Études critiques sur la Bible, Nouveau Testament
Ce nouveau volume d’Études critiques sur la Bible est en quelque sorte le complément et la suite de celui que j’ai publié il y a deux ans. Il contient sur le Nouveau Testament un travail analogue à celui du précédent sur l’Ancien , et conçu dans le même esprit et à peu près sur le même plan.
Me plaçant en dehors de toute préoccupation dogmatique, je me suis ici uniquement proposé de ramener le christianisme primitif, comme je l’ai fait pour le mosaïsme, dans le volume sur l’Ancien Testament, sur le terrain de la réalité historique.
VI PRÉFACE
Dans ce dessein, j’ai dû ne tenir compte que des faits tels que les donnent les documents des premiers temps de l’Église ; je les ai recueillis et je les ai laissés parler et s’expliquer eux-mêmes, sans avoir égard au nombre infini d’hypothèses et de fictions qu’ils ont fait naître dans le courant des siècles.
Ce n’est pas un tableau complet des idées et de la littérature de l’Église primitive que j’ai prétendu tracer. Ce travail aurait été au-dessus de mes forces et probablement aussi de la patience du lecteur qui, quelque intérêt qu’il puisse éprouver pour les choses religieuses, aurait bien pu ne pas se résigner à me suivre à travers les longues et minutieuses discussions qu’il aurait fallu nécessairement aborder. Il m’a semblé que, pour atteindre mon but, qui est tout simplement de conduire le lecteur à se faire une idée vraie de l’histoire du christianisme primitif, il me suffirait d’examiner quelques-unes des questions les plus importantes relatives au Nouveau Testament. Les trois que j’ai choisies m’ont paru les plus propres à la fois à don
PRÉFACE
vu
ner une vue d’ensemble de ce qui se rapporte à ce sujet et à faire pénétrer jusqu'au fond même des choses.
La première concerne les Evangiles ; elle m’a amené à déterminer les caractères respectifs de ces quatre documents , les rapports dans lesquels ils sont entre eux et la manière dont ils ont été composés. La seconde se rapporte au christianisme des Apôtres ; j’ai étudié ici les conceptions diverses que les 'premiers propagateurs de la foi nouvelle se firent des principes et des doctrines de leur maître. Enfin, la dernière porte sur la formation du canon, et a pour but d’expliquer par suite de quelles circonstances les vingt-sept écrits différents qui forment le Nouveau Testament et qui, dans le principe, étaient indépendants les uns des autres, ont été réunis en un seul corps d’ouvrage.
Je n’ai pas besoin de faire remarquer le lien qui unit ces trois questions : il est assez sensible ; il n’échappera pas à la sagacité du lecteur. Mais il me paraît convenable do présenter ici quelques