‹ Etudes antiquesChapitre 7 sur 87 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ULYSSE, seul, est endormi sur le sable du rirage.

Sa réreiUant et regardant autour do lui arec étonnement.

O Dieux ! suis-je éveillé? Ne fais-je pas un rêve? Comment puis-je être seul, ici, sur cette grève? Hier je m’endormis parmi des matelots ;

J’étais sur un navire environné des flots;

Et je m’éveille à terre, et le jour qui commence N’éclaire aucun vaisseau sur l’Océan immense.

— Ah ! les Phéaciens m’auront manqué de foi !

Ils m’avaient bien promis de m’emmener chez moi ; Mais ce matin, sans doute, ennuyés de leur hôte, Ils m’ont, tout endormi , jeté sur une côte.

Toi, par qui tôt ou tard le parjure est frappé,

U6 ULYSSE

Venge-moi, Jupiter^ de ceux qui m’ont trompé !

Il fkit quelques pns.

— J’ignore, hélas ! quel peuple habite ces riva;^es : Sont-ce des gens cruels, injustes et sauvages?

Ou la crainte des Dieux est-elle dans leur cœur,

Et serai-je accueilli chez eux avec douceur?

U fait encore quelques pas dans l'inlt^rieur des terres.

•— Où suis-je? — Je ne sois quel soùvcnir s’éveille,

Mais j’ai vu quelque part une rive pareille.

Ces arbres, cette baie et ces rocs escarpés '

Dans un autre pays étaient ainsi groupés ;

Même cet olivier, près de cetlo fontaine,

Rappelle en mon esprit une image incertaine.

— Quevois-je au pied de l’arbre? — Ah! ce sont mes trésors Que les Phéaciens ont laissés sur ces bords ;

Il faut que je les compte, au plus vite, et remarque S’ils n’en ont pas gardé quelques-uns dans leur barque.

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