‹ Études cliniques de médecine militaireChapitre 26 sur 37 · ALBUMINURIE · texte numérisé non relu

ALBUMINURIE

atteint d'albuminurie aiguë, mort d'urémie, et dont l'observation est, à d'autres titres, trop remarquable pour que je ne 'a relate pas complètement ici.

Observation XLIII. — Urémie; développement rapide de l'amaurose albuminurique ; autopsie.

Le 28 septembre 1863, je prenais le service confié auparavant à mon savant collègue et ami M. Arnould.

A celte époque se trouvai! couché, salle 25, n" 42, un malade sur lequel M. Arnould voulut bien me donner des renseignements dont voici le résumé :

X...,infirmier militaire, candidatà l'École polytechnique, venait de terminer ses examens d'admission à cette école quand il ressentit quelques symptômes d'embarras gastrique, nausées, céphalalgie, courbature, que l'on pouvait rapporter au surcroît de travail et de préoccupation auquel avait dûse livrer cejeune homme.

Il y avait quatre jours que durait ce malaise lorsqu'un matin, le 30 août, après plusieurs vomissements, X... est pris de convulsions pour lesquelles il entre à l'hôpital (salle 23, n» 42).

Ces convulsions se répétèrent plusieurs fois dans la journée; je ne puis mieux les caractériser que par la description de M. Arnould :

« A ma première visite (31 août), j'avais à peine vu quelques hts, que les mfirmiers du service m'avertissent que les convulsions de X... recommençaient ; je vais à son lit : le malade avait la face violacée, les yeux convulsés ; une sueur froide couvrait la peau ; les membres avaient des alternatives de roideur et de relâchement, surtout du côté droit; l'insensibiUté était complète; la respiration était devenue un stertor bruyant ; il y avait une écume sanguinolente aux lèvres; en soulevant les paupières on s'apercevait que la pupille avait des alternatives singulières de contraction et d'extrême dilatation. Je voulus rester près du malade après l'accès convulsif (qui avait duré quatre ou cinq minutes) afin de faire constater aux stagiaires les phénomènes remarquables qui terminent l'accès ordinaire d'épilepsie

« Je ne lardai pas à m'apercevoir que la connaissance ne revenait nullement, que la sensibilité restait extrêmement obscure, et que de temps à autre une convulsion très-courte et par-

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tielle (grincement de dents, soubresauts des tendons) venait troubler l'état de résolution.

« Yingl minutes après j'assistai à la reproduction complète du môme spectacle; les infirmiers m'apprirent alors que cet accès était le sixième ou le septième de la matinée. »

Pendant la journée, des convulsions se reproduisent toutes les demi-heures : y avait-il méningite? y avait-il une hémorrhagie méningée ? y avait-il même empoisonnement ? (24 sangsues aux apophyses niastoïdes.)

Le 1" septembre, les accès convulsifs ont diminué pendant la nuit; résolution générale; léger retour de la sensibihté, mais la perte de connaissance est encore absolue.

Cet état semblait être le prélude d'un coma plus complet ; mais, au contraire, la connaissance revient peu à peu ; l'état général s'améliore au point que le 5 septembre il n'y avait plus qu'un grand accablement général ; le malade exprime lui-môme sa préoccupation sur son état ; il reçoit quelques aliments.

C'est à cette époque, vers le 6 septembre, que M. Arnould apprend du malade que sa vue est un peu altérée, qu'il confond, par exemple, les cercles avec les carrés. Alors aussi existe une bouffissure des paupières qui engage à examiner les urines, qui donnent, par l'acide nitrique, un coagulum albumineux abondant et assez dense. Ou constate, en môme temps, une douleur assez vive par la pression des régions rénales. Le microscope révèle dans l'urine la présence d'une grande quantité de cristaux d'acide urique, de cylindres fibrineux moulés sur les tubuli du rein, et quelques fragments d'épilhélium rénal. Ces urines sont rares (200 à 300 grammes par jour), et l'urée est réduite au tiers de sa proportion normale.

Le 12 septembre, le malade, qui les jours précédents avait vomi à plusieurs reprises, éprouve de nouveau des convulsions identiques avec celles du début, mais beaucoup moins rapprochées.

Le calme revient peu à peu ; le malade reprend des aliments et commence à se lever.

A l'époque où M. Arnould me cédait le service, le 28 septembre, le malade était pale, anémique, assez amaigri; la moindre fatigue donnait lieu à des palpitations avec anxiété précordiale. Il n'existe uucunu trace d'œdème, soit de la face, soit des extrc-

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