‹ Études administratives (volume 2)Chapitre 3 sur 43 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

nominations par d'autres et les mettront peut-être plus exactement en rapport avec la réalité des faits; mais ils ne porteront pas sur les principes mêmes de la Constitution, et ne rétabliront aucune des garanties dont j'ai eu occasion de signaler la disparition.

Les Études administratives ne se renferment point dans le pur droit, comme la plupart des ouvrages déjà composés sur les mêmes matières. Elles ont pour objet les principes mêmes, la marche générale et, si le mot n'est pas trop ambitieux, la science de l'administration.

La science et le droit, dans leurs rapports avec l'administration, ont des caractères distincts et ne doivent pas être confondus/ La première a pour point de départ la société tout entière ; elle - recherche, discute et proclame les règles qui peuvent en assurer le bien-être et la prospérité. Le second s'attache d'abord aux droits privés; il les constate et les défend; il apprend aux citoyens à les invoquer et aux gouvernements à les respecter.

Un vaste théâtre est ouvert à la science administrative; elle éclaire les discussions des assemblées politiques et les délibérations des conseils du gouvernement; elle est le sujet des méditations des hommes publics. Le droit administratif dirige les actes des administrateurs, résout les différends que

PRÉFACE. YII

les affaires soulèvent, et guide les juridictions qui connaissent de ces différends. Les jurisconsultes lui consacrent leurs veilles laborieuses.

La science ne reste pas étrangère au droit, ni le droit à la science, mais chacun des deux occupe une région à part. Le droit prend sa source dans les lois positives; il proclame les principes qui en déterminent l'application; il a son code, sa jurisprudence, ses formules. La science interroge les phénomènos sociaux plus que les lois écrites, elle est plus générale dans ses vues, plus libre dans ses décisions ; l'horizon qu'elle embrasse du regard est plus étendu : elle signale les vices de l'administration et conseille les réformes que l'intérêt public réclame et que la prudence autorise; elle s'appuie sur toutes les autres sciences qui ont pour objet les destinées de l'homme; elle demande à la philosophie ses principes, à la morale ses règles de conduite, à l'histoire ses origines et à l'économie politique la solution de ses plus grands problèmes, la théorie des impôts, la loi de la population, celle de la richesse et toutes les conditions du progrès matériel.

Jusqu'ici le droit administratif a tenu la première place. C'est à l'enseigner qu'ont été destinées les chaires ouvertes dans les facultés; c'est pour en exposer les principes et les applications qu'ont été composés des ouvrages justement renommés. Grâce

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