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*2. On dira plus loin si cette contradiction a une portée réelle. Tous les faits signalés dans cette partie de l'article ne sont pas k prendre cûinrac des erreurs de la BiJjle, mais comme des données à concilier nvec la doctrine traditionnelle touchant la vérité des Livres siiinLîs.
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gile, Jésus aurait déjà enseigné avant la captivité du Précurseur. Le premier Evangile présente comme ayant eu lieu après la guérison du possédé de Gadara celle du paralytique de Capharnaum, en observant même que Jésus traversa la mer de Galilée pour venir dans sa propre ville, tandis que saint Marc et saint Luc placent la guérison du paralytique longtemps avant celle du possédé. De plus, saint Matthieu amène deux possédés là où saint Marc et saint Luc ne parlent que d'un seul. Les divergences de ce genre sont nombreuses dans les Évangiles.
Il n'est pas jusqu'à certains énoncés doctrinaux qui, si oh les prend à la lettre et sans les compléter ou les corriger par d'autres passages de TÉcriture et par renseignement traditionnel, ne se prêtent facilement à des conclusions erronées. Job, quelques psalmistes, TEcclésiaMe disent, touchant la destinée des hommes après leur mort, des choses qui sont peu en harmonie avec la doctrine d'autres livres plus récents de TAncien Testament et celle du Nouveau relativement à la vie future. Les prophètes annoncent toujours cotnme imminent le règne messianique, et saint Paul, dans ses premières Épîtres, donne clairement à entendre qu'il ne mourra pas avant le retour glorieux du Christ.
A tous ces faits dont Tévidence critique ne réclame pas, en général, d'autre démonstration*, beaucoup
*1. La liste pourrait en être considérablement allongée. On n'a mentionné ici que les plus frappants et les moins contestables.
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juxtaposés à des fragments de vérité divine. En partant des données traditionnelles, il n'y a pas de place pour l'erreur dans la Bible.
Ainsi donc la question biblique, si on la pose et la discute uniquement sur le terrain de la théologie, n'est qu'un problème diflScile, irritant, auquel on apporte des solutions incomplètement vraies, soit que, se fondant sur la tradition ecclésiastique, on nie qu'il y ait des erreurs dans la Bible \ soit que, partant des faits, on affirme la réalité des erreurs. Ceux qui nient paraissent bien être en contradiction avec l'évidence des faits observés. Ceux qui affirment ne savent pas expliquer le témoignage traditionnel, et leurs systèmes d'inspiration limitée n'ont pas la moindre racine dans l'antiquité chrétienne. Resterait à savoir si le point de vue de la tradition était bien celui des théologiens modernes, et s'il n'y aurait pas moyen de concilier la donnée traditionnelle avec la donnée scientifique, sans fausser l'une ou l'autre. Mai*, îvant d'examiner ce sujet, il sera bon de voir c »us .un>autre jour, par un côté peut-être plus actuel, la question biblique.
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*1 . Ou, pour mieux dire, on s'autorise de ce qu'il n'y a pas d'erreur dans la Bible pour nier la réalité des faits précédemment indiqués.
A. LoiSY. — Études bibliques. 10
La question biblique, en effet, n'est pas pour nous un simple thème de discussions théologiques analogue à celui qu'agitent en des sens divers les thomistes et les molinistes. Elle est aussi et d'abord une question d'histoire et de critique historique. Depuis plus d'un siècle, la critique rationaliste et protestante s'est emparée de la Bible, Ta disséquée comme une pièce d'anatomie, en a discuté les origines. Tous les problèmes qu'elle a soulevés se ramènent à un seul, dont l'énoncé diffère notablement de celui qui résume la question biblique pour les théologiens. Il ne s'agit plus de savoir si la Bible contient des erreurs, mais bien de savoir ce que la Bible contient de vérité. « Que vaut la Bible ? » Telle est la question que Texégèse non catholique fait retentir à nos oreilles par un si grand nombre de voix, qu'il n'est plus en notre pouvoir de ne pas l'entendre. Nous devons opposer à la science rationaliste la science catholique de rÉcriture.
S'il est vrai que la saine et complète intelligence des Livres saints, considérés comme source de la
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doctrine révélée, n'existe pas en dehors de l'Eglise catholique, il est vrai aussi que la connaissance scientifique de la Bible peut exister, qu'elle existe et se développe réellement chez « nos frères séparés », comme on disait au xvii^ siècle, en parlant des protestants. Nous insistons volontiers sur les changements et les contradictions qui se manifestent dans les œuvres de l'exégèse protestante et rationaliste. Mais ces changements et ces contradictions ne prouvent pas que nos adversaires soient toujours et tout à fait dans le faux. Des changements désordonnés, des contradictions perpétuelles ne sauraient être la marque de la vérité : une transformation régulière, une rénovation incessante est la condition naturelle de toute science qui n'est pas morte. La science rationaliste traîne partout avec elle l'erreur de son parti pris, la négation étroite du surnaturel. Cependant, si elle a un défaut radical et qui la perdra, à moins qu'elle ne s'en corrige, elle a une qualité indiscutable, c'est qu'elle travaille, et qu'elle suit souvent une méthode meilleure que ses principes philosophiques.
L'histoire du travail critique exécuté sur la Bible par les savants non catholiques ne s'offre pas à nous comme une succession incohérente de systèmes arbitraires, et il y a un certain nombre de conclusions sur lesquelles la critique non catholique ne reviendra probablement jamais, parce que de fortes
raisons portent à les regarder comme acquises à la science. Telles sont les suivantes ' :
Le Pentateuque, en l'état où il nous est parvenu, ne peut pas être l'œuvre de Moïse.
Les premiers chapitres, de la Genèse ne contiennent pas une histoire exacte et réelle des origines de l'humanité.
Tous les livres de l'Ancien Testament et les diverses parties de chaque livre n'ont pas le même (Caractère historique. Tous les livres historiques de l'Ecriture, même ceux du Nouveau Testament, ont été rédigés selon des procédés plus libres que ceux de l'historiographie moderne, et une certaine liberté dans l'interprétation est la conséquence légitime de la liberté qui règne dans la composition.
L'histoire de la doctrine religieuse contenue dans la Bible accuse un développement réel de cette doctrine dans tous les éléments qui la constituent : notion de Dieu, de la destinée humaine, des lois morales.
A peine est-il besoin d'ajouter que, pour l'exégèse indépendante, les Livres saints, en tout ce qui regarde la science de la nature, ne s'élèvent pas au-dessus
* 1. Ces conclusions n'ont pas un caractère théologique. Elles sont l'énoncé de problèmes qui méritent d'être étudiés de très près et qui ne peuvent être résolus a priori, mais par un examen attentif des textes scripturaires, soit pris en eux-mêmes, soit comparés avec les données de la science moderne et de l'histoire profane.