‹ Etudes au sujet de la persécution des chrétiens sour NéronChapitre 5 sur 43 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

(l'avoir substitué Tenipire de la raison à celui de la force, et légitimait la mission qu'elle s'était arrogée :

Tu regere impeHo populos, Roiumie, mémento; Hae tibi eimnt artes jmcisque imponere morcm.

Nous proposons à ceux qui se plaisent à la recherche de la vérité historique de faire avec nous une analyse attentive du récit de la persécution des chrétiens sous Néron, qui se trouve dans le XV* livre des Annales de Tacite. I15i)artageront, nous l'espérons du moins, notre conviction que cette page n'a pas été écrite par l'historien romain, qu'elle a été frauduleusement introduite dans ses œuvres au moyen âge, et (jue cette horrible tuerie n'a pas eu lieu, qu'elle constitue un fait purement imaginaire.

Dans cette étude nous rencontrerons un certain nombre d'autres questions d'authenticité et d'interprétation de textes (|ui se rattachent à notre sujet; nous nous y arrêterons, persuadé que le lecteur s'intéressera à leur discussion et consentira à violer avec nous la sage loi d'Horace : Semper ad eventum festina.

Nous reconnaîtrons ainsi qu'aucun auteur romain du premier ou du second siècle n'a parlé des chrétiens; que les mentions que l'on trouve à leur sujet dans la Correspondance de Pline avec Trajan et dans la Vie de Néron par Suétone, ne sauraient être attribuées qu'au dessein d appuyer de témoignages païens les traditions de l'Église.

Nous verrons combien sont erronées les idées que les légendes de martyrs ont répandues sur le caractère

PJiKFACE. IX

des autorités romaines au temps des Césars et des Antonins, et sur leur conduite à Tégard des sectes religieuses. Loin de s'être montrés cruels à plaisir, ceux qui avaient établi le droit civil sur des principes si remarquablement exacts, avaient j)orté le même esprit de sagesse dans le droit criminel. S élevant au-dessus de toutes les superstitions, les magistrats avaient pour règle la tolérance absolue de tous les cultes, et ils n'intervenaient dans Texercice des rites que pour interdire les pratiques inhumaines ou contraires aux bonnes mœurs.

Aussi constaterons-nous que les premières confréries chrétiennes n'ont point été persécutées, (pi'elles virent au contraire leur liberté d'action protégée et (ju'elles se plurent à le reconnaître.

Nous rechercherons enfin sous l'influence de cfuelles conceptions mysti(iues et de quels intérêts s'est formée la légende de la i)ersécution des chrétiens sous Néron, et ({uelles ont été les diverses phases de son développement.

ÉTUDES

AU SUJET DE l.A

SOUS NÉRON

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