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Bartram avait compté sans Chateaubriand

LES SOURCES 2ÎSi

La vénération des Musco- ... Ces peuples agissent gulges pour le Mico est comme si leur chef, en restant extrême. Si un jeune homme invisible, avait Tœil ouvert est tenté de faire une chose sur toutes leurs actions, déshonnête, son compagnon lui dit : « Prends garde, le « Mico te voit » ; le jeune homme s'arrête : c'est Faction du despotisme invisible de la vertu.

Voyage, p. 242 (Le Mico a la disposition du grenier public) = Bartram, t. II, p. 385 (Dublin, 494). Par contre, Barlram ne sait rien dire des attributions du Sénat, — Voyage, p. 243-4 (Histoire des Muscogulges) = Bartram, passim (voir, par exemple, Bartram, t. II, p. 208-9).

,, ^,, Bartram, t. I, p. 321

Voyage, p. 244. ^^^^^.^^ p • fg^^

Le serf [chez les Musco- Chez les Greeks, les esclaves

gulges] est logé, vêtu et nourri des deux sexes ont la permis-

commc ses maîtres. S'il se sion de se marier entre eux;

marie, ses enfants sont libres; les enfants sont libres et con-

ils rentrent dans leur droit sidérés, à tous égards, comme

naturel par la naissance. Le égaux aux autres habitants, malheur du père et de la mère En observant ces esclaves,

ne passe point à leur posté- on reconnaît au premier coup

rite; les Muscogulges n'ont d'œil, dans leur maintien, dans

point voulu que la servitude leurs manières, la prodigieuse

fût héréditaire : belle leçon différence qu'il y a de l'escla-

que les Sauvages ont donnée vage à la liberté... L'Indien

aux hommes civilisés ! libre est actif, audacieux, tur-

Tel est néanmoins l'escla- bulent. Les serfs sont les

vage : quelle que soit sa dou- hommes les plus soumis, les

ceur, il dégrade les vertus. Le plus dégradés qu'on puisse

Muscogulge, hardi, bruyant, voir. Doux, humbles et souples,

impétueux, supportant à peine ils semblent n'avoir de force

la moindre contradiction, est ni de volonté que pour obéir à

servi par le Yamase, timide, leurs maîtres... silencieux, patient, abject.

Voyage, p. 245-7. Bartram, t. Il, p. 137-9

^ ^ ' ^ (Dublin, 452-3).

Les villages muscogulges Dans les villages musco-

sont bâtis d'une manière par- gulges, la grande place publi-

ticulière : chaque famille a que est ordinairement isolée

presque toujours quatre mai- au centre et dans la partie la

sons ou quatre cabanes pa- plus élevée de la ville. Elle

reilles *. Ces quatre cabanes se est composée de quatre corps

font face les unes au^x autres, de logis, formant quatre mai-

et forment entre elles une cour sons d'un seul étage , de

carrée d'environ un demi-ar- dimensions absolument pa-

pent : on entre dans cette cour reilles. Ils sont disposés de

par les quatre angles. Les manière à former un carré

cabanes construites en plan- parfait d'un demi - acre de

ches, sont enduites en dehors terre;., à chaque encoignure

et en dedans d'un mortier est un passage. Ces bâtiments

rouge qui ressemble à de la sont construits de solives;...

terre de brique. Des morceaux les murs sont proprement en-

d'écorce de cyprès, disposés duits avec du mortier d'argile... comme des écailles de tortue, servent de toiture aux bâtiments.

Au centre du principal vil- Un de ces bâtiments est ù

lage, et dans l'endroit le plus proprement parler la chambre

élevé, est une place publique du conseil; c'est là que le

environnée de quatre longues Mico, les chefs et les guer-

galeries. L'une de ces galeries riers... s'assemblent tous les

est la salle du conseil, qui se jours. Ce corps de logis diffère

tient tous les jours pour l'ex- un peu des trois autres : une

pédition des affaires. Cette cloison longitudinale en sépare

salle se divise en deux cham- la largeur d'un bout à l'autre,

bres par une cloison longitu- et le divise en deux chambres,

dinale : l'appartement du fond Celui du fond est absolument

est ainsi privé de lumière; on obscur; il n'est percé que de

n'y entre que par une ouver- trois petites ouvertures voûtées;

ture surbaissée, pratiquée au cet endroit me paraît être un

bas de la cloison. Dans ce sanctuaire consacré à la reli-

sanctuaire sont déposés les gion. C'est là que sont dépo-

trésors de la religion et de la sées toutes les choses sacrées :

L Contxe-sens.

politique : les chapelets de le vase médicinal,... les cha-

corne de cerf, la coupe à méde- pelets de sabots de chevreuils,

cine, les chichikoués, le calu- le calumet de paix, l'étendard

met de paix, Tétendard natio- royal, fait avec des plumes de

nal, fait d*une queue d'aigle. Taigle blanc.

