II. Théorie de la certitude de Vinduction
S. Thomas fait dériver cette certitude de la perception de l'essence des choses ou de l'intelligence de leur définition (p. 73, 74). — Scot cherche à établir le fondement de cette certitude (p. 75). — Gomment il explique la certitude des premiers principes et des conclusions qu'on en tire (p. 76, 77), — des lois expérimentales (p. 77-80), — des états de conscience (p. 80), — et des perceptions extérieures (p. 80, 81).
Originalité et portée de ces vues de Duns Scot (p. 82).
Deux théories à examiner dans S. Thomas et dans Duns Scot, avant d'étudier leurs enseignements sur l'objet de l'entendement; 1° leur théorie delà constitution substantielle des corps et 2° leur théorie de la part qui appartient au sujet et à l'objet dans la connaissance.
I. Résumé de la doctrine de S. Thomas sur la constitution des corps et sur le principe d'individuation (p. 83-87). — Opinions de Duns Scot sur les mêmes questions (p. 87) .
II. Part qui appartient au sujet connaissant et à l'objet connu dans la connaissance (p. 88).
Doctrine de S. Thomas : Information de la puissance ou du sujet par les espèces sensibles ou intelligibles qui représentent l'objet (p. 88-94).
Doctrine de Duns Scot : la puissance n'est pas informée par les espèces ; mais la connaissance est produite par la puissance et l'espèce agissant ensemble comme deux causes d'ordre différent ; la principale de ces causes est la puissance (p. 92-97).
Appréciation de la théorie de Scot : elle tient une sorte de milieu entre le subjectivisme de Kant et l'objectivisme de S. Thomas; elle affirme, mais n'explique pas l'union du sujet et de l'objet (p. 98-100).
Examen des reproches adressés à la théorie de S. Thomas par Duns Scot (p. 100).
Que S. Thomas explique l'objectivation de la connaissance (p. 100- 103) ; — qu'il accorde un champ illimité à notre entendement (p. 104, 105) ; — qu'il ne méconnaît pas le rôle de l'attention dans la connaissance (p. 105, 106).
La théorie de S. Thomas est à la fois plus complète et plus profonde que celle de Duns Scot (p. 107).
L'objet propre de notre connaissance intellectuelle, suivant S. Thomas d'Aquin.
L'objet propre de l'entendement humain ici-bas, c'est, suivant S. Thomas d'Aquin, l'essence des choses matérielles (p. 107).
1» Cet objet, c'est l'essence de^i choses matérielles. Notre connaissance intellectuelle étant toujours précédée de connaissances sensitives et accompagnée d'images sensibles ou fantômes, il faut admettre que c'est des choses matérielles que notre entendement tire l'objet de tous ses concepts (p. 109, 110).
2° Cet objet, c'est l'essence des choses matérielles, c'est-à-dire, non pas ce qui est sensible en elles, mais ce qui enti'e nécessairement dans leur constitution spécifique, ce qui est l'objet de leur définition (p. 110, 111).
Ni les substances concrètes (p. 112, 113), ni les causes concrètes et particulières connues empiriquement (p. 114, 115), ni les dimensions et la localisation des corps (p. 116), ni la date de nos concepts (p. 117) ne sont saisies directement par l'entendement ; ils sont l'objet propre de nos puissances sensitives (p. 117).
Existence et objet de la mémoire intellectuelle (p. 117, 118). — L'acte d'envisager un concept comme passé^ est le fait de la mémoire sensitive (p. 119).
L'objet de l'entendement doit être dépouillé par l'abstraction de tout élément étendu, tempoi'el et particulier (p. 120). — Universalité d/' cet objet. Conséquences de cette universalité (p. 121-123). — Nécessité de tout ce qui entre dans cet objet (p. 124, 125). — Garactèi-e universel et absolu des définitions qui expriment nos concepts (p. 126). — Comment les définitions équivalent à des démonstrations et renferment les premiers principes (p. 127-131). — Comment nos concepts contiennent nos jugements (p. 132). — . Qu'il n'y a rien de commun entre l'objet des facultés sensitives et l'objet de l'entendement (p. 134). — Comment se produit la connaissance intellectuelle (p. 134-137).
3» C'est par leui*s rapports avec l'essence des choses matérielles que notre entendement peut connaître soit les choses contingentes (p 138), soit lui-même (p. 139), soit Dieu (p. 140).
Théorie de Duns Scot sur l'objet de notre entendement. On étudie en particulier sa doctrine sur notre connaissance du singulier et les objections qu'il fait au système de S. Thomas d Aquin.
Résumé de la doctrine de S. Thomas d'Aquin vP- 141). — Duns Scot la contredit et affirme que l'objet direct de rcntoudomcnt c'est tout être
le singulier aussi bien que l'universel, Dieu et les anges, aussi bien que l'essence des choses matérielles (p. 142-144).
Sa théorie sur la connaissance directe du sinçjulier par V entendement (p. 144). — Preuves qu'il en donne (p. 144-146). — Difficultés dans lesquelles elle le jette (p. 146-149).
