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CHAPITRE VI

De quelques moyens de favoriser l'augmentation

de la population

Le problème de l'augmentation de la population est d'une solution plus facile chez les races dont l'état social est primitif que chez les peuples civilisés et individualistes. Les premières sont plus enclines à l'obéissance, moins raisonneuses, moins égoïstes ; de plus, elles tiennent les enfants pour des biens précieux.

Les nations qui colonisent l'Afrique devront, pour le résoudre, éliminer progressivement les causes de dépopulation. Pour atteindre ce but, dles attacheront peu d'importance aux encouragements à la prolificité usités en Europe. Elles devront tenir compte de la psychologie individuelle du noir et de celle de la race; bref, n'agir que par l'intermédiaire des chefs naturels et selon le génie des noirs. Les idées et méthodes d'Europe sont peu prisées du Bantu : il ne les comprend pas, car elles sont hors de son équerre et il les croit inspirées par un dessein d'exploitation.

En ce qm concerne la lutte contre les maladies, notons rinsuiBsance de l'assistance médicale dans toutes les dominations ; le Congo belge, où Ton voit le plus grand nombre de médecins, pèche par la même carence. Notons, cependant, que le vrai médecin des noirs est le médecin indigène. Les gouvernements coloniaux, au lieu de le mépriser, devraient l'employer et en faire un honmie utile: il possède souvent de grandes connaissances (1).

Au regard de la mortalité infantile et des crimes de sorcellerie, les peuples colonisateurs invoqueront l'idée générale bantu que le chef, propriétaire de ses honmies, a intérêt à leur conservation. Ils les aideront, pour cela, à instituer des maternités où les femmes, sur le point d'être mères, recevront les soins de leur état. Ils les inviteront aussi à faire respecter dans les villages les prescriptions de l'hygiène infantile. Ils négligeront, comme des enfantillages sans efficacité, l'installation de gouttes de lait et d'autres œuvres de protection de l'enfance noire, auxquelles se vouent de bonnes âmes d'Europe*

Le développement de l'industrie européenne nuit à la natalité, en ce qu'il arrache à leur foyer et à leurs femmes un grand nombre d'hommes des régions de recrutement. Ces hommes n'engendrent pas pendant leur terme de service, contractent souvent des maladies vénériennes et des habitudes d'homosexuaUté ; de plus, des travailleurs meurent sur les chantiers. Cette cause de dépopulation deviendra d'autant plus agissante que les chantiers se multiplieront. Les États européens devront s'attacher à cet aspect assez peu connu de l'expansion de l'industrie dans les dominations.

(1) Le goovememeiit anglaifl vient d'envoyer en Uganda une mission de médediui chargés d^étudier les remèdes indigènes.

La lutte contre la polygamie à harem (1) et à lupangu, celle contre l'avortement, sera inspirée par la même idée générale bantu : l'intérêt de la communauté est desservi par les actes réduisant la natalité. H ne sera pas fait appel à l'idéç européenne de Texcellence de la monogamie et du droit de l'enfant à l'existence.

Il se voit que certains des facteurs de dépopulation pourront être supprimés par l'action directe des gouvernements ; il en est ainsi de la mortalité des ouvriers noirs et du dommage à la natalité qu'entraînent les conditions actuelles du travail industriel. D'autres» ceux qui relèvent des mœurs indigènes, ne disparaîtront que par le recours à des idées générales et à des méthodes bantu. H n'y aura, pour être les artisans de leur destruction, que des chefs puissants.

(1) La disparition de la polygamie à harem et à c lupangu » sera poursuivie avec lecteur et exigée tout d'abord, par l'intermédiaire des chefs, chez les notables. Demander aux chefs le licenciement immédiat de toutes les femmes de leur harem serait les abaisser, car la possession d'un harem est un signe de richesse et de puissance.

SECTION III De r«uiorité politique.

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