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plupart d'entre eux du moins, paraissent avoir été composés spécialement pour le culte public, tandis que presque tons ceux qui portent le nom de David, ne sont que les produits de ses sentiments particuliers, et ne furent vraisemblablement psalmodiés dans le teriple qu'après le retour de la captivité de Babylone. On peut conjecturer de là que les psaumes élohistes représentent le fond des conceptions religieuses de leur temps, et que sauf l'organisation matérielle du culte, la religion des Israélites de cette époque, comme celle de l'époque qui avait précédé, se rattachait directement aux anciennes croyances des patriarches et n'avait pas été pénétrée par le mosaïsme.
Cette absence de l'œuvre de Moïse dans la vie générale du peuple, depuis la mort de Josué et des soixante-dix anciens élus dans le désert jusqu'aux derniers temps de la monarchie , est bien encore plus sensible dans les institutions civiles et dans les mœurs domestiques. L'idée fondamentale du mosaïsme, la théocratie» n'est conservée que dans un groupe fort peu considéralJe d'Israélites, je veux parler des prophètes, qui ne cessèrent jamais de la soutenir; mais elle resta étrangère à la masse de la population, elle ne pénétra pas dans les lois, elle ne passa pas dans les croyances générales. L'établissement d'une royauté terrestre et humaine en Israël en est une preuve sans réplique. Si le mosaïsme
avait dominé dans la maison de Jacob, jamais les Hébreux n'auraient eu la pensée de se donner un homme pour roi. Leur roi était TÉterneP. Ce futl'opinion deSamuel; elle continua à être celledes prophètes ^ La demande que les Israélites firent à Samuel de leur élire un roi, est une preuve inconteslal)le quMls n'avaient pas subi Tinfluence des institutions mossaques.
Cette coneeption fondamentale n'est pas plus populaire sous les rois. Pour David et pour Salomon, rËternel est un protecteur; il n'est pas le roi de la nation, dans le sens propre du mot. La théocratie mosaîi^ue aurait pu à la rigueur s'accommoder du nouveau régime introduit en Israël. Il suffisait pour cela que le roi fût regardé comme le représmtant terrestre de Jéhovah, comme son lieutenant et son vicaire sur la terre, il n'en fut pas ainsi. Le terme d'oint du Seigneur, par lequel on désigne d'ordinaire les rois issus de là famille de David et régulièrement appelés au trône % n'est qu'un titre honorifique qui n'a qu'un rapport trèséloigné avec la théocratie, et qui indique tout sim-
* 1 Samuel^ xii, 12.
« /6id., VII, 7-9;0«ee, xni, 10, H ; EsaXe, xxxiii, 32; XLiir, %\ Jérém,,ji, 7, iO; XLVi, 48; SopAon., m, 15; Mal., |, 14.
» Winer, Bibl. Realwcert,^ 1. 1, p. 787 ; 1 Sam,, u» 10, 35; XVI, 6; XXIV, 7; x^vi, 16, 26; 2 Sam., xix, 21; xxu,5i, Pi, II, 15 ; Lofnent,, nr» 20.
plemenl le fait de la consécration religieuse des dnâis du nronarqne. On ne peut douter que Samuel n*ail voulu, par Tonclion de Saûl, et ensuite par celle de David, conserver en partie l'idée théocralique et donner le roi pour l'homme de l'Éternel, pour son substitut sur la terre. Les prophètes furent animés des mômes sentiments , ils ne purent de longtemps les faire triompher. L'acte même de Tonction des rois paraît être tombé en désuétude après Sdlomon. Il n'est parlé dans les livres saints que de Tonclion de Jéhu dans le royaume dMsraël \ et de celle de Joas et de Jehoachas, fils de Josias dans le royaume de Juda \ Les autres rois s'inquiétèrent peu de celle cérémonie, et n'eurent aucun souci de leurs rapports théocraliques avec Jéhovah. La monarchie, à partir de Salomon, ne différa en rien, parmi les Hébreux, des autres monarchies orientales.
On ne saurail s'étonner que, le fondement manquant, il ne restât plus rien des diverses parties de l'édifice mosaïque. El, en effet, on ne retrouve dans l'histoire des Hébreux, aucun vestige des institutions qui découlent de la conception théocratique.
L'Éternel étant le roi d'Israël, le royaume ne
i 2 Bois, IX, 1-3, 6.
• S Rois, xxui, 30.