SUR UNE NOUVELLE LARVE D'ANNÉLIDE CHÉTOPODE
PI. V. fig. 3 et 4.
J'ai rencontré dans les Hébrides un assez grand nombre de larves d’Annélides appartenant aux différents types étudiés déjà par MM. Lovén, Sars, Joh. Müller, de Quatrefages, Max Müller, Leuckart, etc. Je me propose de les étudier dans un autre travail.
Aujourd'hui je me contenterai d'attirer lattention sur une nouvelle forme de larve d’Annélide, qui ne provient pas, il est vrai, des Hébrides, mais de Glesnäsholm, sur la côte occidentale de Norwége, où Je Pétudiai en 1855.
J'ai appelé cette larve une forme nouvelle, et cependant, au premier coup d'œil, on serait tenté de la rapporter au type découvert par Joh. Müller et décrit par lui sous le nom de Mesotrochat. Ce type a été depuis lors étudié plus en détail par M. Busch* et surtout par M. Max Müller* : il n’est que la forme larvaire des Chétoptères, comme les
1 Bericht über einige neue Thierformen der Nordsee von J. Müller. Müller's Arehiv f. Anal. u. Physiol. p. 104.
2 Ueber Mesotrocha sexoculata von W. Buseh. Müller’s Arehiv F. Anat. und Physiol. 1847, p. 487.
3 Ueber die weitere Entwickelung von Mesotrocha sexoculata von D Max. Müller. Müller's Archiv f. Anat. und Phys. 1855, p. 1.
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recherches de ce dernier savant l'ont démontré. Toutefois, un examen plus approfondi montre que cette larve se différencie profondément des Mesotrocha et appartient sans doute à un genre d’Annélides chétopodes différent du genre Chætopterus.
La larve de Glesnäsholm est déjà divisée en cinq segments bien dislinets, couverts de cils vibratiles sur toute la surface ventrale, depuis la bouche jusqu'à l'extrémité postérieure (fig. #), et glabre sur le dos.' A l'aide de ce revêtement ciliaire, l'animal nage dans la haute mer. En outre, le premier segment, qui est environ trois fois aussi long que le suivant, porte à droite et à gauche, du côté ventral, un are de cils plus vigoureux. Cet arc est situé un peu en avant de la bouche. Un double are vibratile analogue est porté par le deuxième segment (fig. 5 et 4). Des cils plus longs sont aussi disposés autour de la bouche.
Chacun des quatre derniers segments porte une paire de soies. Le segment antérieur en porte cinq paires, plus une soie mince, unique, dirigée en avant suivant l'axe. Ces soies ne sont point chitineuses, mais formées d’une substance organique peu résistante, comme les soies des Turbellariés. La surface dorsale porte, en outre, quelques papilles et quatre yeux noirs.
La bouche est une ouverture circulaire, elle conduit dans un pharynx très-musculeux qui la dépasse en avant et qui s'étend jusqu’à l’extrémité postérieure du premier segment. Un semblable pharynx fait entièrement défaut aux Mesotrocha. A la suite du pharynx vient un intestin rectiligne qui finit en cœcum dans le pénultième segment. La longueur totale de l’animal est de Om", 20 seulement.
1 La Mesotrocha sexoculata est ciliée sur toute la surface.
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TURBELLARIES.
Les Turbellariés que j'ai rencontrés sur les côtes des Hébrides sont en fort grand nombre. Une partie considérable des Rhabdocèles que M. Max. Schultze et M. Oscar Schmidt ont étudiés sur les côtes de la Baltique et aux Færœær habitent également les Hébrides. Je les passerai pour le moment sous silence, me contentant de mentionner seulement ceux qui ont fait le sujet d'observations vraiment nouvelles, et je leur adjoindrai quelques espèces non encore décrites. Parmi les Dendrocèles, j'ai étudié soit des espèces à cloaque génital commun, comme la Planaria Ulvæ Oerst et la Planaria limacina Fabr, soit des espèces à deux ouvertures génitales distinctes (Eurylepta, Centrostomum, ete.). Je réserve pour-une époque ultérieure mes observations relatives aux premières. Je le fais d'autant plus volontiers, que ces observations demandent à être complétées sur divers points et que M. Oscar Schmidt s’est proposé ces planaires, ou du moims leurs congénères d’eau douce, comme but de recherches approfondies. En revanche, je dirai quelques mots des Dendrocèles du second groupe, parce qu'ils ont été à peine étudiés depuis M. de Quatrefages. Les faibles contributions à la connaissance , de ces animaux, qu'on trouvera dans les pages suivantes, viendront du moins à l'appui de l'établissement d’un groupe de Planariées marines, parfaitement tranché, caractérisé par la présence de deux orifices générateurs distincts. Enfin, je dirai quelques mots d’observaüons relatives à des Rhynchocèles, c’est-à-dire à des Némertiens.
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1° TURBELLARIÉS RHABDOCÈLES.