‹ Études Anatomiques sur Les Grossesses TubairesChapitre 35 sur 67 · PEUT · texte numérisé non relu

PEUT

Prenons par exemple sur notre pièce la plus jeune la région du sac la plus amincie, région voisine de la rupture (pl. VI, fig. 16):

Sur une étendue de 12 millim. on ne retrouve entre les deux points H et H’ aucun élément de paroi tubaire, nifibres conjonctives, ni fibres musculaires, ni vaisseaux, mais un simple caillot en voie d’organisation, épais à la périphérie (4 millim.), extrèmement mince au centre (0 o’). Cette région o 0’ est d’ailleurs celle qui a été effondrée par l'apoplexie ovulaire, et qui a constitué l'orifice de rupture intrapéritonéal, orifice bordé par la saillie des caillots organisés Ho, Ho’. Dans cette région amincie, entre o et o’ (3 millim.) court une bande continue de travées de fibrine dense, épaisse de 0 millim. 05 à 0 millim. 1, dans les mailles étroites de laquelle gisent de ci, de là, des cellules polygonales claires ou de petites masses plasmodiales multinucléées. À sa surface interne se greffent quelques amas cellulaires prévilleux. Au delà de H en p, comme au delà de H”, on retrouve cette bande capsulaire qui se continue avec la capsule externe des secteurs postérieur et antéro-supérieur de l'œuf, devenant progressivement plus riche en éléments cellulaires, moins riche en travées de fibrine.

Tout au voisinage de cette région, la paroi tubaire, extrêmement mince, réduite à quelques fibrilles conjonctives, est par places le siège de petites apoplexies interstitielles où de lacunes sanguines limitées par la paroi d'une part, par des groupes de grosses cellules claires de la capsule d'autre part.

Dans le sac isthmique juxta-utérin figuré planche VIT (fig. 17), les lèvres de la déchirure étaient de même constituées par un caillot ancien infiltrant la paroi amincie du sac.

Dans la trompe gravide d'environ 2 mois (obs. VIIT, pl. VII, fig. 19), nous avons trouvé, au voisinage de la rupture les mêmes lésions, à savoir l’amincissement extrême de la paroi, qui n’est plus constituée que par quelques fibrilles conjonctives et par places par un caillot sous-péritonéal plus ou moins organisé.

Ces altérations, localisées à certains points de la base d'insertion placentaire voisins de la déchirure, constituent toute la gamme des processus anatomiques qui préparent la rupture intrapéritonéale.

En fait, avant la rupture intrapéritonéale il peut se produire, par substitution lente des éléments fœtaux aux éléments maternels, une

disparition complète de la paroi du sac qui équivaut à une véritable rupture sous-péritonéale : la paroi maternelle peut n'être plus constituée que par un caillot hémorrhagique organisé; peut-être quelques fausses membranes péritonéales viendront-elles pour un temps la consolider, mais c'est là le point de moindre résistance, le point de la paroi qui manque de souplesse et qui cédera au moindre excès de tension dans l’intérieur du sac.

Cet état anatomique de certaines parties du sac au niveau du placenta a été particulièrement bien mis en relief par Muret (1) et tout récemment par Aschoff (2) qui l’a caractérisé du nom assez heureux de rupture cachée (verbogene ruptur).

Par quel mécanisme se fait cette disparition des éléments de la paroi du sac?

Est-ce la distension mécanique simple ? Nous ne pensons pas quece facteur mécanique joue le premier rôle; il ne rend pas compte en effet des irrégularités d'épaisseur de la paroi sur laquelle l’œuf est greffé.

N’est-elle pas plutôt en rapport avec les processus anatomiques de

la greffe des colonnes cellulaires prévilleuses se substituant aux tissus -

maternels, processus qu'une barrière déciduale régulièrement développée ne vient pas, comme dans l'utérus, limiter et régulariser ? L'ouverture des vaisseaux sanguins qu’alimenteront les espaces intervilleux ne se fait pas d'une façon régulière et systématisée, et l'on comprend que l'ouverture de ces vaisseaux, à la limite même de la

paroi musculaire, puisse y déterminer des hémorrhagies intersti-

tielles qui peu à peu s’organisant, amèneront la paroi à l’état anatomique que nous avons trouvé complètement réalisé au voisinage de la rupture.

Quoi qu’il en soit de ces interprétations, il reste acquis que certains points de la paroi du sac correspondant à la zone d'insertion pariétale de l'œuf sont anatomiquement préparés à la rupture.

(1) MURET. Avortement tubaire et rupture de la trompe gravide. Revue de gynécologie et de chirurgie abdominale, 10 avril 1898.

(2) AscHorr. Die Beziehungen der Tubaren Placenta zum Tubenabort und zur Tubenruptur, Archivf. Gyn., 1900, Bd 70, p. 523.

> PIECES JUSTIFICATIVES. É Le SG A é LE - à A

= OBSERVATIONS | D

ne

Page 1