‹ Etudes au sujet de la persécution des chrétiens sour NéronChapitre 34 sur 43 · SILENCE DES AUTEURS PROFANES · texte numérisé non relu

SILENCE DES AUTEURS PROFANES

Les conclusions de notre étude sont pleinement confirmées par le silence absolu des écrivains romains, grecs et juifs au sujet des faits relatés dans Tacite.

Nous avons vu que ni Juvénal ni Phne n'avaient jamais prononcé le mot de chrétiens; ils ne font même aucune allusion à des persécutions qui auraient été dirigées par Néron contre une secte religieuse quelconque.

D'autre part, Flavius Josùphe parle de Néron plusieurs fois^ Il laccuse d'avoii' fait périr Britannicus son frère, Agrippine sa mère, Octavie sa femme et beaucoup de citoyens

• Guerre judaïque, liv. IL ch. 13 et 'iH; Antiquités judaïques, liv. XX, ch. 8.

illustres, sous le prétexte qu'ils a¥aâent conjuré sa perte. Mais, chose remarquable, il rie lui adresse aucun reprodue de tyrannie ou de cruauté dans l'administration : tout au contraire, il déclare que s'il avait été fait de nombreuses apologies de Néron au temps de sa puissance, il fut l'objet après sa mort d'accusations odieusement mensongères que se plaisaient à accumuler sur son compte des historiens qui n'avaient aucun souci de la vérité.

Cet auteur israélite, qui nous entretient de ses compatriotes à Rome, de leur expulsion sous Til)ère, qui nous parle de la cour de Néron, de l'influence de quelques Juifs sur l'esprit de Poppée, Josèphe, s'il eût connu un tel événement dont les victimes n'étaient pas étrangères au judaïsme, n'eût pas manqué d'en faire la relation ; et si ce drame avait eu lieu, il l'eût certainement connu. Or, il ne signale aucune molestation dont les Juifs à Rome auraient souffert sous ce prince, pas même au temps de l'insurrection de la Judée.

Au m* siècle Dion Cassius, qui avait occupé les plus hautes charges de l'empire et s'était retiré à Nicée, employa ses loisirs à écrire une vaste Histoire romaine. Il semble que les chrétiens devaient, de son temps et surtout autour de lui, occuper Tattention publique, et que par conséquent il ne devait pas être indifférent à ce qui les concernait. Dion Cassius cependant ne dit pas un mot des mesures prises contre eux sous Néron.

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