‹ Études anatomiques sur les annélides turbellariés, opalines et grégarines observés dans les HébridesChapitre 18 sur 31 · Opalina ovata nov. sp. (fig. 15, pl. I · texte numérisé non relu

Opalina ovata nov. sp. (fig. 15, pl. I

Diagxose. Opaline ovale, striée longitudinalement, prolifère, munie d'une seule rangée de très-grosses vésieules contraetiies, dont le nombre varie de trois à cinq. Habite dans une

Phyllodoce.

Cette Opaline atteintune longueur de 0"",12. Elle se reproduit comme

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les espèces précédentes par un bourgeonnement postérieur, qu’on doit peut-être envisager comme une simple division transversale. Un grand nombre d'individus nagent dans l'intestin du ver, tout en se reproduisant comme celui que J'ai représenté. L'individu postérieur est alors muni de son nucléus aussi bien que Pindividu antérieur. N'ayant pas d'ouvrages zoologiques à ma disposition lors de mon séjour dans les Hébrides, je regrette de n'avoir pu déterminer l'espèce de Phyllodoce habitée par ce parasite. De toutes les espèces jusqu'ici décrites, celle qui paraît se rapprocher le plus de POpalina ovata est une Opaline observée par M. Frey dans de l’eau douce et exactement figurée par lui. ‘

4° Opalina convexa, nov. sp. (PI. IV, fig. 10).

Dia6nose. Opaline ovale, en forme de ménisque concavo-convexe, munie d'une seule rangée de très-grosses vésicules contractiles, dont le nombre varie de quatre à six. Habite l'intestin d’une Phyllodoce.

Cette Opaline, longue d'environ 0®®,1%4 habite une Phyllodoce différente de la précédente. Du reste ces deux Opalines se ressemblent à un degré extrême, puisque la seule différence que j'ai su reconnaître entre elles est la courbure en forme de ménisque concavo-convexe spéciale à Op. convexa.

J'ai toujours vu cette différence de forme parfaitement constante entre les parasites des deux espèces de Phyllodoce. En outre je n’ai jamais vu lOp. convexa se reproduire par division transversale ou bourgeonnement postérieur, tandis que ce mode de reproduction est extrêmement fréquent chez l’Op. ovata.

3° Opalina Pachydrili nov. sp. (V. PL I, fig. 7).

Dragnose. Opaline à peine une fois et demie aussi large que longue, large el tronquée en arrière, atténuée en avant, munie d’une double rangée de deux ou trois vésieules contraetiles fort petites. Habite l'intestin du Pachydrilus verrucosus.

Cette Opaline n’est longue que d'environ 0,07. Elle est fort large

1 V Frey. Das einfachste thierische Leben. Zürich. 1858, p. 57 et fig. 20.

et, pour ainsi dire, coupée carrément en arrière, tandis qu’elle finit en pointe en avant. Ses vésicules contractiles, au lieu d’être grandes comme celles des deux espèces précédentes ne forment que de petits points clairs comme chez VO. Filum ou l'O. prolifera. L'espèce qui paraît s’en rapprocher le plus est lOp. Naïdos Duj., à en juger surtout par les dessins de M. Oscar Schmidt.

GENRE PACHYDERMON.

Dragnose. Opalinides à substance corticale épaisse très-réfringente et bien distincte de la

substance centrale.

Je forme le genre Pachydermon pour des animaux très-différents par leur aspect des Opalines, mais qu’on ne peut cependant placer dans le système qu'auprès du genre Opaline ou du genre Dicyema. Je n’en connais Jusqu'ici qu’une seule espèce.

Pachydermon acuminatum nov. sp. (V. PL IV, fig. Let 1 a).

Dracnose. Pachydermon très-aplati, en forme de languette très-allongée, élargie dans sa partie antérieure et terminée en pointe en arrière. Habite les réceptacles de la semence du Clitellio arenarius.

Ce parasite est long de Or, 5 à 0,7. Il est si fréquent chez le Chtelho arenarius que, Sur six de ces vers, cinq au moins en hébergent quelques-uns. Un seul réceptacle de la semence peut en renfermer jusqu’à cinq ou six. Dans ce cas le réceptacle augmente de volume et se développe outre mesure.

Lorsqu'on isole les Pachydermon dans l’eau de mer, ils agitent leurs longs cils à la manière des Dicyema, mais ne changent que peu de place. Leur pouvoir de locomotion paraît assez limité. La couche corticale est très-fortement réfringente, transparente et homogène. Ce n’est

l Müller’s Archiv 1846, p. 419.

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qu'à l’aide de forts grossissements qu’on réussit à reconnaitre dans cette couche extérieure des stries comme celles que j'ai figurées (PI. IV, fig. 1). La substance médullaire est à peine aussi épaisse que la substance corticale, comme on le voit par le dessin au trait de la coupe du corps de l'animal (fig. 1 a). Néanmoins elle est beaucoup moins transparente qu’elle. C’est une substance finement granuleuse dans le sein de laquelle on aperçoit vaguement, suivant l'axe de l’animal, un corps irrégulièrement plissé rappelant par son apparence le nucléus que M. Guido Wagener a décrit chez les Dicyema.

M. d'Udekem a figuré comme provenant du réceptacle de la semence du Tubifex rivulorum des corps dont la forme rappelle tout à fait celle du Pachydermon acuminatum. Ce savant pensant à tort que le réceptacle de la semence a pour fonction de sécréter la coque des œufs, considère ces corps comme des concrétions formées par la substance de cette coque. Il est fort probable selon moi qu'il a eu sous les yeux des parasites très-analogues à ceux qui nous occupent maintenant.

B. GRÉGARINES.

J'ai rencontré des Grégarines chez plusieurs annélides des Hébrides. Ce ne sont pas les premières qu’on ait rencontrées chez des vers marins, puisque M. Külliker, par exemple, en a déjà décrit chez un Siponcle, une Térébelle, un Spio et un Némerte. Mais il n’est pas sans intérêt de voir se multiplier toujours davantage les formes de ces êtres dont la vie est, au fond, encore un problème, malgré les belles recherches de M. Nathanaël Lieberkühn.

Toutes les Grégarines que j'ai observées devraient rentrer dans le genre Monocystis Stein. Toutefois, ne pensant pas que les genres établis jusqu'ici parmi ces animaux aient de valeur définitive, je me contenterai de les désigner sous le nom commun de Grégarines. Je renonce également à donner à ces êtres des noms spécifiques, puisque

M. Lieberkühn nous a appris qu’une seule et même espèce peut présenter des formes très-différentes, être, par exemple, tantôt velue, tantôt nue, etc. Je me contenterai done pour le moment de désigner ces parasites par l'hôte qu'ils habitent.

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