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Origines de l'histoire, I, xvi

l'histoirk du dogme de l'inspiration 127

sentent pas un caractère historique, c'est que la mise en scène de la narration scripturaire est destinée seulement à faire valoir Tidée fondamentale, qu'elle revêt d'une forme sensible en rapport avec Fétat d'esprit de l'auteur humain et de. ses contemporains. L'idée fondamentale, par exemple, l'idée du Dieu créateur appartient à la révélation ; la présentation de cette idée sous la forme convenable aux temps où l'écrivain sacré a vécu se ferait sous l'influence de l'inspiration. On ne nie pas l'inspiration d'une parabole en disant que la vérité de la parabole n'est pas à chercher dans le récit parabolique mais dans son application. Le récit n'a qu'une vérité relative, une valeur de proportion, selon qu'il est apte à faire valoir la morale qu'on en tire ; et la parabole tout entière est vraie, bien que ses éléments ne soient pas vrais de la même manière.

Lenormant et d'autres encore disent aussi qu'il y a des erreurs dans l'Ecriture, en matière d'histoire et de sciences humaines. Le cardinal Newman (à qui on fait avec raison l'honneur d'un paragraphe spécial) admettait dans la Bible des obiter dicta, membres de phrases, propositions, remarques accessoires, qui pouvaient contenir des erreurs et qui n'étaient pas inspirés. Lenormant ne contestait pas l'inspiration des passages ou morceaux qu'il ne croyait pas devoir prendre à la lettre. C'est pourquoi il s'est contredit, jusqu'à un certain point, en

formulant cette proposilion générale* : « Les décisions de rÉglise n'étendent l'inspiration qu'à ce qui intéresse la religion, touche à la foi et aux mœurs, c'est-à-dire seulement aux enseignements surnaturels contenus dans les Ecritures. Pour les autres choses, le caractère humain des écrivains de la Bible se retrouve tout entier. » Newman maintient l'inspiration des parties purement historiques, sauf dans les menus détails, ohiter dicta. Mais il semble ne pas l'étendre aux matières de sciences naturelles, d'astronomie, etc. : « Sous quel rapport les livres canoniques sont-ils inspirés? Ce ne peut être sous tout rapport; sans cela nous serions obligés de croire comme article de foi que la terre est éternellement immobile, terra in œternum stat^ que le ciel est au-dessus de nous et qu'il n'y a pas d'antipodes '^ »

Il faut avouer que ces théories limitent ou paraissent limiter l'objet de l'inspiration d'une manière qui n*est conforme ni à la lettre ni à l'esprit de la tradition ecclésiastique ^ Mais, après cela, quand on voit M. Dausch reprochera Newman de (( n'avoir pas étendu l'inspiration aux vérités de sciences naturelles, physiques, astronomiques, an-

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