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ÉCHANGE DE BIENS

Nous dîmes adieu aux Nascapis, espérant les revoir lors de notre retour ; mais, avant de les quitter, nous leur fîmes présent d'une bonne provision de tabac et de farine, ce qui les combla de joie ; ils nous donnèrent en retour quelques tranches choisies de viande d'ours.

Le jour suivant, nous atteignîmes le lac Wakwunitche après cinq portages, heureusement accomplis. Ce fut à l'occasion d'un de ces portages, le premier en laissant le lac Ojibagouman, que nous remarquâmes une variation sensible de l'aiguille aimantée, due à la présence d'une haute montagne des environs appelée « Paint Mountain «. A l'endroit où l'aiguille variait le plus se trouvait une source particulière d'eau glacée, d'où l'eau, s'échappant en forme de geyser d'un fond de sable mouvant, présentait une apparence singulière. Quel rapport pouvait-il exister, s'il en existait, entre cette source et la déviation de l'aiguille aimantée ? C'est ce que nous ne pûmes constater.

Le lac Wakwunitche a peu de largeur et mesure environ dix milles de long. Il est ainsi appelé à cause du wakwun, espèce de mousse alimentaire ou lichen qui pousse sur les rochers qui l'entourent. L'afTixe itche signifie une montagne. Nous recueillîmes quelques spécimens de ce lichen qui pousse à plat sur les rochers et dont la partie supérieure présente une apparence noirâtre. Ce lac, rempli de truite et de poisson blanc, alimente le poste de Mistassini. On y vient en automne et on en prend des barils que l'on sale pour l'hiver.

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