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J'ai laissé à ces notes leur forme originaire et plusieurs fois l'ampleur de l'exposition orale, pour les tenir à la portée des élèves qui ont été associés au travail lui-même; et, s'il faut faire toute ma confession, je me suis flatté d'attirer, autant que mes forces et ma santé me permettront de le poursuivre, autour de cet enseignement d’une forme nouvelle, un auditoire sporadique de jeunes gens studieux et suffisamment préparés par leurs études antérieures, qui me dédommage de l’éloignement où les circonstances me tiennent de celui où se concentraient mes efforts, et où s’exerçait avec amour mon activité pédagogique.
Parmi les principaux instruments que J'ai eus à ma disposition dans ce travail, je dois mentionner, en première ligne, l'édition posthume de God. Hermann. Une main pieuse et hautement capable a exécuté ce dernier legs du grand helléniste avec un soin, je dirai avec une perfection qui inspire la plus grande confiance dans l’emploi de cet appareil critique. Trop éloigné moi-même de la source originale des manuscrits, J'ai puisé dans le commentaire qui accompagne cette édition, les principales données de la tradition relative à la constitution du texte d'Eschyle. J'ai eu sans cesse cette édition sous les yeux, et, tout en employant les précautions nécessaires pour que ces études puissent
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être suivies avec toute autre édition des Perses, j'ai conservé, dans mes citations, la numération des vers de son texte, d'autant plus que cette édition se trouve dans la plupart des bibliothèques.
La grande édition de Pauw, Aeschyli Tragoediae, ἃ vol. 40, Hagae Comitum 1745, accompagnée des scolies, du commentaire et de la version latine de Stanley, avec les notes de Robortello, Turnèbe, H. Estienne, Canter, m'a fourni les résultats de l’ancienne philologie.
J'ai fait un fréquent usage du commentaire de Schütz, Aeschyli Tragoediae, en quatre volumes, Halae 1811, et du volume des scolies grecques qui en fait partie. Je lui dois, entre autres, les citations que J'ai pu faire des interprétations de Brunck, d’Abresch et de Heath.
L'édition critique de Wellauer et celle de Blomfield, avec ses notes et son glossaire, l’une et l’autre de lan 1893, Lips.
J'ai eu plusieurs fois égard aux conjectures et aux interprétations données par les deux monographies :
Aeschylos, die Perser, griechisch mit Anmerkungen, von Gottlieb-Carl-Wilhelm Schneider, Leipzig 1837;
Aeschylos Perser, griechisch mit prüfenden und erklaerenden Anmerkungen, von J.-A. Hartung, Leip- 218 1853;
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Enfin, et surtout, à la dernière récension de Dindorf: Aeschyli Tragoediae, recognovit et praefatus est Guilielmus Dindorfius, Lipsiae 1865.
Mon cours était terminé, et j'étais occupé du soin de réunir ces extraits, quand m'est parvenu limportant ouvrage de M. Frédéric Heimsoeth : Die Wiederherstellung der Dramen des Aeschylus. Die Quellen als Einleitung zu eimer neuen Recension des Aeschylus. Bonn 1861 ; avec le complément : Die indirecte Ueberlieferung des aeschylischen Textes, zugleich em Bericht über die aeschylischen Handschriften in Deutschland,
Bonn 1862. De pareils titres promettaient beaucoup,
et je me suis appliqué, avec une grande avidité, à prendre connaissance de cet important travail. L’auteur, ayant cru reconnaître dans la masse des annotations, marginales et interlinéaires, qui accompagnent les manuscrits, des interprétations de textes antérieurs à celui des manuscrits qui nous transmettent ces anciens commentaires, y ἃ vu des {émoignages de leçons plus anciennes, qui doivent augmenter considérablement notre appareil critique. Cette habitude des copistes et des libraires d'utiliser les marges et les interlignes, pour y transcrire les annotations d'anciens commentateurs et grammairiens, rappellerait nos éditions cum notis Variorum, et serait commune à plusieurs de nos manuscrits des auteurs grecs et latins, surtout des poëtes. Les gloses du Mediceus, générale-
