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ON QUES

Au niveau et en dehors de la capsule de l'œuf se trouvent des lacunes vasculaires intermédiaires entre l’espace intervilleux et les vaisseaux maternels de la paroi tubaire. Elles se présentent sous forme de cavités allongées, revêtues par un endothélium ; leur paroi externe ne présentant souvent rien de particulier est en rapport immédiat avec la paroi musculo-conjonctive du sac; leur paroi interne, au contraire, est constituée par le stroma capsulaire infiltré des grosses cellules dont nous venons de parler.

Quelquefois, dans la cavité même de la lacune vasculaire, fait saillie, adhérente en un point de la périphérie privée d'endothélium, une houppe cellulaire plus ou moins disloquée, et constituée par des cellules analogues à celles de la capsule. Certaines de ces lacunes vasculaires revêtues d’endothélium, et même, plus profondément, certains vaisseaux veineux, renferment des villosités choriales adultes.

La paroi tubaire sous-jacente est constituée par une couche musculo-conjonctivo-vasculaire limitée extérieurement par le péritoine. Les éléments musculaires, à direction très variée, sans systématisation, sont manifestement hypertrophiés : leur protoplasma et leur noyau sont augmentés de volume. Ils sont dissociés par un tissu conjonctif très lâche, œdémateux. Au sein du tissu conjonctif, au contact même de la capsule externe de l'œuf, est une infiltration leucocytique diffuse très intense; les vaisseaux sanguins et lymphatiques sont nombreux et ectasiés; la limite entre cette paroi tubaire et la capsule de l'œuf n’est pas franche.

C. — Quelques détails de la greîffe de l’œuf dans un sac ampullaire d'environ deux mois et demi.

Sur une pièce de grossesse ampullaire d'environ 2 mois et demi (obs. IX) nous avons rencontré en certains points de la capsule de l'œuf, au niveau des lacunes vasculaires maternelles, certaines particularités. Les cellules qui entourent lalacune vasculaire, au lieu d'êtretoutes semblables entre elles et morphologiquement identifiables aux cellules des colonnes cellulaires prévilleuses, se présentent sousunaspectdifférent.

C'est ainsi (pl. XI, fig. 27) qu'autour de la cavité du sinus maternel Si, en dehors de l'endothélium, existe une couche de gros

éléments (40 4), pâles, irrégulièrement polygonaux, sans membrane d'enveloppe distincte, constitués par un protoplasma dense, grenu, se colorant en rose pâle par l’éosine. En leur centre est un gros noyau, en général ovalaire, pâle, volumineux (20 à 25 y). Une, deux, trois rangées de ces cellules entourent l'endothélium vasculaire. En certains points ces gros et irréguliers corps protoplasmiques semblent se fondre, se fusionner les uns avec les autres de facon à former une couche dense homogène, peu colorée, tachetée de noyaux clairsemés (pl. XL, fig. 29) qui, par places, semblent être séparés de la gangue protoplasmique et occuper librement une logette creusée dans cette gangue:

En dehors de ces cellules et au milieu d’ellessont infiltrés les éléments cellulaires des colonnes prévilleuses ; ces éléments cellulaires irrégulièrement distribués sont plus ou moins tassés les uns contre les autres et entremêlés de lames et plaques plasmodiales pleines ou vacuolaires.

Il y a entre ces deux ordres d’éléments, cellules claires des colonnes prévilleuses et cellules péri-endothéliales, des différences morphologiques très accusées.

D. — La greffe de l’œuf dans un sac tubaire ampullaire rentfermant un fœtus long de 15 centimètres.

La zone d'insertion pariétale de l’œuf correspondant aux secteurs mésosalpingien, antérieur et postérieur de la trompe (obs. XII), occupe, suivant les diverses circonférences sagittales du sac, de 85 à 125 millim., sur une circonférence qui oscille entre 139 et 195 millim, (après extraction du fœtus). L’épaisseur du sac, minima sur les faces antérieure et postérieure (0 millim. 17 à 0 millim. 2), est plus considérable dans le secteur enfoui dans le ligament large (elle y oscille entre 1 millim. et 3 millim. 5) ; c'est dans cette dernière région, qui répond d'ailleurs au centre de la masse placentaire, que la paroi du sac est le plus riche en vaisseaux: c'est la région du pédicule vasculaire de la trompe et du placenta (pl. XVIIL, fig. 42 et 43),

