Drame, encore inédit, de George Sand
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» S'il ne s'agissait, mon cher ami, que de simples arrangements, je vous dirais: je vais me mettre au travail, et ce ne sera plus qu'une question de semaines. Mais il faut trouver j combiner des situations nouvelles, qui soient en rapport avec celles que l'on conservera.
» Dans l'ouvrage de madame Sand, comme dans celui de Balzac, il y a des caractères excellents, des physionomies originales, et, disons-le entre nous, dans l'une comme dans l'autre, l'action tourne à l'absurde.
L'absurdité est moins flagrante dans V Homme de Neige ; mais le gros vieux mélodrame la remplace d'une désagréable façon. Il y a dans V Homme de Neige deux premiers actes charmants. Le troisième est à trouver tout entier.
» Il y a, si je m'en souviens bien, dans la pièce de Balzac, un point de départ, des personnages bien tracés et un caractère de jeune fille superbe... Et puis, c'est tout.
}» Je veux bien songer à ces deux ouvrages, mais qui peut savoir quand viendra l'idée, la pensée complémentaire, qui n'est réellement venue ni à Balzac, ni à madame Sand?
» Je vous le répète, mon cher ami, nous
en causerons à mon retour à Paris, et j'y
prendrai un plaisir d'autant plus vif que
vous êtes un des hommes avec lesquels
j'aime le mieux à causer.
» Votre bien atiectionné
j> ad[olphe] dV.nnbry. »
On le voit, ces divers jugements sont bien différents, et ne donnent guère d'opinion décisive sur la valeur réelle de l'ouvrage.
N'oublions pas d'ajouter que le titre définitivement attribué par l'écrivain à son œuvre lui fut emprunté sans scrupule, comme on l'a fait si souvent d'ailleurs pour un grand nombre de sujets tirés de ses ro-
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mans et transportés ensuite sur la scène. En effet, M. Arthur de Beauplan fit représenter, le 11 mai 1858, sur le théâtre de l'Odéon, une comédie en cinq actes et en vers intitulée :
V École des ménages.
Et voilà comment, après plus de cinquantesept ans, la première œuvre dramatique de Balzac véritablement écrite pour la scène, alors qu'il était à l'apogée de sa force de conception aussi bien que de sa puissance d'expression, n'a pas encore vu le feu de la rampe et ne le verra peut-être jamais I
Mars 1894 — juillet 1895.
L'histoire du daguerréotype de Balzac reproduit dans le numéro de mai 1891 de Paris- Photographe j est vraiment curieuse. Il advint plus d'une aventure à cette plaque photographique avant d'être placée sous les yeux du public dans son intégrité absolue, et ce sont les étapes de ces transformations que nous allons passer en revue.
Dans un paragraphe, daté du 2 mai 1842, de la lettre inédite adressée à madame Hanska dont nous avons parlé ail-
leurs*, Balzac lui annonce qu'il revient de chez le daguerréotypeur^ et offre de lui expédier son image ainsi reproduite, dans une lettre, à Saint-Pétersbourg.
S'agissait-il du portrait publié par Pans- Photographe? Nous en doutons fort. Balzac ne l'eût pas offert à son étoile lointaine, à son Eve bien-aîmée, sous la forme si dénuée de coquetterie qui le rend tout à fait précieux pour nous. Les premières plaques dont il parlait, envoyées ou non en Russie, sont sans doute détruites et sûrement perdues aujourd'hui.
L'écrivain revendique dans cette même lettre une petite part de la merveilleuse découverte de Niepce et Daguerre, dont toute la genèse se trouve en germe, prétend-il, dans les Pensées qui terminent Louis Lambert. C'est à l'édition de 183S, publiée cinq ans avant l'invention du daguerréotype, ainsi