‹ Études critiquesChapitre 13 sur 74 · Paris, A. Fontemoing, 1902, p · texte numérisé non relu

Paris, A. Fontemoing, 1902, p

sans doute par Fontaine, secrétaire de M. de Saci; comment il est assuré que les propos attribués à Pascal ont été fixés par l'écriture de sa propre main : soit qu'il ait parlé sur des notes préparées à l'avance, soit qu'il ait rédigé après coup son discours. Cet Entretien^ Fontaine l'inséra dans ses Mémoires jjour servir à l'histoire de Port-Royal, qui ne devaient être imprimés qu'en 1736, vingt-sept ans après la mort de leur auteur, soixante-quatorze ans après la mort de Pascal. Dans l'intervalle, et dès le XVII* siècle, YEntretien s'est-il répandu sous la forme de copies manuscrites dans le monde janséniste? Nous l'ignorons. Telle des copies du xviii'^ siècle qui nous sont parvenues provient-elle, comme plusieurs le croient, d'une autre source que les Mémoires de Fontaine? C'est une question que la présente étude pourra résoudre.

Nous connaissons de notre texte cinq copies manuscrites et deux éditions anciennes, savoir :

G. C'est la copie que M. A. Gazier a décrite et publiée dans la Revue d'histoire littéraire de la France^ 1895, p. 372 ss. Il estime qu'elle a été établie en 1720, au plus tard. Elle se distingue de toutes les autres en ce qu' « elle ne se donne pas pour extraite des Mémoires de Fontaine » ; elle réduit au minimum le rôle de M. de Saci : d'où la présomption, selon M. Gazier, que « Fontaine, secrétaire et ami de M. de Saci, ne se sera pas résigné à lui assigner un rôle aussi effacé », et donc

que les paroles que lui prêtent les autres textes pourraient n'être que des interpolations tardives du pieux secrétaire.

M. Cette lettre désignera une copie des Mémoires de Fontaine, en deux volumes conservés à la Bibliothèque Mazarine sous les numéros 2465 et 2466 (ancien 2980). Ernest Havet en a tiré grand profit pour ses dernières éditions de notre texte. Une préface, inédite, croyons-nous, et signée f, E, M, R, A. Expr, donne la date du manuscrit : 1730. Nous en extrayons ces lignes : « Ce fut à Melun que M. Fontaine composa cet ouvrage : il chercha, pour éviter la persécution, une retraite dans cette ville où il a passé les douze dernières années de sa vie dans une solitude aussi profonde que s'il eût été dans une prison... Ce précieux manuscrit, que M. Fontaine laissa en mourant à son hôte et à son hôtesse en reconnaissance des bons offices qu'il en avait reçus, fut communiqué à une dame religieuse de la ville qui, étant capable d'en juger par ses propres lumières et par sa solide piété, le trouva si beau et si intéressant qu'elle s'appliqua tout entière à le transcrire, aux dépens même de sa santé. Cette dame, qui m'est proche parente, et dont le Seigneur a couronné depuis peu les mérites par la mort des justes, a eu la bonté de me le confier, et m'a laissé tout le temps nécessaire pour le faire copier. La Providence a voulu qu'il se soit trouvé des personnes assez zélées pour me

prêter le secours de leurs plumes S et j*ai maintenant la joie et la consolation de voir finir un ouvrage qui était commencé depuis plus de quinze mois. »

J. C'est un second manuscrit, non daté, des Mémoires de Fontaine. Il appartient à M. A, Gazier. M. Gazier, dont Fextrême obligeance sert aussi bien que ses beaux travaux la gloire de Port-Royal et de Pascal, m'a fait l'honneur de me le confier. Il en avait jadis communiqué à Havet les principales leçons.

P. Il a paru en 1897, chez Ernest Leroux, une réimpression de l'édition des Pensées de Pascal jadis donnée par Prosper Faugère. Comme M. Brunschvicg a bien voulu m'en avertir, Térudit qui a procuré cette édition posthume a décrit, aux pages 469 ss. du tome I, un manuscrit des Mémoires de Fontaine que possédait Faugère, et a imprimé V Entretien d'après ce manuscrit.

B. Sainte-Beuve parle dans son Port-Royal (liv. III, chap. i) d'un manuscrit à lui appartenant des Mémoires de Fontaine ^. Or toute la collection d'imprimés et de manuscrits relatifs à Port-Royal

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