ACTE I
Et quand pour moi vient l’heure du repos,
Je dors paisible sur la paille.
ULYSSE , i Eumie.
Il parait que Ion maître, ami , n’a point d’enfant;
Car les biens sont sacrés, quand un dis les défend.
EUMÉE
tu te trompes; mon maître a pour fds Télémaque.
— C’est le plus accompli des jeunes gens d’Ithaque.
ULYSSE
Vraiment ! Ce jeune prince a-t-il un bel aspect?
EUMÉE
Tel, que ceux qui le voient sont saisis de respect.
ULYSSE
Est-il sage et prudent?
HUMÉE
Presque autant que son pere.
ULYSSE
Sait-il dans les conseils bien parler d’une affaire ?
EUMÉE
Si bien, qu’en l’entendant les peuples sont ravis.
Et que les plus âgés écoutent ses avis.
ULYSSE
Sans doute il est vaillant? car, d’ailleurs fût-on sage, Habile à la parolo et noble de visage ,
Si le cœur est d’un cerf timide , et si le bras ,
Impropre aux javelots , tremble dans les combats ,
ULYSSn.
On n’est plus qu'un objet de risée et de blâme Que n’estime aucun homme, et n’aime aucune femme.
Rentrée des jeunes gens qui apportent le vio. EUMÉE.
Ne crois pas que jamais on tienne ces propos ;
Rien qu’à voir Télémaque on devine un héros.
— Il est encor trop jeune et novice au.\ batailles Pour venger ses affronts par d’amples représailles;
Mais sois sûr que les jours viendront, où , plus âgé ,
Il châtîra tous ceux qui l’auront outragé.
Aussi , — Dieux , confondez leurs trames sacrilèges ! — Les méchants prétendants lui préparent des pièges. Comme il est en voyage et reviendra d’abord.
Des vaisseaux embusqués l’attendent vers le port.
LE CIIOEDR '.
Eumée, il en sera comme les Dieux l’entendent,
Et le' prince vivra si les dieux le défendent!
Mais voici le vin pur que l’on vient d’apporter,
Et si tu veux m’en croire , il est temps d’y goûter.
EUMEE prend une coupe qu’U remplit de ’nn, et fait les libations eu ao tournant vers la statue do Jupiter
O Jupiter 1 ô Dieu qui lances le tonnerre.
Dieu protecteur des suppliants!
L’homme religieux t’honore et te vénère ,
Quand il reçoit les mendiants.