ACTE I
Chez moi , si jamais ceux qui passent par Ithaque N’ont frappé, sans être entendus,
Confonds les prétendants , et sauve Télémaque
Des pièges qui lui sent tendus. *
LE CHOEUR
O Jupiter! ô Dieu qui lances le tonnerre,
Dieu protecteur des suppliants!
L’homme religieux t’honore et le vénère,
Quand il reçoit les mendiants.
EUMÉE
Mon cher seigneur peut-être est aussi misérable,
Et peùl-être il mendie aussi :
Fais que chacun l’accueille et lui soit secourable, Comme j’accueille celui-ci !
LE CHCKOn.
O Jupiter ! ô Dieu qui lances le tonnerre ,
Dieu protecteur des suppliants I
L’homme religieux t’honore et te vénère.
Quand il reçoit les mendiants.
Lei porchers boiveiitt
Eumée, et vous pasteurs, salut!
Il boit.
Le vin délie
La langue, et fait souvent dire quelque folie.
Cependant écoutez et ne vous raillez point :
— Ce que vous m’avez dit m’indigne au plus haut point.
Plût aux Dieux immortels que je fusse à votre âge.
Que j’eusse la vigueur, comme j’ai le courage!
ni
ULYSSE
Plût aux Dieux que je fusse Ulysse! je veux bien Qu’on me tranche la tête et qu’on la jette au chien, Si , tombant au milieu des prétendants impies,
Je n’exterminais pas à moi seul ces harpies.
Rires parmi 1rs pasteurs.
DEMI - CHOEUR '
Ah! ah! le bon vieillard est un homme nouveau. C’est la chaleur du vin qui lui monte au cerveau.
DEMI-CllOECR *.
Les rêves sont au fond des coupes parfumées : L’indigent se croit prince et défait des armées.
DEHI-CIIOEUB.
Je sens aussi l’effet du vin fortifiant.
DEMI-CUOEUR.
Et je vois l’avenir d’un œil plus confiant.
LE ciiœun
D Dieu des Bacchantes !
Par les soins heureux,
Les vignes grimpantes Ont couvert les pentes Des coteaux pierreux.
Ta liqueur conseille L’espoir enjoué ;
La chanson s’éveille,