L’ÉVANGILE SELON SAINT JEAN
C’est un beau livre à commenter que l’Évangile johannique, et c’est aussi opinion courante chez les théologiens, même chez les critiques, qu’il est plus facile à interpréter que l’Apocalypse. Peut-être cette opinion vient-elle de ce qu’on ne cherche pas dans l’Évangile tout ce qu’il contient, tandis que l’on veut trouver dans l’Apocalypse plus que l’auteur ne s’est proposé d’y mettre. Quoi qu’il en soit, nous voyons les commentateurs de l’Évangile aborder leur tâche aussi allègrement que s’il s’agissait d’expliquer la parabole du pharisien et du publicain, ou le Discours sur la montagne. Les critiques affirment une différence de caractère entre saint Jean et les Synoptiques, mais ils s’accordent assez mal pour la définir, et d’ordinaire, ils appliquent indistinctement les mêmes procédés d’herméneutique aux quatre Évangiles. A plus forte raison nos commentaires en usent-ils ainsi, bien qu’ils dussent avoir appris des anciens Pères à distinguer l’Évangile spirituel, théologique et mystique, des Évangiles corporels, où l’histoire est simple réalité, le discours simple vérité. Le plus récent, et non le moins remarquable, des commentaires catholiques sur le quatrième Évangile ne fait pas exception à cette règle. Le P. Knabenbauer, dont nous recommandons à nos lecteurs l’important ouvrage2, ne voit pas plus de mystère aux