‹ Études archéologiques et variétésChapitre 16 sur 45 · MONTÉE PÉNIBLE DE RAPIDES · texte numérisé non relu

MONTÉE PÉNIBLE DE RAPIDES

Pendant deux jours, nous remontâmes le courant à force de rame, tantôt faisant un portage, tantôt franchissant un rapide, jusqu'au moment où, ayant dépassé la limite de terre arable du lac Saint-Jean et pénétré dans la région de sable, de marais et de rochers qui se trouve au-delà, nous arrivâmes à l'endroit où, de tout notre trajet, nous devions rencontrer le plus de misère. Nous avions atteint la tête de cette suite de rapides et de gros courants qui s'étendent sur une longueur de près de cent milles jusqu'aux lacs des environs de la hgne de faîte (hauteur des terres) ; nous eûmes alors occasion de constater par nous-mêmes que

ce que racontait le professeur Galbraith touchant les rapides et les courants de cette rivière, n'était pas loin de la vérité.

A partir de ce- point, la rivière s'était transformée en un courant rapide et dangereux, et elle coulait, soit sans obstacle à une vitesse de 10 à 15 milles à l'heure, ou sautait des rochers en cascades écumantes. Lors de notre retour, en descendant cette même rivière, nous nous demandions comment, en vérité, nous avions pu en remonter le cours au miheu de tant d'écueils et de chutes. On peut se faire quelque idée de l'impétuosité des eaux de cette partie de la rivière par le fait qu'en la remontant, nous mîmes dix longues journées à accomphr un trajet d'environ 100 milles, tandis qu'en descendant nous parcourûmes cette même distance dans l'espace de guère plus de deux jours.

En remontant, nous procédions de la façon suivante : deux hommes demeuraient dans le canot, le tenant ferme et le dirigeant au moyen de longues perches à pointes de fer, et deux autres le remorquaient au moyen d'une corde attachée à l'avant de l'embarcation, marchant dans l'eau ou se traînant sur des rochers escarpés, suivant que l'exigeaient les accidents du terrain. Et nousmêmes, malheureux explorateurs, devions suivre le même chemin, aidant parfois au halage de l'embarcation.

Pour mettre le comble à nos désagréments, la pluie tombait invariablement tous les jours, et plus d'une fois il fallut avoir recours à la panacée ordinaire de l'eau-de-vie, du gingembre et du painkiller pour remonter le cœur de nos hommes tombant de lassitude.

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