‹ Etudes antiquesChapitre 76 sur 87 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

PÉNÉLOPE

Je me sens tellement émue à son approche ,

Mon fils, que je n’ai pas la force de parler.

A peine si de loin j’ose le contempler.

LE CHOEUR

O reine 1 c’est Ulysse. Approchez-vous du trône

EURYCLÉE

C’était lui, ce vieillard qui demandait l’aumône.

PÉNÉLOPE

Et comment se fait-il qu’il fût alors si vieux ,

Et qu’il soit à présent jeune et semblable aux Dieux ?

TÉLÉMAQUE

II était transformé par Minerve elle-même.

LE CHOEUR

Tout est facile aux Dieux ; leur puissance est suprême.

PÉNÉLOPE

Si c’est Uly sse, il peut dissiper mes soupçon^;

Qu’il dise lin des secrets que nous seuls connais^ns.

ULYSSE, loamnt.

Le temps triomphera de ce cœur si farouche.

A EurycUe. * ' .

Nourrice , je suis las ; fais préparer ma couche.

PÉNÉLOPE) regardant flzemeot Uljase.

Prépare ce beau lit, couvert d’un dais royal ,

Que l’on a transporté hors du toit nuptial.

ULYSSE

ta

ULYSSE

0 reine! vous tenez un propos qui m’afflige,

Qui donc a transporté ce lit? par quel prodige?

C’est chose difficile; en voici la raison:

Un énorme olivier ombrageait ma maison ;

Je le coupai moi-même , à trois pieds de la terre ;

J’en façonnai le tronc à l’aide de l’équerre;

J’en fis le pied d’un lit , qu’on n’en peut détacher ,

Et construisis autour notre chambre à coucher;

Si bien qu’il eût fallu, pour transporter ma couche, Déraciner d’abord et déplacer la souche.

PENELOPE ) courajnt à lily&sc, et lui jetant les bras autour du coc

Ah ! c’est lui! c’est Ulysse, Ulysse que je voi!

C’est toi; car notre lit n’est connu que de toi.

Te voilà! — Ce bonheur n’a pas été le nôtre ,

De passer nos beaux ans, l’un toujours près de l’autre ; Mais je te vois enfin , Ulysse ! cher époux !

Noq$ vieillirons ensemble , et c’est encor bien doux.

" ULYSSE, la ieuant embrasser.

Soyez bénis , ô Dieux ! qui me rapprochez d’çlle ,

Et qui me la repdez si sage et si fidèle !

PÉNÉLOPE

Ne sois pas irrité contre moi ; j’avais peur De me laisser surprendre aux ruses d’un trompeur.

ULYSSE

M’irriter, chère épouse ! oh ! non pas ! Tout à l’heure J’avais peine à cacher ma joie intérieure f J’admirais ta prudence, et me taisais exprès

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