‹ Études bibliques (volume 2)Chapitre 26 sur 27 · Le Maistre de Sacy, op. cit · texte numérisé non relu

Le Maistre de Sacy, op. cit

subtilités, veuillent bien prendre la peine de considérer qu’elles n’appartiennent pas seulement à la substance de la tradition patristique, mais encore à cèlle de la tradition apostolique, et que l’exégèse de saint Paul en est remplie. Ces apparentes fantaisies de l’imagination croyante ont plus efficacement contribué à l'édification du christianisme que les syllogismes les plus exacts; et il serait peut-être temps de s’en apercevoir.

Un fait d’un autre ordre, qui nous est visiblement rapporté pour le sens que le narrateur y attache, est l’incident du coup de lance dans la passion. Jésus a rendu l’esprit : le soldat vient, lui perce le flanc, et aussitôt il en jaillit de l’eau et du sang. « Celui qui l’a vu en rend témoignage1 ». Pourquoi donc cette attestation solennelle? Le P. Knabenbauer ne nous l’explique pas. Il observe que l’auteur a voulu relever l’authenticité de son dire, et il reconnaît aussi que, d’après « l’opinion commune 2 », le fait doit avoir une signification plus haute par rapport au baptême et à l’eucharistie ; de là vient que l’on représente l’Église comme naissant de cette blessure faite au côté du Sauveur. Et donc ce n’est pas pour le fait en tant que fait, ni même en tant que miracle, que l’évangéliste relève l’importance de son témoignage, c’est à cause du sens qu’il attribue au fait; ne pouvant développer ce symbolisme dans son récit, il s’y prend d’autre manière pour attirer l’attention du lecteur; la précaution était suffisante pour quiconque se serait bien pénétré de ce que signifient l’eau dans le discours à Nicodème, et le sang dans le discours sur le pain de vie. Comme s’il craignait de s’engager trop loin dans la voie du symbolisme, ou pour nous détourner de certaines idées qui pourraient nous

Page 1