Le placenta est épais. Son épaisseur varie entre 10 et 20 millimètres. L'espace intervilleux est limité en dedans par une lame amnio: choriale, constituée par l’amnios et le chorïon entièrement unis, épaisse

COUVELAIRE 5

de 0 millim. 3. Le chorion est formé de cellules conjonctives allongées, à noyau fusiforme, pressées les unes contre les autres. Le revêtement externe du chorion est constitué par une mince lame cellulaire continue de 10 y d'épaisseur maxima, au milieu de laquelle sont Juxtaposés régulièrement, en une rangée unique, des noyaux ronds prenant bien la matière colorante. Cette lame est plus mince que le revêtement des villosités et n’en a pas les caractères. Les troncs villeux et les petites villosités forment la totalité des éléments de l’espace intervilleux. Les masses plasmodiales libres sont encore relativement nombreuses, mais très petites, avec leurs noyaux tassés irrégulièrement, chevauchant les uns sur les autres, formant tache noire dans le champ de la préparation ; exceptionnellement, on rencontre, de ci de là, des masses plasmodiales vacuolaires.

Le revêtement des villosités est double; mais seule, la couche plasmodiale est bien distincte; on a souvent peine à retrouver la couche cellulaire sous-jacente, dont les éléments ne semblent pas différents . des cellules du stroma conjonctif de la villosité. Ces villosités, riches en cellules conjonctives, sont parcourues par des capillaires et des vaisseaux fœætaux.

La capsule externe de l'œuf est constituée par une nappe irrégulière, tantôt étalée et mince, assez nettement séparée de la paroi tubaire sous-jacente (pl. XXI, fig. 48.) : — tantôt hérissée de saillies irrégulières plongeant dans l’espace intervilleux (B 8, fig. 48) ; — tantôt diffuse et mal individualisée au voisinage des lacunes sanguines et des vaisseaux du mésosalpinx (pl. XX, fig. 46 et 47; pl. XXI, fig. 49).

Les éléments cellulaires de cette capsule sont des cellules polygonales à protoplasmatranslucide, entourantun gros noyau très vivement coloré. Ces cellules plongent dans un stroma alvéolaire de fibrine dense, absolument analogue à celui que nous avons précédemment étudié. Souvent le stroma de fibrine est plus dense au niveau du plancher de l’espace intervilleux dessinant une véritable raie de fibrine discontinue (pl. XX, fig. 46 et 47).

En certains points le stroma dans lequel baignent ces cellules, au lieu d’être constitué par cette fibrine dense, est formé par un tissu fibrillaire très fin et très lâche, ne prenant qu’à peine la coloration.

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Sur cette capsule externe se greffent les villosités, le plus grand nombre directement par simple accolement de leur extrémité à la raie de fibrine; quelques-unes enfouies dans le stroma capsulaire; d’autres, par l'intermédiaire d’une courte et large colonne cellulaire, se continuant avec les cellules du stroma capsulaire; d'autres enfin, se greffent sur les éperons capsulaires qui proéminent dans l’espace intervilleux (pl. XXI, fig. 48). Par places seulement, la capsule externe de l'œuf est revêtue par des lames plasmodiales multinucléées.

Au niveau de cette capsule de l'œuf sont des lacunes vasculaires intermédiaires entre les vaisseaux maternels et l’espace intervilleux. Elles sont, dans toute la partie du sac enfouie dans le mésosalpinx, très nombreuses et très développées ; le plus souvent leur paroi extérieure ne présente pas de modifications essentielles. Seule la paroi qui les sépare de l’espace intervilleux, d'épaisseur variable, est constituée par un stroma assez dense, très finement fibrillaire, au sein duquel gisent soit des cellules polygonales claires à gros noyau vivement coloré, soit des grosses cellules à protoplasma dense, à contours irréguliers et indécis, à noyaux pâles analogues à celles que nous avons signalées au $ C (p. 64).

Un certain nombre de petites lacunes (pl. XX, fig. 46 et 47) sont situées en plein stroma capsulaire.

Toutes ces lacunes s’ouvrent largement dans l'espace intervilleux

(pl. XXL fig. 48).

