‹ Études anatomiques sur les annélides turbellariés, opalines et grégarines observés dans les HébridesChapitre 11 sur 31 · GENRE CONVOLUTA · texte numérisé non relu

GENRE CONVOLUTA

ESPÈCE : Convoluta paradoza Oerst ‘ (Convoluta Diesingii Schmidt ?). (V. PI. V, fig. 1-10).

M. Schmidt a distingué sa C. Diesingii, observée à Lésima, de la €. paradoxa, qu'il à rencontrée lui-même à Helgoland, Bergen, Rügen, aux Färô et dans le Sund, par la courbure plus arrondie de l'extrémité antérieure; l'extension de la duplicature marginale jusqu'à l'extrémité postérieure; la plus grande largeur de lespace ventral compris entre les deux duplicatures. L'examen d’un très-orand nombre d'individus recueillis sur la plage de l’île de Sky, entre Kilmore et le château de lord Macdonald, à Armadable, m'a convaincu qu'aucun de ces caractères n’a d'importance spécifique. La Convoluta paradoxa et la C. Diesingü ne forment très-certainement qu'une seule et même espèce. Chaque individu peut à volonté adopter l’une ou l'autre des deux formes, ainsi que toute forme intermédiaire. Les jeunes individus, qui ne renferment encore aucune trace d'organes sexuels, prennent le plus souvent la forme à laquelle M. Schmidt donne le nom de C. Dresingii. Souvent aussi ils étalent leur partie antérieure à un degré bien plus considérable (fig. 1). Chez les jeunes individus, lotolithe se distingue par sa grandeur relaüve. Les individus adultes prennent de préférence, pendant la natation, la forme que M. Schmidt nomme C. paradoxa; mais lorsqu'ils rampent à la manière des planaires sur le fond d’un vase, ils étalent leur partie antérieure tout en la recourbant en voûte, et l'animal prend alors une

1 Oersted. Entwurf einer systematischen Eintheilung der Plattwürmer. 1844, p. 75. ? Schmidt. Neue Rhabdocoelen aus dem nordischen und dem adriatischen Meere. Sitzungsberichte der Wiener Akademie. IX. 4852, p. 493.

forme dont je ne saurais mieux donner l’idée qu’en la comparant à celle d'une corne à mettre les souliers (V. fig. 2). M. Oersted a donné, de l'extrémité antérieure de sa C. Paradoxa, une figure qui diffère assez par sa forme de celle que représente M. Schmidt. Les deux figures sont toutefois exactes, l'animal pouvant se contracter ou enrouler ses bords des deux manières.

La seule différence de quelque importance qui subsiste à nos yeux entre les deux espèces distinguées par M. Schmidt, c'est la différence de taille. Les plus grands individus observés par moi ne dépassaient pas une longueur de deux millimètres. C’est à peu près la taille que M. Schmidt attribue à sa €. Diesingu, tandis que la C. paradoxa est, d'après ses données, au moins quatre fois plus grande. Je ferai remarquer, à ce propos, que la véritable C. paradoxa, c'est-à-dire celle qu’a observée M. Oersted, concorde pour la grandeur avec les individus observés par moi dans les Hébrides. En effet, M. Oersted lui attribue une longueur d’une ligne seulement. Ainsi, cette dernière différence éliminée, la €. Diesingii Schmidt se trouve être parfaitement identique à la C. paradoxa Oersted. Reste à savoir si la C. paradoxa Schmidt est différente de la €. paradoxa Oersted. À mon avis, il n’en est rien. La seule différence de taille, alors que tous les autres caractères coïncident entièrement, ne saurait impliquer de distinction spécifique. Les premières Convoluta que je rencontrai n'avaient pas plus de ‘/, de nullimètre et ne renfermaient pas trace d'organes reproducteurs. Lorsque plus tard j'en trouvai d’autres ne différant des premières que par la présence d'organes générateurs et par leur taille plus grande (1 ‘ à 2 millimètres), je n’eus pas de peine à les identifier toutes, considérant les premières comme le jeune âge des secondes. Je dois dire, en outre, que J'ai rencontré parfois des individus de grande taille, c'est-à-dire mesurant jusqu'à 2 millimètres, mais ne renfermant encore aucune trace d'organes générateurs. Peut-être ces individus-là devaient-ils, avant d'arriver à la maturité sexuelle, atteindre une taille aussi considérable que la C. paradoxa Schmidt.

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La peau et le parenchyme de la C. paradoxa sont, par eux-mêmes, parfaitement incolores. Cependant l'animal présente une couleur brune, parfois très-foncée, résultant de la dissémination dans son parenchyme de petits globules d’une couleur voisine de celle de la diatomine. Ces globules (fig. 6), larges de 0®%,008, sont du reste eux-mêmes incolores au centre et colorés seulement à la périphérie par des amas de substance brune. M. Oersted les considérait à tort comme des œufs.

Parmi les Convulata adultes, j'en ai fréquemment rencontré dont la surface dorsale était ornée de bandes blanches transversales, au nombre de deux à quatre. Ces bandes blanches donnent à ces Turbellariés un aspect très-élégant (fig. 2). Je ne sais si ces individus sont identiques à ceux que M. Max Schultze a observés sur les côtes de Pile de Rügen et qu'il a érigés en espèce particulière sous le nom de Convoluta albicincta ‘. Pour ce qui me concerne, j'hésite beaucoup à considérer ces individus comme formant une espèce à part. Mon hésitation se base sur la variabilité du nombre des bandes blanches, sur la circonstance que ces bandes sont souvent incomplètes, sur le fait enfin que ces bandes, fréquentes chez les individus adultes, ne se montrent sur aucun individu jeune. Je suis donc disposé à croire que ces ornements sont spéciaux aux individus complétement adultes, qu'ils sont peut-être même un caractère sénile. Lorsque dans un vase contenant un grand nombre de Convoluta, je voulais choisir des individus à appareil générateur complétement développé, je n'avais qu'à saisir ceux à bandes blanches, et jamais je ne me suis trompé en agissant ainsi.

