QUESTION DES PROVISIONS
Touchant la question des provisions, M. Miller nous informa qu'il n'en avait lui-même rapporté qu'une petite quantité, mais que, cependant, il pouvait nous céder un peu de suif, un gallon de mêlasse et deux livres de thé. Nous avions besoin avant tout de sucre et de viande, mais nous acceptâmes avec reconnaissance ce qui nous fut offert. La mêlasse remplaça le sucre et servit à arroser d'appétissantes crêpes dont nous fîmes plus d'un joyeux régal. L'absence de viande cependant se faisait beaucoup sentir, et, sans la chance que nous eûmes de tuer plusieurs ours, le long du trajet, nous aurions vécu bien maigrement.
Ce fut au miheu de toute la population assemblée que nous nous séparâmes de M. Miller, et nous quittâmes le poste en faisant entendre une décharge de nos fusils en signe d'adieu. Comme nous nous éloignions du petit havre en face du poste, le pavillon fut hissé, cette fois en l'honneur de notre départ — honneur problématique, peut-être, mais certainement bien sincère de la part de M. Miller — avec qui nous venions de passer quelques heures si agréables.