FIÈVRES PALUSTRES
l'entourage du malade, on se lance hardiment vers l'hypothèse d'un accès pernicieux : tel est mort rapidement dans le coma, lièvre pernicieuse comateuse; tel autre dans le délire, fièvre pernicieuse délirante ; on est aussi prodigue, au besoin, des formes algide, pneumonique, cholérique, de celles qui constituent des raretés môme dans les pays à fièvres. Cependant on a pu voir, par le tableau si restreint des accidents advenus à mes malades, dont cependant l'intoxication n'était pas douteuse, combien sont rares à Paris ces phénomènes effrayants qui constituent un accès pernicieux. II est bien probable que certaines affections, nouvellement ou peu connues, l'urémie, l'ictère grave, les obstructions artérielles, etc., ont maintes fois entraîné une terminaison fatale gratuitement attribuée à l'infection palustre, même chez des individus dont aucun antécédent ne prouvait qu'ils eussent subi cette dernière influence.
Chose singulière, les praticiens qui formulent ces diagnostics sont ceux-là précisément qui parfois reprochent à leurs confrères de l'armée une trop grande tendance avoir partout des fièvres à quinquina. C'est devenu chose banale de taxer les médecins militaires d'une prétendue prodigalité dans l'administration du sulfate de quinine; ce n'est pas cependant dans les hôpitaux de l'armée que l'on a poussé jusqu'à dose toxique l'emploi de ce précieux fébrifuge. .