La paroi du sac, au niveau des secteurs antérieur et postérieur, (pl. XXI, fig. 48) est mince, pauvre en vaisseaux et constituée par des fibrilles conjonctives plus ou moins tassées les unes contre les autres. |

Au niveau du secteur mésosalpingien, la paroi est musculoconjonclivo-vasculaire ; les faisceaux musculaires, hypertrophiés, sont épars, peu nombreux, dissociés par un tissu conjonctif œdémateux au sein duquel on rencontre un assez grand nombre de leuco= cytes répartis d’une façon diffuse. Les vaisseaux sont nombreux; c'est dans cette région que l’on rencontre les grandes veines ectasiées qui communiquent avec les sinus sanguins capsulaires (pl. XX, fig. 46 et 47; pl. XXI, fig. 49). È

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II — ÉTUDE SYNTHÉTIQUE ET INTERPRÉTATION DES PROCESSUS ANATOMIQUES DE LA GREFFE DE L'OEUF TUBAIRE

1° A la quatrième semaine et au delà, jusqu'à la fin du troisième (mois sur nos pièces) on ne rencontre, au niveau de la zone d'insertion pariétale de l'œuf dans la trompe, aucune figure histologique rappelant l’épithélium tubaire.

Cette constatation a été faite par la plupart des anatomistes qui ont étudié la grossesse tubaire. Il serait donc presque superflu aujourd'hui d'insister sur elle, si nous n'avions à mentionner de rares dissidences, restées d’ailleurs sans écho.

C'est, d’une part, Gunsser (1) qui, dans une grossesse isthmique jeune (retard de dix jours), a vu et figuré, à la surface d’une couche cellulaire tapissant la paroi tubaire et par lui considérée comme déciduale, une lame protoplasmique multinucléée en continuité directe avec le revêtement plasmodial d’une villosité crampon. Il s'appuie sur cette figure, dont l'interprétation semble si simple, pour supposer une prolifération de l'épithélium tubaire aboutissant à la formation de cellules géantes : les unes s’étaleraient à la surface des villosités dont elles tapisseraient le manteau épithélial, tandis que les autres resteraient libres et plus ou moins tôt disparaïtraient. Cette conception n’est qu'une hypothèse.

C'est, d'autre part, Hofmeier (2) qui, dans une trompe gravide de 2 à 3 mois,a vu et figuré, au voisinage immédiat d’une villosité crampon à la surface de la « sérotine », l’épithélium tubaire modifié mais maintenu dans ses contours. Est-ce bien l’épithélium tubaire ? La démonstration n’est pas faite, et l’image d'Hofmeier ne nous semble pas suffisante pour légitimer une restriction quelconque à la proposition que nous venons d’énoncer.

(1) Guxsser. Üeber einen Fall von Tubarschwangerschaft. Ein Beitrag zur Lehre von den Beziehungen zwischen den Chorionzotten und deren Epithel zu dem mütterlichen Gewebe. Centralblatt f. Allg. Path. und path. Anat.,15 mars 1891, n° 11:

(2) HorMrteR. Beitrâge zur Anatomie und Entwickelung der menschlichen Placenta. Zeitschrift f. Geb. und Gyn., 1896, Bd 35 S. 414. (fig. 7.)

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2° A la quatrième semaine et au delà on ne rencontre (sur nos pièces) au niveau de la zone d'insertion pariétale de l'œuf dans la trompe, aucune figure assimilable à la couche spongieuse de la caduque utérine.

A l'encontre de cette proposition, nous trouvons les descriptions de Rokitansky, de Webster, de Léopold.

Et d’abord, Rokitansky(1), dans son livre d'Anatomie pathologique, parle d'un stratum aréolaire que forment, en s'unissant, les fins et vasculaires replis de la muqueuse tubaire ; sur ce stratum se greffent les villosités choriales. Aucun document, aucun détail descriptif, n’accompagne le texte de Rokitansky.

Webster donne, dans sa monographie sur l'Ectopic Pregnancy, une description de la decidua serotina pendant les premiers mois (2); il décrit à cette « sérotine » tubaire une couche spongieuse et une couche compacte, disposition qui serait la conséquence de l’accolement des franges tubaires, premier phénomène de la formation de la decidua tubaire au niveau comme en dehors de l'œuf. Les cellules épithéliales des espaces pseudo-glandulaires desquameraient, tandis que les cellules du tissu conjonctif intercavitaire subiraient la transformation déciduale. La‘distinction en deux couches, compacte etspongieuse, irait en s’atténuant progressivement, par l'extension des modifications déciduales aux couches profondes et l’effacement graduel des espaces pseudo-glandulaires.

