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CHAPITRE IV

Missions et gouvernements

Les rapports entre les missions et les gouvernements doivent être dominés par les intérêts de la politique à observer vis-à-vis des Bantu.

Cette politique n'est pas définie. Les missionnaires seront parmi les plus écoutés de ceux qui auront à le déterminer. Si les gouvernements maintiennent leurs sympathies à la politique d'endosmose d'idées européennes, ils trouveront dans les missions chrétiennes d'utiles collaborateurs; elles peuvent aisément développer l'individualisme parmi les catéchistes et, dans

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cinquante ans, cet individualisme peut avoir gagné une fraction importante de la race noire, qui, à son tour, ralliera d'autres fractions. Si les gouvernements, au cmitraire, se rallient à l'idée que le salut de la race noire et de la domination européenne est dans le développement des noirs selon leur propre génie, ils trouveront encore dans les missions une aide précieuse : ils auront pour eux tous les missionnaires intelligents. La tentative de rallier les Bantu à une meilleure notion des forces supérieures n'est pas inconciliable avec le respect des autorités et des rythmes traditionnels.

Il n'est pas admissible que le gouvernement colonial ait une politique et que les missions aient la leur, s<Mt qu'elles la jugent meilleure, soit qu'elle favorise leurs desseins évangélisateurs. Le gouvernement représente des intérêts, sinon plus élevés, du moins plus importants que les missions. Aucun missionnaire éclairé ne contestera ces points.

L'Acte général de la Conférence de Berlin recommande de favoriser les missions religieuses. Cette clause doit être louée, mais elle est trop générale. On voudrait dans le missionnaire, non seulement une âme pénétrée d'un idéal, mais un esprit muni de science, au fait de la psychologie individuelle, de celle des foules, de celle des races. Cet homme, pourvu de dévouement et de connaissances coloniales, est le plus précieux des conseillers et des guides. Si le missionnaire n'a pour lui que sa foi aveugle (1), si le prétendu missionnaire était hier boucher ou cordonnier (2), il peut être un fomenteur de désordres,

(1) Comme quelques misaiomiaireB catholiques.

(2) C*est le cas pour plusieurs missionnaires protestants du Oongo belge et d'ailleurs.

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par conséquent de mépris, et il n'a droit à nulle protection.

U est nécessaire que le statut de missionnaire soit accordé aux seules personnes qui, au cours d'épreuves sérieusement organisées» justifieront de connaissances générales et d'informations sur les Bantu et, de plus, adhéreront à la politique indigène du gouvernement.

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