‹ Etudes biographiques pour servir à l'histoire des sciencesChapitre 22 sur 23 · MATTHIEU B0I9AF0US · texte numérisé non relu

MATTHIEU B0I9AF0US

'celle de Fodéré; vie pure et active^ toute dévouée à m^ sainte et noble cause : celle de la civilisation par l'étude. Il avait compris que^ pour s^^vir utilement les honunes^ il faut souvent faire violenceà leurs préjugés, à leur apathie, et savoir joindre avec habileté les secours à Texemple, et les conseils aux bienfaits.

M. Bonafous était venu passer Fhiver à Parispour donner ses soins à deux publications importantes. L'une était la Monographie du riz, qui devait faire pendant à sa magnifique histoire du maïs ; Tautre était le catalogue de sa Bibliothèque sérieicole, dont l'impression était presque achevée. Ces deux ouvrages allaient être terminés, lorsque, dansla soirée du 22 mars (i852),M. Bonafous éprouva une indisposition subite qui parut d'abord sans gravité. Son ami, le docteur Prunelle et H. Félix Rassat ne le quittèrent qu'au milieu de la nuit. Le lendemain, à cinq heures, il s'éveillait en proie à un accès de fièvre pernicieuse des plus violents, compliqué d'accidents nerveux, et, malgré les secours les plus habiles, les plus actifs, le même jour, avant midi, Matthieu Bonafous n'existait plus.

Cette mort si rapide et si prématurée fut un profond sujet de deuil, non-seulement pour sa famille et pour ses amis, mais aussi pour la science, pour les lettres, surtout pour tant de malheureux dont H. Bonafous était comme une seconde providence. Ce douloureux sentiment se manifesta aussitôt, à Paris, dans le sein des Sociétés savantes auxquelles il appartenait, et dans sa ville natale, où sa famille prit soin de ramener sa cendre, pour la faire reposer, selon ses vœux, près de celle d'un frère qu'il avait tendrement aimé. La ville de Turin, par de splendides funérailles, lui rendit un digne et solennel hommage,

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^on éloge. Cette famille médicale existe encore dans le pays. Mat* thien Bonafous avait aussi dans le département de IHéranlt des parents dont, suivant M. d'Hombres Firmas, il parlait de se rapprocher.

(B)On sait que Franklin, poar montrer refflcadté dn solfate de chaux, comme engrais dans certaines terres, eut l'idée d'écrire ayec du plâtre en poudre sur un champ nouvellement ensemencé : Ceci o été couvert ék plâtré* Au bout de quelques mois, la végétation plus vigoureuse des parties ainsi recouvertes permettait de lire distinctement ces mota des hauteurs qu) dominaient la plaine. On comprend combien un pareil exemple dut agir sur l'esprit des cultivateurs.

(Ç) Le mais» dont le nom appartient à la langue d'Haïti, était la base de la nourriture des Américains, quand les Espagnols alx^rdèrent le nouveau continent. Apporté en Europe dans la première moitié du seixième siècle, il se répandit rapidement en Italie eC dans nos provinces méridionales, dont 11 contribua à enrichir et à étendre la popuUition. A la même époque, il était décrit par les auteurs chinois, ce qui peut faire croire qu'il est également originaire de la Chine. C'est sans doute le mais qui nous est parvenu de cette source par les croisés et les Arabes, qui a fait donner à cette céréale le nom de blé de Turquie.

(D) « La Chine, dit M. Bonafous dans cette remarquable préface, n'est pas seule à posséder avec l'Inde et la Perse des méthodes suseeptibles d'Intéresser la plus riche industrie des peuples occidentaux. A quelque distance de la côte orientale de l'Empire du milieu, il existe une vaste contrée où la culture de la soie n'est ni moins prospère ni moins honorée. Peuplée de quarante millions d'habitants, aussi civilisés et doués de plus d'intelligence que toutes les nations asiatiques qui les environnent, cette contrée est le Japon, le Jt-pés des Chinois, le Berceau du soleil.

