PRÉPARATIFS DE DÉPART
Après les retards ordinaires en pareil cas, nous nous assurâmes les services de trois hommes additionnels : Joseph Verreault, qui remplissait les fonctions de cuisinier ; Simon Raphaël et Alexandre Clairy, fils de notre guide. Nous achetâmes de nouvelles provisions qui, tout en ne consistant que de choses indispensables, semblaient devoir nous suffire pour un été, et enfin, deux petits canots, l'un de 15 pieds 7 pouces et l'autre de 18 pieds 4 pouces. Nos provisions, suffisantes pour six hommes, comprenaient, entre autres choses, 4 sacs de farine, 150 Ibs de lard, 25 Ibs de thé, 40 Ibs de sucre et des biscuits de matelot (environ 40 Ibs).
Nous nous étions munis de quelques médicaments, d'une couple de bouteilles d'eau-de-vie, d'un ruban, d'un thermomètre, d'un sextant portatif, d'une boussole, d'une bonne montre et d'un appareil photographique. Ces objets, y compris nos couvertures et notre tente, formaient notre équipement, (à l'exception d'environ dix livres de tabac).
Le mardi, 16 juillet, nous quittâmes Roberval en route pour la Pointe Bleue, où l'on avait déposé notre matériel. Nous transportâmes par terre une partie de nos provisions jusqu'au petit village de St-Félicien, sur les bords de l'Achouapmouchouan, tandis que nos hommes, se chargeant de nos canots et du reste de nos effets, remontèrent la rivière. Nous passâmes la nuit à St-Félicien, et pendant toute la journée suivante, nous attendîmes nos hommes qui n'avaient pu remonter le cours de la rivière à cause de l'impétuosité des eaux du lac formant son embouchure. Ce ne fut que sur la fm du jour qu'ils purent nous rejoindre, et ce soir-là nous dressâmes nos tentes un peu plus haut, à l'entrée de la rivière au Saumon.