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Études anatomiques sur les annélides turbellariés, opalines et grégarines observés dans les Hébrides

Pendant un séjour à Holy Island, près de Pile d’Arran dans le Frith de la Clyde, et dans quelques-unes des Hébrides, surtout dans l’île de Sky, séjour qui dura du mois d'août au mois d'octobre 1859, j'ai consacré quelque attention aux vers de la côte occidentale d’Ecosse. Dans ce court espace de temps j'ai pu me convaincre que peu de mers européennes présentent une abondance d’annélides, surtout d’annélides Chétopodes aussi considérable que les plages rocheuses des Hébrides, avec leurs petits bassins encaissés et remplis de sable fin.

Parti sans aucun but précis d’études, je n'avais avec moi aucune source bibliographique propre à faciliter mes recherches. Je me trouvai au milieu de myriades de Néréides, de Phyllodocés, d’Ophélias, de Glycères, de Syllis, de Cirratules, de Polynoés, etc. etc., dont j'avais bien à faire à déterminer seulement les genres. La profondeur livrait en

abondance des Térébelles et des Turbellariés (Polycelis, Euryleptes, etc.) La multiplicité même des formes n'empêchait de fixer mon attention sur un point spécial, et je cédais volontiers à la tentation de glaner à droite et à gauche. Je me trouvai donc à la fin de mon séjour dans les Hébrides, riche d’une foule d'observations commencées, dont bien peu avaient été menées à bonne fin. Parmi ces dernières la plupart n'étaient que la découverte nouvelle, pour moi seulement, de faits consignés depuis longtemps dans les registres de la science. Cependant çà et là je trouve dans mes notes quelques observations intéressantes, les unes nouvelles, les autres propres à confirmer différents résultats acquis par d’autres observateurs, mais encore mal assis dans la science. Ces observations-là m'ont semblé dignes d’être livrées à la publicité. Je ne les présente point comme un tout, un ensemble cohérent, mais au contraire comme des glanures isolées.

Une des parties les plus intéressantes de mes recherches a été faite de concert avec mon ami le professeur Carpenter de Londres. Elle concerne un des types de vers les plus curieux que l’on connaisse, le Tomopteris onisciformis. Ces recherches ayant fait l’objet d’un mémoire spécial, que J'ai présenté de concert avec M. Carpenter à la Linnean Society, Je n’en ferai pas mention dans ce mémoire.

SUR LES ANNÉLIDES, TUBELLARIÉS, etc. 73

ANNÉLIDES ABRANCHES

Famizce DEs OLIGOCHÈTES

Pendant mon séjour dans les Hébrides, surtout à Kilmore, sur le rivage du Sound of Sleat dans l’île de Sky, je rencontrai plusieurs espèces d'Oligochètes habitant toutes les eaux de la mer. Pour parler plus exactement et mieux délimiter la région où se rencontrent ces vers, je dirai que tous habitent soit sous les pierres, soit à une plus grande profondeur dans la vase, avec des Arénicoles et des Nephthys, dans la partie du littoral qui est mise à sec pendant le reflux et recouverte par les vagues durant le flux.

Je me suis occupé des Oligochètes en question, avant tout au point de vue de la structure des organes générateurs. Je connaissais à cette époque l'existence des mémoires de M. d’Udekem et de M. Hering, relatifs à ce sujet, mais malheureusement je n’en connaissais pas encore les résultats. Je dis malheureusement, car la connaissance de ces travaux m’eût épargné bien des tätonnements, m’eüt dispensé de répéter par trente ou quarante fois des observations déjà acquises à la science, mais qui, nouvelles pour moi, me semblaientne mériter confiance qu’après un examen très-approfondi. On sait en effet que l'étude de lanatomie des Lombrics, est un point fort délicat de la science. D'autre part, l'indépendance même de ‘mes recherches acquiert de limportance, par le fait que ces recherches viennent confirmer sur bien des points les études précédentes de MM. d'Udekem, Hering et Carter. En effet, ces dernières, inconnues comme elles l’étaient pour moi, n’ont nullement pu influencer ma manière de voir.

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