Savanueat dit Bartram, et non savantica
radicalement différente de la ment de la langue creek ou langue muscogulge. Les alliés muscogulge et porte le nom de du village d'Uche sont ordinal- langue savanna ou savanuca. rement dans le conseil d'un Les Uches sont alliés des avis différent des autres alliés, Greeks; mais ils ne se mêlent qui les voient avec jalousie; pas avec eux; ils sont assez mais on est assez sage de part importants pour exciter la jaet d'autre pour n'en pas venir lousie de toute confédération à une rupture. muscogulge ; mais ils sont assez
sages contre des ennemis communs.
Bartram, t. I, p. 364 (Dublin, p. 209-10).
Les Siminoles, moins nom- Les Siminoles ne sont qu'un
breux que les Muscogulges, faible peuple, si l'on regarde
n'ont guère que neuf villages, au nombre. Mais cette poignée
tous situés sur la rivière Flint. d'hommes possède un vaste
Vous ne pouvez faire un pas territoire, divisé en milliers
dans leur pays sans découvrir d'îlots par des rivières innom-
des savanes, des lacs, des fon- brables, des lacs, de vastes
taines, des rivières de la plus savanes,
belle eau. Le Siminole respire Le Siminole présente l'image
la gaîté, le contentement, l'a- parfaite du bonheur. La joie,
mour; sa marche est légère; jg contentement, l'amour ten-
son abord ouvert et serein, ses ^re, l'amitié franche sont em-
gestes décèlent l'activité et la preints sur ses traits; ils se
vie : il parle beaucoup et avec montrent dans son maintien,
volubilité; son langage est har- dans ses gestes; ils semblent
monieux et facile. Ce caractère former son état habituel et
aimable et volage est si pro- faire partie de sa constitution;
nonce chez ce peuple, qu'il car leur empreinte ne le quitte
peut à peine prendre un main- qu'avec la vie. Les vieux
tien digne, dans les assemblées magistrats de ce peuple ont
politiques de la confédération, peine à prendre dans les conseils publics des manières graves et sérieuses.
Vovaae d 248 Bartram, t. II, p. 366
voyage, p. ^48. (Dublin, p. 485).
Les Siminoles et les Musco- Les femmes des Muscogulges gulges sont d'une assez grande sont bien prises dans leur taille, et par un contraste petite stature. C'est, je crois.
extraordinaire, leurs femmes la plus petite race de femmes
sont la plus petite race de connue. Rarement leur stature
femmes connues en Amérique : passe cinq pieds; leurs mains
elles atteignent rarement la et leurs pieds ne sont pas plus
hauteur de quatre pieds deux grands que ceux d*une Euro-
ou trois pouces ; leurs mains péenne de neuf ou dix ans. Ce-
et leurs pieds ressemblent à pendant les hommes sont d'une ^
ceux d'une Européenne de taille gigantesque... [P. 365]
neuf ou dix ans. Mais la nature Les femmes ont le visage rond,
les a dédommagées de cette les traits réguliers, les yeux
espèce d'injustice : leur taille grands, noirs et languissants,
est élégante et gracieuse ; leurs pleins de modestie, de défiance
yeux sont noirs, extrêmement et de timidité. [P. 419] Quand
longs, pleins de langueur et on les entend parler, sans les
de modestie. Elles baissent voir, on s'imaginerait le babil
leurs paupières avec une sorte de petits enfants, de pudeur voluptueuse ; si on ne les voyait pas, lorsqu'elles parlent, on croirait entendre des enfants qui ne prononcent que des mots à moitié formés.
Chateaubriand nous rapporte ici un usage que Bartram semble avoir ignoré :
« La troisième nuit de la fête du maïs nouveau, on s'assemble dans la galerie du conseil; on se dispute le prix du chant. Ce prix est décerné, à la pluralité des voix, par le Mico ; c'est une branche de chêne vert : les Hellènes briguaient une branche d'olivier. Les femmes concourent, et souvent obtiennent la couronne; une de leurs odes est restée célèbre :
Chanson de la Chair blanche,
La Chair blanche vient de la Virginie. Elle était riche ; elle avait des étoffes bleues, de la poudre, des armes et du poison français (de l'eau-de-vie). La Chair blanche vit Tibeïma l'Ikouessen.
Je faime, dit-elle à la fille peinte : quand je m'approche de toi, je sens fondre la moelle de mes os; mes yeux se troublent! je me sens mourir.
La fille peinte, qui voulait les richesses de la Chair blanche, lui répondit : Laisse-moi graver mon nom sur tes lèvres; presse mon sein contre ton sein.
Tibeïma et la Chair blanche bâtirent une cabane. L'Ikouessen dissipa les grandes richesses de l'étranger, et fut infidèle. La Chair blanche le sut; mais elle ne put cesser d'aimer. Elle allait de porte en porte mendier des grains de maïs pour faire vivre Tibeïma. Lorsque la Chair blanche pouvait obtenir un peu de feu liquide, elle le buvait pour oublier sa douleur.
Toujours aimant Tibeïma, toujours trompé par elle, l'homme blanc perdit l'esprit et se mit à courir dans les bois. Le père de la fille peinte, illustre sachem, lui fit des réprimandes : le cœur d'une femme qui a cessé d'aimer est plus dur que le fruit du papaya *. >>
Les folkloristes savent qu'il est difficile, à l'ordinaire, de découvrir le germe historique de pareilles (( odes ». Ils nous sauront bon gré de leur soumettre ce passage de Bartram (t. I, p. 300) :
u Nous arrivâmes au comptoir nommé magasin supérieur de Spalding. Nous le trouvâmes occupé par un traiteur blanc, qui avait pour compagne une très jolie femme siminole. Elle était fille d'un ancien chef de sa
1 . Plus dur que le fruit du papaya. Ce fruit, avant maturité, a la consistance d'un abricot mûr; mûr, il se mange à la cuiller, comme un sorbet. Il est si commun qu'une telle méprise — j'en appelle -à quiconque a vécu aux colonies — suffirait à convaincre que Chateaubriand n'a pas séjourné quinze jours en pays tropical pendant la saison des fruits.
nation, nommé le capitaine White, qui, avec dix ou douze personnes de sa famille, était campé dans un bosquet d'orangers, peu éloigné... Ce traiteur est aujourd'hui peu satisfit de sa liaison avec la belle sauvage. Il était depuis peu d'années dans ces contrées, venant, je crois, de la Caroline septentrionale. C'était un grand jeune homme bien élevé, actif, aimable et noble. Il rencontra, pour son malheur, cette jolie indienne, et Tépousa à la manière des sauvages. Il Taima avec passion, et il faut avouer qu'elle possède tous les charmes qui peuvent rendre un homme heureux. Mais elle fait de ses attraits un usage si perfide qu'elle a dépouillé son amant de presque tous ses biens, qu'elle distribue sans honte à ses parents sauvages. Il est à présent pauvre, maigre, presque fou. Il la menace souvent de la tuer, mais il n'a pas même le courage de la quitter. Il tâche de noyer son chagrin dans les liqueurs fortes. Le père de la jeune femme n'approuve point la manière injuste et cruelle dont elle se conduit avec son mari. »
Les Hurons et les Iroquois.
République dans l'état de nature,
( Voyage, p. 250 — p. 259.)
Voyage, Charlevoix,
p. 250-1. Élection et succession des chefs hurons p. 267-8