Le pigment blanc de craie des bandes transversales est formé par de petits granules (fig. 20) anguleux, très- irréguliers , noirs lorsqu'on les observe par transparence, par conséquent parfaitement opaques.

La peau de la C. paradoxa est hérissée de soies roides placées de distance en distance au milieu des cils vibratiles (fig. 3). Ces soies ont une longueur de 0,008. Entre les cils on voit également saillir à la

1 Ueber die Microstomeen. Wiegmann’s Archiv für Naturgeschichte. 1848. p. 284.

surface de la peau de pêtits bâtonnets analogues à ceux que M. Schultze a décrits chez tant de Turbellariés rhabdocèles et dendrocèles. Ces bâtonnets sont surtout très-abondants dans la partie postérieure de Panimal. Enfin le parenchyme est semé d'organes particuliers, très-analogues aux organes urticants des cœlentérés et à ceux de certains annélides (Spio d'après M. Strethill Wright). Je croyais la découverte de ces organes entièrement nouvelle chez les Turbellariés Rhabdocèles ”. Je m'aperçois cependant que M. Max Schultze a signalé des organes urticants chez une autre espèce du genre Convoluta (C. Schultzi Schmidt) observée par lui sur les côtes de Dalmatie. Le mémoire * dans lequel ces observations sont consignées ne renferme toutefois pas de description détaillée de ces organes. Chez la C. paradoæa ce sont de petites capsules fusiformes ou naviculaires longues d'environ 0,054 (Voy. fig. 5 et fig. 7) et renfermant chacune de petites aiguilles très-ténues dont le nombre varie de 1 à 5 ou 6. Lorsque les capsules se déchargent, elles éclatent à lune de leurs extrémités, leurs parois se rapprochent lune de Pautre, et les aiguilles sont projetées au loin.

Les particularités les plus remarquables de la C. paradoxæa sont relatives à l'appareil générateur. Les Convoluta sont, il est vrai, hermaphrodites, comme tous les rhabdocèles, mais , d’après l'ensemble de mes observations, leur hermaphrodisme paraît être successif et non simultané. Elles formeraient donc à ce point de vue, comme un acheminement vers les Microstomées (parmi lesquelles M. OErsted les rangeait) et les Rhynchocèles.

On trouve chez les Convoluta une vulve (fig. 5, 6 et fig. 9) plus ou moins développée, située en arrière de la bouche et une autre ouverture génératrice placée plus en arrière. I na semblé que la vulve s'ouvrait immédiatement à l'extérieur, et que la seconde ouverture (fig. 4 d et à ce) doit être par suite considérée comme un pénis plutôt que comme un

l Johannes Müller en a signalé chez un rhynechocèle du genre Meckelia. * Verbandlungen der Würtzhurger phys. med. Gesellschaft. IV, 1853.

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pore génital commun. Nous aurions donc parmi les rhabdocèles un genre à pores génitaux discrets. Nous en aurions même deux, car il est pour moi, de même que pour M. Max Schultze, fort vraisemblable que les Macrostomes (au moins le Macrostomum hystrix) sont dans le même cas.

Malgré la présence de ces deux ouvertures génitales chez toutes les Convolutes arrivées à maturité sexuelle, on ne voit jamais se former chez un même individu qu'une sorte d'éléments reproducteurs, savoir des zoospermes ou des œufs. J'appellerai ceux qui sont dans le premier cas individus mâles, les autres individus femelles.

Chez les femelles, on trouve disséminés dans le parenchyme des diverses parties du corps des ovules transparents (d) formés par une vésicule germinative enfermée dans un vitellus incolore. Le vitellus est large de 0,017, la tache germinative de 0,052 et celle-ci renferme à son tour un petit nucléole. Ces ovules dans la suite de leur formation s’entourent d’un dépôt granuleux qui en augmente rapidement le volume. Cette substance doit être morphologiquement comparée au prétendu vitellus que sécrètent les glandes vitellogènes des autres rhabdocèles. Seulement, chez les Convoluta, on voit ce dépôt secondaire ou vitellus secondaire se former autour de chaque ovule, sans qu’il soit possible de reconnaître l'existence de glandes vitellogènes spéciales. C’est ainsi que se forment des œufs ovales, longs de 0m®,20 et opaques, dans lesquels l'ovule primitif apparaît comme une tache claire qu'on prendrait volontiers pour une vésicule germinative, bien qu’elle soit dans le fait lovule tout entier. On trouve parfois des individus renfermant jusqu’à une douzaine de ces œufs bien développés (fig. 5) et en outre d’autres en voie de formation.

Chez ces individus femelles on trouve la vulve toujours bien conformée, ainsi que je l'ai représenté dans la fig. 9. Elle est largement perforée et l’on aperçoit en arrière une poche séminale dans laquelle se trouvent souvent quelques spermatozoïdes.

L'appareil générateur des individus mâles est très-différent et 11 s'é-

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