Il n'y a que le Mico, le chef de guerre et le grand-prêtre, qui puissent entrer dans ce lieu redoutable.

La chambre extérieure de la La pièce de ce corps de

salle du conseil est coupée en logis qui regarde la place est

trois parties par trois petites en outre partagée en trois

cloisons transversales, à hau- divisions par deux murs ou

teur d'appui. Dans ces trois cloisons transversales, à hau-

balcons s'élèvent trois rangs teur d'appui. Dans chacune

de gradins appuyés contre les de ces enceintes sont trois

parois du sanctuaire. C'est sur rangs de bancs qui s'élèvent

ces bancs couverts de nattes Tun derrière l'autre pour rece-

que s'asseyent les Sachems et voir le sénat et l'assemblée, les guerriers.

Les trois autres galeries, qui Les autres bâtiments qui

forment avec la galerie du composent la place sont éga-

conseil l'enceinte de la place lement meublés de trois rangs

publique, sont pareillement de sièges, et servent de salle

divisées chacune en trois par- de banquet, tant pour les

ties; mais elles n'ont point de membres du conseil que pour

cloison longitudinale. Ces ga- les spectateurs, qui y affluent

leries se nomment galènes du de tout temps.

banquet : on y trouve toujours une foule bruyante occupée de divers jeux.

Les murs, les cloisons, les Les piliers, ainsi que les

colonnes de bois de ces gale- murs des bâtiments qui com-

ries sont chargés d'ornements posent la place publique, sont

hiéroglyphiques qui renfer- ornés de diverses peintures et

ment les secrets sacerdotaux sculptures. Ce sont, je crois,

et politiques de la nation, des espèces d'hiéroglyphes, et

Ces peintures représentent des comme une histoire des événe-

hommes dans diverses atti- ments politiques ou sacerdo-

tudes, des oiseaux et des qua- taux... Ce sont des hommes

drupèdes à tète d'hommes, des dans diverses attitudes, dont

hommes à tête d'animaux. Le quelques-unes sont assez bouf-

dessin de ces monuments est fonnes; d'autres, qui ont la

tracé avec hardiesse et dans tête de quelque animal;... des proportions naturelles; la quelquefois ce sont ces anicouleur en est vive, mais maux qui sont représentés appliquée sans art. L'ordre avec des têtes d'hommes. Ces d'architecture des colonnes figures ne sont pas mal exécuvarie dans les villages selon tées; le dessin en est hardi, la tribu qui habite ces villages; libre et bien proportionné. Les à Otasses, les colonnes sont piliers sont ingénieusement tournées en spirale parce que travaillés, imitant de grands les Muscogulges d'Otasses sont serpents mouchetés, qui ont de la tribu du Serpent. Tair de monter au plancher :

allusion à ce que les Otasses sont de la tribu du Serpent.

Bartram, t. II, p. 204 (Dublin, p. 389).

Il y a chez cette nation une Dans la ville d'Apalachucla, ville de paix et une ville de on ne met point à mort de sang. La ville de paix est la prisonnier ; lorsqu'il s'agit capitale même de la confédc- d'une paix générale, les dération des Greeks, et se nomme pûtes de toute la confédération Apalachucla. Dans cette ville se réunissent dans cette capion ne verse jamais le sang; et taie. Au contraire, la grande quand il s'agit d'une paix gé- Coweta, ville située à environ nérale, les députés des Creeks douze milles plus haut, est y sont convoqués. La ville de appelée la ville du sang. C'est Sang est appelée Coweta; elle là que les micos s'assemblent, est située à douze milles d'Apa- lorsqu'il s'agit d'une guerre lachucla : c'est là que l'on générale, délibère de la guerre.

Bartram, t. Il, p. 202

(Dublin, p. 386).

On remarque, dans la con- La ville d'Uche est la ville

fédération des Creeks, les Sau- indienne la plus grande que

vages qui habitent le beau vil- j'ai vue. Je suppose que le

lage d'Uche, composé de deux nombre des habitants pouvait

mille habitants, et qui peut monter à mille ou quinze cents

armer cinq cents guerriers. Ces personnes, tant hommes que

sauvages parlent la langue femmes et enfants. Le langage

savanna ou savantica *, langue de ce peuple diffère radicale-

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