2 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« Ge n'est pas le cheval, appelé à disparaître, dit-on, qu’il faut renfermer dans un musée, c’est le mouton. »

* Cette boutade de notre vénéré Maître, le Professeur Dechambre, renferme une large part de vérité.

En effet, notre troupeau ovin, depuis une vingtaine d'années, subit une diminution progressive et sûre qui s’explique très bien par une loi éconoraique immuable qui s'applique aujourd’hui à la France, qui sera vraie demain pour une région considérée actuellement comme « neuve », et qui le deviendra après-demain pour une autre encore non exploitée.

Cette loi veut qu'au début, dans un pays que l’on commence à mettre en valeur, on pratique d’abord l'élevage du mouton à laine qui, bientôt, est remplacé par un mouton amélioré capable de donner à la fois une laine estimée et une viande de bonne qualité.

Parallèlement, l'amélioration du sol fait qu'on récolte bientôt suffisamment, en quantité et en qualité, pour pouvoir s’adonner à l'élevage du bœuf de boucherie ; à ce stade, on voit déjà le nombre des moutons diminuer. Enfin, les améliorations cultu-

Sn EE où

rales continuant, on arrive au stade ultime : de nombreux moutons disparaissent encore pour être remplacés par la vache laitière, animal plus délicat, et qui utilisera au maximum les ressources alimentaires du pays.

En France, nous en sommes presque partout arrivés à celte période. De gros pays producteurs de moutons, comme l'Australie, arrivent à la seconde étape, et, depuis quelques années, grâce à l'introduction de la luzerne et de sa culture en grand, qui y a parfaitement réussi, l'Argentine vient de franchir le troisième degré.

La France produit maintenant seulement une faible partie de sa consommation lainière. Nous sommes presqu'entièrement tributaires de l'étranger, et si nous ne voulons pas le devenir complètement, il faut s'occuper activement de la question lainière qui ne laisse pas d’être très inquiétante.

Et les Colonies ? En 1922, elles nous ont fourni les quantités suivantes

Tonnes

ATDÉTIÉ AE NN TE EE 4 à 5.000 MATOS REC RE 2.700 AOF SM ADI SERRE ESS 800 Haut Sénégal-Niger ..... 5oo

En 1926, la France et ses colonies ont produit 63.800 tonnes, soit la faible proportion de 21,26 % de sa consommation industrielle, estimée en chiffres ronds à 300.000 tonnes !

pe 0

C'est nettement insuffisant.

La laine récoltée en À. O. F. est de qualité médiocre et son étude est un peu restée dans l’ombre : c'est pourquoi nous nous sommes borné — la question étant beaucoup mieux connue et plus avancée ailleurs et dans l'Afrique du Nord en particulier — à l'examen approfondi de cette laine coloniale que nous possédons actuellement : voir ce qu’elle est, ce qu'elle peut devenir par une alimentation et un éle- . vage rationnels des animaux producteurs, des importations et des croisements pratiqués à bon escient. C’est une œuvre de longue haleine, car il faudra améliorer le sol, constituer des réserves fourragères et lutter contre les maladies microbiennes et surtout parasitaires qui sont d’ailleurs maintenant bien connues grâce au travail patient de nos confrères directeurs des bergeries africaines.

Cetains esprits chagrins diront qu'il faudra engager de gros capitaux pour un résultat aléatoire. Nous leur répondrons que nous sommes persuadé qu'on mènera la tâche à bien ; et puis il ne faut pas oublier que si nous avons besoin de beaucoup de laines fines, nous utilisons également, pour des industries spéciales, des laines grossières et demi-grossières, et si nous arrivons à nous suffire à nous-méêmes dans cette catégorie, ce serait déjà — et nous l’espérons, ce ne sera là qu’une période transitoire — un apport loin d’être négligeable.

Page 1