ment plus concises et plus sommaires, avaient été assez habituellement considérées comme l’original de ces commentaires, et celles des manuscrits, d’une date relativement bien postérieure, avaient moins attiré l'attention de la critique, parce que ces indices étaient comme enfouis dans un amas indigeste de matériaux, d'autant plus informes qu'ils nous étaient transmis par des mains moins capables. C’est dans une couche plus profonde que M. Heimsoeth a cru trouver les témoignages de ce qu'il appelle /a tradition indirecte, et 1] espère donner, dans les produits fossiles de ses recherches, un complément important à notre appareil critique. Il annonce vouloir continuer ses fouilles dans les bibliothèques étrangères. Il est incontestable que cet ouvrage a donné une impulsion nouvelle à la critique, et la mine, qu’il ἃ ouverte, peut produire des richesses que n’épuise pas la main d’un seul homme, füt-1l de la force et eût-il la science de M. Heimsoeth; car, d’une part, la tradition dans cette forme demande à être complétée et contrôlée pour être fixée dans des leçons précises, et, d'autre part, les leçons relativement plus anciennes ne sont pas nécessairement d’une valeur absolument supérieure; enfin, il y a à se mettre en garde contre les entrainements et les séductions que peuvent présenter le paradoxe et l’hétérodoxie. En attendant, j'ai reproduit les échantillons de ce travail qui entraient dans le cadre de mes notes sur le texte des Perses. τ
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C'est plus récemment encore que m'est parvenue l'édition publiée par M. Teuffel, professeur à l’université de Tubingue : Aeschylos Perser erklaert von W.-S. Teuffel, Leipz., 1866. Cette excellente édition, à l’usage des lectures dans les gymnases et dans les universités, est très-commode, et j'ai regretté de ne pas lavoir connue plus tôt pour la mettre entre les mains de mes étudiants : elle fait naître le désir de voir l’auteur travailler, sur le même plan, les autres pièces d'Eschyle, pour le même usage. Sans être une édition critique, elle est parfaitement à la hauteur de tous les travaux faits jusqu'ici sur le texte et sur l’interprétation du poëte. Elle est précédée d’une introduction, sobre comme son commentaire, qui touche à tous les points, en indiquant toutes les monographies qui ont traité les questions qui doivent faire l’objet d’une Introduction.
L'édition des Perses, par laquelle M. Weil, professeur à la Faculté des lettres de Besançon, vient de compléter son édition d'Eschyle, m'a été adressée trop tard pour que j'aie pu en profiter dans ces Etudes.
La nature de ces extraits ne m'appelle pas à m'’arrêter ici à toutes les questions qui font l’objet d’une introduction proprement dite. Il est cependant un point qui intéresse directement l’exégèse, et même,
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dans une certaine mesure, la critique du texte luimême. Il importe à l'interprète de s’élever à l'idéal sur lequel l’auteur ἃ eu sans cesse les yeux; de s'être rendu compte de l’idée inspiratrice qui a présidé à la composition, et du plan dans lequel cette idée s’est réalisée. Ces deux facteurs ne sont pas nécessairement identiques. Le premier est directement un effet de l’inspiration ; le second est le produit des combinaisons de Part.
On verra, par plusieurs exemples, que J'ai toujours été préoccupé de ce point de vue synthétique. L’examen de cette question sera l’objet de mon premier extra.
1. Quel est donc le but que le poëte s’est proposé dans cette œuvre ?
2. Quel est le plan dans lequel il ἃ cherché à atteindre ce but ?
Il serait d'un grand intérêt de s'élever plus haut encore, et de saisir ce but dans l’idée qui a présidé à l'ensemble de la trilogie.
Mais les tentatives de reconstruction de la grande composition trilogique, dont les Perses étaient la pièce médiane, n’ont point abouti à un résultat proprement scientifique. Elles ne reposent guère que sur la base de la didascalie contenue dans l’Argument du Mediceus : sous l’archontat de Ménon, Eschyle remporta la victoire avec le Phinée, les Perses et le Glaucus de