XII AVANT-PROPOS
détails, ne doivent-ils être lus et acceptés qu'avec une extrême circonspection. Faut-il s'étonner ensuite si, comme nous l'avons déjà dit, sa vie est restée aussi mystérieuse, puisqu'il a lui-même fait l'impossible pour établir, à propos de son existence entière, une légende contraire en tous points à la vérité ? La nature de Balzac était un composé spontané et intraduisible de simplicité et de rouerie, de crédulité et de ruse, d'abandon et de méfiance, de droiture et d'adresse, de bonhomie et d'orgueil, tout cela se produisant naïvement, à point nommé pour le servir ou pour qu'il s'en servît selon les circonstances et les besoins de sa vie, de cette vie, logiquement, tout aussi inexplicable que lui-même !
Il faut accepter ainsi ces hommes d'un génie exceptionnel, dont le tissu cérébral et le terrain intellectuel sont beaucoup plus étendus que les nôtres. Il en résulte chez eux des oppositions, des contrastes, des bizarreries même, que des cerveaux plus restreints ne