RENCONTRE DANS LE DÉSERT
Mardi, le 6 août. — Aujourd'hui nous avons traversé le lac Ojibagouman à la rame en quatre heures ; et, comme nous approchions d'une grande baie située près du portage, notre cuisinier qui, de tous les hommes de l'expédition, possédait la meilleure vue, aperçut tout à coup de la fumée dans le lointain ; bientôt nous fûmes à même de constater qu'un campement, peu nombreux, était étabh sur le rivage de la baie.
Ce campement consistait en deux familles de Nascapis qui étaient descendues du lac Mistassini à la recherche d'écorce de bouleau. Ces Sauvages avaient vécu de poisson et debluetsà venir jusqu'à hier, alors qu'ils eurent la Ijonne fortune de tuer deux ours, ce qui les mettait dans une condition de bien-être relatif. Ils nous demandèrent avec instance du tabac, et nous informèrent qu'il n'y avait rien, absolument rien, au poste de la Baie d'Hudson de Mistassini, — agréable perspective pour nous qui étions à la veille de manquer de sucre et de lard. Un de ces hommes, du nom de Boy, qui était un chasseur renommé et qui connaissait parfaitement la topographie du haut du lac Mistassini, nous en fit une esquisse qui correspondait très bien à celle de Low. Il nous dit que ça nous prendrait trois ou quatre jours de beau temps pour atteindre la tête du lac.