» Isolé au milieu des mers et gouverné, depuis deux mille ans, par des lois d'intolérance et de haine envers les étrangers, l'archipel Japonais s'est déclaré, il y a deux siècles, inaccessible à toutes les nations européennes, les Hollandais exceptés. Ceux-ci, de même que les Coréens et les Chinois, dépossédés de leurs voiles et de leurs armes, vivent comme des prisonniers d'État, dans une Oe dépen- ^dante de la ville de Nangasaki, la petite ile de Dezima, où ils ne voient que les interprètes japonais, obligés, par un serment solennel.

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de garder le silence sur les affaires du pays. Là, nul étranger ne peut diriger une lettre quelconque hors du quartier oi!^ il est relégué, sans en remettre une copie à l'autorité locale ; là, toute lettre provenant de l'intérieur est ouverte avant d'arriver à sa destination. Tout individu qui fraude la douane est décapité ou. mis en croix. Les naturels mêmes, depuis Tanéantissement du culte chrétien et rexpulsion des Portugais, ne peuvent, sous peine de mort, s'éloi* gner du sol natal. Tout habitant jeté par une tempête sur une terre étrangère, s'il rentre dans sa patrie, est soumis à une surveillance lyrannique ou détenu pour le reste de ses jours. Les fonctionnaires dePÉtat, dans leurs rapports diplomatiques avec les gouvernements européens, ne font usage que de la langue hollandaise, de peur que les étrangers ne se familiarisent avec la langue japonaise.

« Un savant allemand, M. de Siebold, chargé par le gouvernement colonial de Batavia de réunir tout ce qu'il pourrait trouver de relatif à l'histoire sociale, physique et naturelle de l'archipel japonais, est de tous les voyageurs celui qui, jusqu'à ce jour, a exploré avec le plus de succès ces îles inhospitalières. Les événements politiques qui ont ouvert récemment les abords du Céleste-Empire firent croire que les Japonais finiraient par diminuer la rigueur de leui-s lois répulsives, et que la civilisation occidentale pénétrerait dans leur territoire sous la forme du ex)mmerce et de l'industrie ; mais, quelles que soient les tentatives des Hollandais, des Anglais, des Portugais, des Russes et de plusieurs autres nations, rien n'a pu déterminer l'empereur du Japon à laisser pénétrer les étrangers dans ses États. Séparé du reste du monde par les mers dangereuses qui baignent ses rives et par les lois immuables qui en défendent l'entrée, l'empire du Japon veut à tout prix perpétuer son système d'isolement. Le seul moyen de percer l'obscurité qui enveloppe encore une contrée aussi difficile à explorer est de ravir sans scrupule aux Japonais les écrits spéciaux que ces peuples possèdent sur maintes branches de lemr savoir. »

(E) Je dois à l'obligeance amicale de M. le docteur Fée, ami particulier de M. Bonafous, un renseignement que je ne dois pas laisser échapper. Trois mois avant sa mort, M. Bonafous avait montré à M. Fée le projet d'un prix à décerner Au meiUeur moyen d*ahattre les animaux domestiques sans les faire souffrir, M. Fée ajoute : « Nul homme n'avait le cœur plus tendre : toutes les souffrances, de quelque part qu'elles vinssent, le touchaient vivement. »

(F) Son grand'père était mort à Saint-Jean>de-Manrienne, en 1770,

au moment où il s'orcupait d*y fonder une manufacture pour procurer du travail à la population. Ses cendres reposent encore dans la principale église de cette ville.

(G) Plusieurs discours furent prononcés dans ces diverses cérémonies, où se pressait un nombreux concours d'amis et de savants ; à Lyon, par M. la docteur Fraisse, parent de M. Bonafous, secrétaire général de l'Académie, et par M. Saint-Clair Duport, président de la Société d'agriculture. A Paris, M. Robinet publia une notice pleine d'intérêt dans le Bulletin de la Société centrale d'agriculture. Parmi les éloges prononcés dans le sein des Sociétés savantes, nous devons citer ceux de M. ^ d'Hombres Firmas, à la Société d'agriculture de l'Hérault ; de M. Despine, à la Société d'agriculture de Turin, et de M. Bouchard, à la Société d'horticulture de Paris.

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