‹ Études Anatomiques sur Les Grossesses TubairesChapitre 33 sur 67 · ONE · texte numérisé non relu

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tubaire, — l’absence enfin de cellules semblables dans les franges tubaires accolées à la surface de cette couche capsulaire et dans les franges qui forment chaton à la base du pôle libre de l'œuf.

La capsule externe de l'œuf, au niveau du pôle libre comme dans la zone d'insertion pariétale, nous paraît être constituée par des éléments d’origine fœtale.

Quant aux franges tubaires qui, dans les premiers mois, tapissent de ci de là le pôle libre de l'œuf, elles sont d’autant moins nombreuses, d'autant plus étirées, recouvertes d’un épithélium d’autant plus bas, constituées par un stroma d'autant moins vivant, quel’expansion excentrique de l'œuf s’accuse. Elles jouent un rôle passif dans l’enveloppement secondaire et partiel du pôle libre de l’œuf. Aucune systématisation ne règle leurs rapports avec l’œuf; c’est le hasard qui semble seul régler l’accolement du pôlelibre de l’œuf aux franges muqueuses qu'il trouve devant lui.

C'est dire que la membrane limitante du pôle libre de l'œuf

tubaire ne nous semble faire que topographiquement fonction de réfléchie.

Comment donc s'expliquer les rapports de l’œuf et de la muqueuse tubaire ?

L'hypothèse que nous sommes tenté de proposer repose sur l'interprétation de nos pièces de grossesse tubaire, et sur l'interprétation des coupes histologiques de l'œuf utérin le plus jeune qui ait été étudié complètement, celui de Peters (1).

Les diamètres de l'œuf de Peters sont respectivement de : 1 millim. 6; 0 millim. 8 ; 0 millim. 9. Il fut trouvé dans l'utérus d’une femme, qui eut ses dernières règles normales le 4° septembre 1895, qui se suicida le 4e octobre (Kali causticum) et mourut en 3 heures. L’autopsie fut faite le jour même, quelques heures après la mort. L’œuf (fig. a, page ci-contre) n'était pas complètement recouvert par une decidua capsularis, il était partiellement enfoui dans la muqueuse utérine en voie de transformations déciduales, et recouvert, dans sa portion libre, entre les deux berges épithéliales de la muqueuse Mo, Mo,, par une sorte de couvercle, composé de fibrine, de leucocytes, de

(1) PETERS. Ueber die Binbetiung des mensehlichen Lies. Leipzig, 1899.

mener

globules rouges, dans lequel pénétraient des cellules fœtales et des plaques plasmodiales (syncitium).

On conçoit très bien que l’hypertrophie du chorion muqueux, au sein duquel est situé ce tout petit œuf, aurait abouti à son encapsulement décidual, à peu de chose près total : bientôt, par le seul fait de cette hypertrophie, il se serait trouvé englobé par le tissu conjonctif de la muqueuse, en voie d’active transformation déciduale. A ce stade,

F1. à. — Décalque schématique au trait de la fiqure I (pl. I) de Peters.

Rapports de l'œuf avec la muqueuse utérine, ses glandes g, ses capillaires ©, et un foyer d'hémorrhagie interstitielle s. Les masses noires pleines représentent les éléments fœtaux (colonnes cellulaires et masses plasmodiales) creusées de lacunes sangui-maternelles e et envahies par le tissu conjonctif fœtal m.,

La muqueuse utérine est recouverte d'épithélium jusqu'en Mo et Mo, ; entre ces deux points le pôle libre de l'œuf est coiffé par un couvercle fibrineux infiltré de globules rouges et blancs,

l’ombilic primitif Mo, Mo, n’est plus qu'un point presque impossible

à retrouver à la surface de la « réfléchie » (1).

(1) Au terme classique, consacré par l'usage, de « caduque réfléchie », nous préférerions un terme plus strictement anatomique, qui ne préjugerait en rien du mécanisme de la formation de l'enveloppe maternelle du pôle libre de l'œuf utérin. Il semble, en effet, de par la pièce de Peters, qu’elle est, ou du moins qu'elle peut être

COUVELAIRE. {

Supposons maintenant que cet œuf millimétrique se soit greffé dans la trompe, sur une muqueuse dont la réaction déciduale est minime ou nulle. L’œuf ne se trouvera pas englobé dans une épaisse couche déciduale. Son pôle libre, à peine contenu sur les bords par un chaton insignifiant de franges tubaires passives, fera saillie, à nu, dans la cavité tubaire, comme le pôle libre de l'œuf de Peters faisait saillie dans la cavité utérine. Mais cette disposition topographique de l’œuf, transitoire dans l'utérus, persistera dans la trompe, sans modifications essentielles. Bien plus, les progrès du développement de l'œuf tubaire la rendront plus évidente encore. L’ombilic primitif, loin de devenir, comme dans l'utérus, difficilement repérable à la surface d'une large caduque capsulaire, sera au contraire de plus en plus apparent et large, laissant le pôle libre de l’œuf faire en quelque sorte hernie, hors du chaton muqueux passif et insuffisant qui flanque ses bords.

Qu'à ce pôle libre nu, tapissé par des dépôts de fibrine, viennent, au hasard de la rencontre, adhérer les franges tubaires qui le bordent et qui lui font face, franges que l'œuf, en se développant, tend à refouler devant lui, — et nous aurons la membrane limitante du pôle libre de l'œuf, telle qu'elle nous est apparue sur nos pièces.

De cette hypothèse nous ne pouvons apporter la démonstration objective complète; nous la proposons simplement comme la plus capable, à notre sens, de rendre anatomiquement compte de la structure de la Réfléchie lubaire.

la conséquence non pas d’un embrassement de l'œuf par des franges muqueuses dont les extrémités viendraient s’accoler (mécanisme qu'aucune pièce n'a jamais démontré), mais de l'enfouissement direct de l'œuf dans le chorion de la muqueuse utérine.

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