‹ Etudes antiquesChapitre 40 sur 87 · ACTE H · texte numérisé non relu

ACTE H

ULYSSE

Oui , reine , c’élait lui. '

PÉNÉLOPE

Vous Uavez eu chez vous ?

ULYSSE

Je fus son hôte.

PÉNÉLOPE

O Dieux ! — Approchez ; que je puisse Serrer aussi la main que serra mon Ulysse.

Elle lui prend la main en pleurant.

O souvenir, mêlé de peine et de douceur !

ULYSSE , à part.

Grands Dieux ! que je voudrais l’attirer sur mon cœurl

A PéncU'pe I en retirant sa main.

Reine, laissez ma main trop rude [ our les vôtres.

PÉNÉLOPE

Toute rude qu’elle est , je la préfère à d’autres.

— Parlez d’Ulysse encor.

ULYSSE

Vos pleurs vont redoubler.

PÉNÉLOPE

J’aime que ce soit lui qui les fasse couler.

— Vous parlait-il de moi quelquefois?

ULYSSE

Oh ! sans cesse.

ULYSSE

Il avait pour épouse une belle princesse,

11 l’aimait tendrement; parti contre son gré, 11 regrettait beaucoup d’en être séparé.

PÉNÉLOPE

Puis encor?

Elle était aussi sage que belle ;

Il n’appréhendait pas qu’elle fût infidèle ;

Et ce qui redoublait encore son amour.

Il en avait un fils aussi beau que le jour.

PÉNÉLOPE

Ah ! cher Ulysse ! — Aux Dieux tu demandais en grâce Qu’il te naquît un fils héritier de ta race ;

Tu l’as vu naître ; hélas! tu ne devais plus voir Ce 61s tant désiré, ce Bis, ton doux espoir.

Elle embrasse Télémaque , et se rassied.

— Et puis; que disait-il?

ULYSSE

Je n’en ai plus mémoire , Mais toujours l’entretien était à votre gloire.

PÉNÉLOPE

Vous ne m’abusez pas par des discours railleurs? Pourquoi tromperiez-vous la pauvre veuve en pleurs ?

ULYSSE

Non, certes.

PÉNÉLOPE

Je vais voir, maintenant que j’y songe.

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