Faits que Duns Scot oppose à la doctrine de S. Thomas (p. 150).
l^"' fait. L'entendement abstrait l'universel des données sensibles et particulières ; donc il les connaît (p. 150). — Réponse. La conscience est une ; mais les actes qui y entrent sont complexes ; ils sont aussi produits par des facultés différentes ; les données sensibles et le concept qui en est abstrait appartiennent à la même conscience ; mais les données sensibles sont connues par l'imagination et les sens, non par l'entendement qui produit le concept (p. 150-156).
2« fait. L'induction part de données particulières ; il faut donc que l'entendement qui induit les saisisse directement (p. 157). — Réponse. Lorsque l'entendement fait une induction, il considère les données particulières comme soumises à des lois universelles ; il connaît donc le particulier dans ses rapports avec l'universel, c'est-à-dire indirectement (p. 157-160).
3" fait. L'entendement compare l'universel au singulier; donc il connaît le singulier (p. 160). — Réponse. Il le connaît sans doute, mais indirectement et par ses rapports avec l'universel (p. 160).
4» et 5« faits. Nous revenons par la réflexion sur notre connaissance du singulier ; nous revenons par la mémoire sur nos actes d'intellection ; donc l'entendement saisit directement le singulier (p. 161). — Réponse. La réflexion sur nos connaissances sensitives peut être le fait des sens intérieurs et de la cogitative. Pour le singulier immatériel, il est l'objet de l'entendement (p. 162-163).
Objection que Duns Scot tire de la parole. — Théorie delà parole d'après les principes de S. Thomas d'Aquin.
6* fait objecté par Duns Scot. La parole exprime le singulier aussi bien que l'universel ; or la parole n'exprime que ce qui est saisi par l'entendement et comme il le saisit ; donc l'entendement saisit directement le singulier (p. 163-164). — Réponse. La parole exprime les données saisies par notre cogitative et nos sens, aussi bien que les données saisies par notre entendement (p. 164). Pour justifier cette réponse, il est nécessaire d'exposer une théorie de la parole, conforme aux principes posés par S. Thomas d'Aquin (p. 165).
1° La parole considérée matériellement, remplit vis-à-vis de nos concepts et de nos jugements intellectuels, le même rôle que les fantômes dont nous avons si souvent parlé (p. 165).
La parole exprime nos conceptions (p. 166, 167). La parole intérieure, formée de conceptions, la pai'ole de l'imagination, formée de
fantômes, et la parole extérieure formée de sons articulés, suivant S. Thomas (p. 167). — Nécessité d'introduire une distinction entre les fantômes - tableaux qui représentent directement les objets et les fantômes-signes qui représentent les mots ou les signes désignant les objets ("p. lGb-169j. — Fonctions que la parole extérieure et les fantômes-signes remplissent vis-à vis de l'entendement (p. 166-178).
2" La parole entendue dans son sens complet exprime des concepts universels et des jugements absolus (p . 178),
C'est sous ce rapport que l'envisagent les logiciens (p. 179). On peut l'envisager sous d'autres rapports avec les psychologues (p . 180) .
3o En fait, la parole sert souvent à manifester des données perçues par notre cogitative et par nos puissances sensitives {p . 180).
Preuves : [a. Les enfants parlent avant de posséder l'usage de la raison et en se servant de leur cogitative (p. 180-185). Ils se développent en formant successivement leurs connaissances sensitives du monde extérieur (p. 185), leur cogitative (p. 186) et leur raison universelle (p. 187;. Avant l'âge de raison, ils ne saisissent pas tout le sens des paroles dont ils se servent (p. 188).
[b. Il en est de même des adultes privés de raison ou inattentifs (p. 188) et de ceux qui écoutent ou disent des choses au-dessus de leur portée (p. 189).
Conclusion (p. 189-190).
Application de cette théorie ;
1<'"- Problème. Le langage humain a-t-il un caractère intellectuel ou un caractère concret? (p. 91) — Réponse. Comme il subit plus ou moins l'influence de tous ceux qui le parient, il ofl're toujours en même temps, bien qu'à des degrés divers, ces deux caractères (p. 191-195).
2" Problème. L'homme aurait-il pu développer sa raison, sans une langue préalablement formée? (p. 195, 196). — Réponse. L'entendement ne saurait s'exercer que sur des données pi'éparées par la cogitative, et la cogitative ne peut être sufflsamment éduquée que par une parole intelligente ; par conséquent par une parole venue du dehors, et à l'aide d'une langue préalablement formée (p. 196-198).
Pourquoi nous avons dû insister sur cette théorie de la parole (p. 198) . Qu'elle résout toutes les difficultés que Duns Scot opposait à la doctrine de S. Thomas d'Aquin (p. 198, 199).
Fin du tomk premier
Imp. G. SaiDl-Aubia et Tlievenot, Saint-Dizicr (Hte-Marne). 30, Pass.ige Verdeau. Parie.
B 765 .T54 V32 1891 v.l SMC
Vacant, Alfred,
philosophie de S. Thomas d'A