‹ Études bibliques (volume 2)Chapitre 24 sur 27 · Jean, ix · texte numérisé non relu

Jean, ix

L’un n’est pas fait précisément pour prouver l’autre, comme si le miracle devait, comme tel, prouver la vérité de ce que dit Jésus; mais l’un est fait pour continuer en quelque façon l’autre et signifier la même chose dans une réalité qui est en même temps un symbole. Les paroles : « Je suis la résurrection et la vie1 », sont parfaitement déplacées dans l’histoire de Lazare si le miracle ne signifie pas la même chose que cette déclaration; et l’on introduira dans l’évangile un mécanisme insupportable, si l’on suppose que Je miracle n’est qu’un argument maté riel à l’appui de la parole. Paroles et miracles ne font qu’un seul enseignement. Ce principe une fois établi, on ne peut blâmer les exégètes qui, après les Pères, trouvent une signification aux principaux détails et circonstances que l’évangéliste a voulu marquer. Il y a chance pour que son choix ait été déterminé par une intention : le tout est de la reconnaître et de se régler soigneusement sur les indications que le texte même peut fournir. On a plaisir à trouver dans Maldonat, ou dans cet affreux janséniste de Sacy, les admirables considérations des Pères dont le P. Knabenbauer ne nous apporte que de rares débris, à titre de supplément et presque de curiosité. Maldonat loue saint Cyrille pour avoir dit que Jésus, s’échappant miraculeusement du temple, où on a voulu le lapider, guérit en passant l’aveugle-né afin de montrer que l’Évangile, rejeté par les Juifs, irait aux gentils, qui étaient, par rapport à la révélation, comme des aveugles de naissance. Et l’opinion de saint Cyrille n’est pas déjà si extravagante, puisque Jésus lui-même dit, après le miracle : « C’est pour un jugement que je suis venu dans le monde, pour que les non -voyants voient et que les voyants deviennent aveugles ». Saint Irénée, qui a toujours le

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