Cette description d'un état que nous n'avons trouvé réalisé sur aucune de nos pièces, même la plus jeune (4° semaine), et qui ne peut être superposée à aucune des descriptions (3) ou figures données parles auteurs, nous a quelque peu étonné ! Nous avons recherché dans le texte de Webster l'indication des pièces sur lesquelles il s'appuyait; nous avons recherché dans les belles planches qui illustrent ce texte, une image représentant en place un œuf jeune greffé sur une trompe dont la muqueuse présenterait cette disposition : et nous n'avons rien trouvé ! |

N'est-ce pas par induction que Webster a vu, au niveau de la

(1) ROKITANSKY. Léhrbuch der pathologischen Anatomie. Wien, 1861, Bd III, S. 534 et 542,

(2) WeBster. Æetopie Pregnancy. London and Edinburgh, 1895, p. 124.

(3) Sauf celle de Léopold que nous discuterons plus loin.

zone d'insertion pariétale de l'œuf jeune, l'aspect qu'il décrit comme caractéristique de la « decidua vera» en dehors de l'œuf, et que nous avons vu réalisé si rarement, si discrètement, dans le voisinage des œufs déjà avancés dans leur évolution ? Le désir de combler la lacune des premières semaines dans lhisioire de la greffe de l'œuf ne peut être légitimement satisfait que par l'étude analytique complète de pièces jeunes, étude qui est encore à faire.

Quant à Léopold (1), c'est sur une coupe fragmentaire portant sur le bord du placenta d'une grossesse tubaire du cinquième mois (fœtus de 18 centim. de long) qu'il a trouvé une « decidua basalis», ayant les caractères de la decidua utérine, c'est-à-dire creusée de larges espaces revêtus par un épithélium cylindrique en palissade et remplis d'une sécrétion muqueuse coagulée.Ces espaces ne sont, ditLéopold, que des culs-de-sac qui siégeaient entre les franges de la muqueuse, culs-de-sac qui sont restés inutilisés. Le point examiné par Léopold, et qui appartient au bord du placenta, répond-il réellement à l’insertion pariétale de l'œuf, ou simplement à une partie du pôle libre secondairement accolé aux franges coalescentes de la muqueuse qui lui faisait face ? Cette seconde interprétation nous semble plus rationnelle ; elle explique tout naturellement la disposition paradoxale décrite par Léopold. Nous reviendrons d’ailleurs sur cette disposition quand nous étudierons le pôle libre de notre œuf tubaire de la quatrième semaine.

3° L'espace intervilleux est séparé de la paroi musculoconjonctivo-vasculaire du sac tubaire par une couche irrégulière d'éléments cellulaires, de morphologie variée, plus ou moins enchâssés dans un stroma intercellulaire souvent condensé, à la limite même de l’espace intervilleux, en une « raie de fibrine ».

Cette couche qui tapisse la surface interne du sac et que nous avons appelée, pour ne préjuger en rien de sa nature, la capsule externe de l'œuf, a une épaisseur très variable suivant les points. Elle ne

(1} LÉOPOLD. Graviditas tubaria media. Aufang bis Mitte des fünften Monates, Ei unversehrt. Uterus und Kind, Leipzig, 1897, p. 33,

ue

s'étale pas en nappe régulière formant à l'espace intervilleux un plancher régulier ; elle est hérissée de saillies qui proéminent plus ou moins dans l’espace intervilleux (« decidua intervillosa »), et peuvent même arriver jusqu'au voisinage de la lame choriale.

Les éléments cellulaires de cette capsule externe sont, au début, dans la période de formation primaire du placenta, de morphologie très variée : Cellules polygonales claires, pourvues d’un gros noyau ovale clair, autour duquel se concentre un maigre protoplasma séparé de la fine membrane cellulaire par une couronne translucide ; — Grosses cellules à protoplasma finement grenu et dense, remplissant le corps cellulaire, pourvues d’un noyau pâle, unique, ou de noyaux multiples, formant dans ce dernier cas de véritables plaques plasmodiales pâles (cellules géantes); Celles-ci peuvent être pleines ou creusées de vacuoles vides ou occupées par des cellules polygonales claires et des vésicules réfringentes vides ; — Plaques plasmodiales foncées, de forme très irrégulière, pleines ou vacuolaires, à petits noyaux très foncés et irréguliers {syncitium).

Un peu plus tard on ne retrouve plus que quelques plaques plasmodiales à type syncitial. Les éléments cellulaires ne sont plus représentés que par de nombreuses cellules polygonales à protoplasma translucide, dont le noyau, toujours volumineux, prend fortement la coloration.

