‹ Études archéologiques et variétésChapitre 13 sur 45 · TRAJET DU LAC SAINT- JEAN AU LAC MISTASSINI · texte numérisé non relu

TRAJET DU LAC SAINT- JEAN AU LAC MISTASSINI

Toronto, Ont., le II septembre 1889. — Nous quittons Québec le samedi soir, 13 juillet 1889, munis d'un canot — un canot de 19 pieds de long — et d'une ample quantité de provisions, le tout placé en sûreté dans un char à marchandise spécial que M. J.-G. Scott, gérant de la Compagnie du chemin de fer du Lac St-Jean, avait eu la complaisance de mettre à notre disposition. Comme le trajet de Québec à Roberval se fit de nuit, nous n'eûmes pas l'avantage de jouir des magnifiques paysages qui se voient sur la route ; à bord, cependant, un plaisir nous était ménagé : celui d'une longue causerie avec le curé Labelle qui se rendait au Lac Saint-Jean afin de visiter, pour la première fois cette région ; et, au lieu du murmure des cours d'eau des montagnes et de la douce beauté des lacs paisibles, nous eûmes la satisfaction d'entendre, jusqu'à deux heures du matin, la voix harmonieuse du révérend curé, qui s'échappait de ses lèvres comme un bruit de cascades en nous racontant des scènes de sa jeunesse.

Nous passons tranquillement la journée du dimanche à Roberval, examinant le pays et humant avec plaisir l'air vivifiant qui, des montagnes du Saguenay, se répand dans la fertile vallée du Lac Saint- Jean. Le ludi nous trouva dans l'irrésolution : le guide que nous avions retenu, Prosper Clairy, nous apprit qu'il serait impossible de se servir d'un canot de bois, ajoutant que le grand nombre de portages et de rapides qui se rencon-

traient sur la route qu'il comptait nous faire suivre, nécessiteraient deux petits canots d'écorce et trois hommes additionnels ; en d'autres termes, il nous fallait deux canots et deux hommes pour chaque canot outre nous-mêmes.

Mais, ici surgit une nouvelle difificulté. La seule route que connaissait notre guide pour atteindre le lac Mistassini était le cours de la rivière Achouapmouchouan, et le professeur Galbraith, qui était revenu de Mistassini par cette rivière, nous avait appris qu'il était impossible d'en remonter une partie, et que, lui-même, lors de son retour, en en descendant les rapides, avait tout juste sauvé sa vie. Notre guide Prosper étant consulté répondit que tout irait bien, pourvu que nous prissions les canots d'écorce et les trois hommes. Les conventions suivantes furent alors arrêtées : nous devions, d'une part, nous assurer d'un surcroît de provisions, de deux canots et de trois hommes ; le guide, d'autre part, devait nous conduire au lac Mistassini par la voie de la rivière Achouapmouchouan.

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