‹ Études bibliquesChapitre 44 sur 54 · Cf. I Macch. IX · texte numérisé non relu

Cf. I Macch. IX

qu'elle survécut à la mort de Jésus, qui, vu Tétai d'esprit de ses disciples, aurait dû être la fin de tout pour ceux qui l'avaient suivi?

Après chacune de ses épreuves, la foi se relève plus vivante et plus ferme, plus pure aussi et plus large dans l'idéal qui lui refait une espérance. Il y a là autre chose qu'une série de hasards heureux, de coups de dés qui réussissent au lieu de manquer, il y a une force mystérieuse, cachée dans une idée qui marche et qui se réalise en marchant, que les obstacles excitent, au lieu de la retarder, qui profite plus de ses déconvenues apparentes que de ses succès. Un observateur facétieux peut nombrer les illusions qui sont tombées sans qu'on y fît seulement attention, à chaque tournant du chemin, et se persuader, par des syllogismes très subtils, que la foi des générations repose sur la masse de ces illusions qu'elle a laissées derrière elle et qu'elle ne connaît plus. Il faut bien que sa force ait été ailleurs, c'està-dire en elle-même, dans l'esprit invisible qui la poussait en avant, même et surtout quand les événements paraissaient devoir l'accabler. Par ce côté encore, la religion juive, jusqu'à l'avènement du christianisme, et le christianisme depuis Jésus offrent un exemple unique. Toute leur histoire est comme une perpétuelle répétition de celle des disciples d'Emmaiis, une série d'espérances trompées convoyant une espérance inébranlable : ce qu'on

l'espérance messianique d'après ERNEST RENAN 289

avait attendu n'est pas arrivé, mais on a entrevu, comme dans un éclair, le Sauveur qui doit venir, et Ton s'est remis en marche plus confiant qu'auparavant. Ce n'est rien, c'est l'humanité qui rêve, dit le rationaliste superficiel. C'est tout, dit la foi, car c'est Dieu qui vient. N'est-ce pas la foi quia raison?

A. LoTSY. — Études bibliquei. 19

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