Entre les éléments cellulaires et les séparant, par unités ou par amas, est infiltrée une substance intercellulaire amorphe qui se colore en foncé par l’éosine et englobe ces éléments dans une gangue aréolaire ; cette substance intercellulaire semble être constituée par de la fibrine dense.

Elle forme souvent, à partir du deuxième mois, une bande foncée discontinue, dans la partie de la capsule immédiatement en rapport avec l’espace intervilleux ; c’est une véritable raie de fibrine analogue

à celle de l’œuf utérin.

Cette couche capsulaire a été vue et décrite avec plus ou moins de précision par un grand nombre d'auteurs. Esquissée par Conrad et

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Langhans (1), Frommel (2), la description de cette couche se préciseavec Abel(3), Klein (4), Zedel(5), Webster (6). Jusqu'à Zedel, l'origine et la nature des éléments qui la constituent n’est même pas en discussion : l'étiquette de décidual est appliquée à tous les éléments qui la constituent Cette capsule externe est considérée comme l'équivalent de la caduque utérine ; ce serait une « caduque sérotine » d'origine maternelle. Zedel, en 1893, pousse l’analyse un peu plus à fond, et il distingue à cette decidua serotina deux couches, l'une superficielle constituée par de grosses cellules claires qu'il identifie aux cellules de la couche de Langhans des villosités choriales, et qu’il considère comme d’origine fœtale ; — l’autre, profonde, constituée par des éléments cellulaires enchâssés dans la « canalisirt fibrin », et qu’il considère comme d'origine maternelle.

En 1899, Kühne (7) va plus loin : il essaie de montrer une filiation entre tous les éléments de la capsule de l'œuf et l’épithélium chorial, et conclut que cette capsule est constituée exclusivement par des éléments d’origine fœtale. Il n'y aurait donc pas de « decidua serolina ». Kreisch (8), Stroganoff (9) pour la grossesse tubaire, C. van Tussenbrœæk (10) pour la grossesse ovarienne, arrivent à la même opinion, tandis que Hofmeier (11), MandI (12),

(1) CONRAD et LANGHANS. [Tubenschwangerschaft. Ueberwanderung des Eies. Archiv f. Gyn., 1876. Bd 9, $. 337.

(2) FROMMEL. Zur Therapie und Anatomie der Tubenschwangerschaft. Deutsehes Archiv f. klin. Med., 1888, Bd 42, $. 91.

(3) ABEL. Zur Anatomie der Eileiterschwangerschaft nebst Bemerkungen zur Entwickelung der menschlichen Placenta. Archiv f. Gyn., 1891, Bd 39.

(4) KLEIN. Zur Anatomie der schwangeren Tube. Zeiésehrift f. Geb. und Gyn., 1890, Bd 20, S. 288.

(5) A8DEL. Zur Anatomie der schwangeren Tube. Zeitschrift f. Geb. und Gyn., 1893, Bd 26, S. 78.

(6) WeBsTer. Ztopic Pregnancy, 1895.

(7) KûüaNE. Beitrag zur Anatomie der Tubenschwangerschaft. Marburg, 1899.

(8) KREISCH. Beitrag zur Anatomie und Pathologie der Tubargravidität. Monatschrift f. Geb. und Gyn., 1899, S. 794.

(9) STROGANOFF. Sur les rapports anatomiques de l’œuf à la paroi de la trompe gravide. XIIT° Congrès international des sciences médicales, Paris, 1900,in Annales de gyn. et d'obst., tome LIV, p. 272.

(10) C. VAN TUSSENBRŒK, Un cas de grossesse ovarienne. Annales de gyn. et d'rbst., décembre 1899,

(11) HOFMELER. Loco citato.

(12) MANDL. Klinische und anatomische Beitrâge zur Frage des completen Tubarabortes. Monutsehrift f. Geb. und Gyn., janvier 1900, Bd XL, Heft I, S, 203.

Cornil (1) réagissent contre les tendances unicistes de Kühne.

Il est à l'heure actuelle, en l'absence de pièce très jeune, impossible de trancher la question d’une façon positive; on ne peut procéder que par hypothèses, en prenant pour guide nos connaissances encore rudimentaires et incertaines, sur la greffe de l'œuf humain dans l'utérus, et en étudiant les stades les plus jeunes possibles du développement de l'œuf tubaire.

