CHAPITRE VI
De l'influence du travail industbi]sl sur
LA moralité et la' natalité BANTU
La société politique bantu n'est donc pas nécessairement ruinée par le travail d'un petit nombre de noirs chez le blanc. Mais les conditions dans lesquelles s'effectue le travail sont actuellement dissolvantes des hygiènes sexuelles et morales des populations bantu.
Les femmes des travailleurs restées au village glissent facilement à la prostitution et perdent ainsi leur puissance de procréation. Les Bantu qui travaillent sur les chantiers, étant privés de leurs femmes, se contaminent^ souvent au contact des rares femmes qui s'y trouvent ; ou bien ils contractent des habitudes d'homosexualité ; ils rentrent donc au village pervertis ou malades, ils n'engendrent plus ou presque plus.
Même si le noir est accompagné de sa femme, le salaire qu'il touche ne lui permet pas toujours de la vêtir et la ration qu'elle reçoit est loin d'être toujours suffisante.
Si la civilisation est autre chose qu'un ensemble d'appétits, elle ne peut tolérer un pareil état de choses. Elle devra imposer : 1^ la présence de la femme du travailleur sur le chantier et des salaires suffisants pour l'entre-
— Soutenir ; 20 des salaires raisonnables. Si la recrae n'a pas de femme» des mesures seront prises pour qu'il épouse avant de partir celle à laquelle il est vraisemblablement fiancé, ou le fasse aussitôt que possible.
Enfin, la mortalité parmi les recrues étant encore grande, le travail industriel peut être une cause d'extinction de la population indigène dans la zone de recrutement, si celui-ci est intense et si la densité de la population est petite.