Et d’abord il ne faut pas prendre pour base de la discussion le placenta arrivé à son stade de formation définitive, c'est-à-dire le placenta essentiellement constitué par les villosilés fœtales baignant dans un immense lac sanguin maternel revêtues d’une couche plasmodiale multinucléée.

Avant que ce placenta définitif soit constitué, la partie de l'œuf qui prend contact avec les éléments maternels ne se présente pas sous la forme adulte de villosités, séparées les unes des autres par le sang maternel. La forme villeuse n’est pas primitive ; elle n’est que l’aboutissant d’une série de remaniements qui dissocieront et modèleront, suivant une loi systématique, les assises superposées qui représentent la coque pleine et massive de l'œuf.

Ce premier stade, il faut bien le dire, n’a jamais été constaté chez l’homme ; mais, à l'heure actuelle, nous possédons quelques spécimens, étudiés en place, d'œufs humains utérins, recueillis à des stades intermédiaires à ce premier stade et au stade villeux parfait [Peters (2), Siegenbeck van Heukelom (3), Léopold (4)]. Or sur les œufs figurés par ces auteurs on assiste au remaniement de cette coque pleine ; on la voit creusée de lacunes sangui-maternelles, ébauches de l'espace intervilleux, pendant que le tissu conjonctivo-vasculaire fœtal, envahissant les colonnes cellulaires interlacunaires, les transforme en

villosités.

Eh bien ! prenons le stade le plus jeune que nous ayons pu étudier

(1) Corniz. Sur l'anatomie et l'histologie de la grossesse tubaire. Æèevue de gynécologie et de chirurgie abdominale, janvier-février 1900, p. 3.

(2) Perers. Ueber die Einbettung des menséhlichen Lies. Leipzig und Wien, 1899.

(3) SIBGENBECK VAN HEUKELOM. Ueber die menschliche Placentation. Archiv f. Anatomie und Physiologie. Anat. Abth., 1898.

(4) Léopozp. Uterus und Kind., Leipzig, 1897,

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(quatrième semaine, obs. I, pl. II, IV, V et VI), stade qui correspond précisément à ce remaniement. Il va aboutir; en certains points même il a déjà abouti à la forme villeuse définitive du placenta tubaire : nous ne trouvons aucune différence essentielle entre les éléments de la capsule de l'œuf et les éléments des colonnes cellulaires que l’envahissement du tissu conjonctivo-vasculaire fœtal est sur le point de transformer en villosités.

Plus tard, dans les éléments de la capsule de l'œuf Ses dans les mailles d'une substance intercellulaire plus ou moins dense, on: aura peut-être quelque peine à reconnaître des éléments ayant même origine que le revêtement des villosités; mais les villosités ellesmêmes, devenues adultes, sont-elles morphologiquement identiques aux jeunes villosités en voie de formation ? Il nous semble que cette capsule externe de l'œuf n’est constituée que par l’avant-garde des cellules fœtales, que par la partie proliférante et active de ces assises cellulaires qui se substituent progressivement aux éléments maternels.

Que deviennent, devant cette avant-garde envahissante, les tissus maternels? Si, dans l'utérus, l'hypertrophie rapide et colossale des éléments conjonctifs et vasculaires de la muqueuse, place au-devant des éléments fœtaux un système régulier de capillaires gorgés de sang, et oppose à leur envahissement une barrière conjonctive normalement infranchissable, il n’en est pas de même dans la trompe.

Le tissu coujonctif de la muqueuse tubaire est une fine et peu importante lame conjonctive sous-épithéliale qui, à l’état de vacuité, est loin d'avoir le développement et la richesse en éléments cellulaires de la muqueuse utérine.

Ces quelques éléments sont-ils, du moins, capables de subir les modifications dites déciduales? En dehors de la zone d'insertion pariétale, c'est à peine si, sur quelques pièces, on voit sous l’épithélium aplati de rares franges des formes celluleires singulières. Nous avons montré (chap. [l) combien minime et inconstante était, en dehors de l’œuf, cette soi-disant « decidual reaction. » En face du pôle libre de l'œuf, sur les bords mêmes de l'insertion placentaire, elle est nulle dans la presque totalité des cas.

Cette « réaction déciduale » que la muqueuse tubaire semble peu propre à subir, serait-elle localisée avec une extraordinaire intensité, à la seule zone d'insertion pariétale de l’œuf ? C'est a priori possible.

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