Études critiques sur les sources de l'histoire Carolingienne
La littérature historique de l'époque carolingienne se présente à celui qui étudie l'historiographie du moyen âge avec des caractères originaux et bien déterminés. Elle forme un ensemble organique qui a eu ses origines propres, son développement individuel, et elle se distingue nettement de l'historiographie mérovingienne qui la précède et de l'historiographie capétienne qui lui fait suite. Sans doute elle n'apparaît pas dans notre histoire littéraire comme un phénomène isolé ; des liens visibles la rattachent à la littérature de l'âge précédent, comme à celle de l'âge suivant. Sur quelques points ses limites sont même malaisées à fixer ; car certaines œuvres de l'époque mérovingienne ont été continuées dans le même esprit et sous la même forme à l'époque carolingienne; d'autre part, il faut remonter aux derniers Mérovingiens pour trouver l'origine de certains écrits que nous considérons comme essentiellement carolingiens. De plus, l'historiographie allemande de l'époque ottonienne est étroitement rattachée à l'historiographie franque du ix" siècle. Enfin, bien que les sources de l'histoire capétienne du xf siècle aient une physionomie très différente de celle des sources carolingiennes du x", il est aisé de les rattacher les unes aux autres. Il n'en est pas moins vrai que l'historiographie carolingienne, comme l'histoire carolingienne elle-même, a sa physionomie propre et certains traits qui n'appartiennent qu'à elle.
L'historiographie carolingienne est en effet une image très fidèle de l'histoire des Carolingiens, en suit les transformations et
UIST. CAROLI.^GIEXiNE. -1
De
les vicissitudes. L'histoire des Carolingiens, malgré les rapports étroits qu'elle soutient avec tout ce qui la précède, l'accompagne et la suit, forme une période administrative, politique et intellectuelle plus nettement caractérisée que la plupart des périodes historiques. Sans doute il faut, pour la comprendre, remonter jusqu'au vu'' siècle, aux origines de la famille des Peppins. Mais c'est qu'en réalité, à partir de la bataille de Tertry (685), la période mérovingienne proprement dite est close et la période carolingienne est ouverte. Au ix" siècle, l'histoire carolingienne embrasse à la fois la France, l'Italie et l'Allemagne, et on doit, au x'^ siècle, aller chercher dans ces deux derniers pays le développement de certaines idées qui ont pris naissance au viii" et au ix" autour des Pippinides. Bien que la France possède seule désormais des représentants de la famille carolingienne, une partie de l'héritage de Charlemagne, l'idée impériale romaine et la conception d'une monarchie chrétienne universelle ont passé en héritage aux rois allemands. Enfin, la grandeur de la famille capétienne se fonde pendant le cours du ix" et du x'^ siècle, sous les derniers Carolingiens, comme la puissance des Carolingiens avait grandi au vif' et au viii" sous les derniers Mérovingiens. Aucune des institutions carolingiennes ne se comprend si l'on n'en étudie pas les antécédents à l'époque mérovingienne, et l'on commettrait de graves erreurs si l'on croyait que l'avènement des Capétiens marque une ère absolument nouvelle où la France serait régie par des institutions radicalement différentes de celles des Carolingiens. Néanmoins, l'avènement de Peppin le Bref fut une révolution qui fit définitivement passer du côté de l' Austrasie le centre de gravité de l'Empire franc, qui rendit plus intime l'alliance entre l'Etat et l'Eglise, qui permit de donner à l'administration franque une force et une régularité qu'elle n'avait pas eues jusque-là, et qui prépara la création de l'empire romain germanique. D'autre part, l'accession au trône d'un des plus puissants détenteurs de fiefs dans la personne de Hugues Capet donna une sorte de consécration à l'évolution sociale et politique commencée au Yiîf siècle et d'où devait sortir la féodalité. Les Capétiens eurent beau conserver toutes les prétentions des Carolingiens, avoir la même idée qu'eux de la royauté, de ses droits et de ses devoirs, ils n'en furent pas moins les chefs d'une aristocratie féodale, plus puissants en fait que les derniers Carolingiens, parce qu'ils avaient des domaines plus homogènes et des vassaux plus sûrs, mais revêtus aux yeux de leurs peuples d'un caractère moins majestueux et moins sacré. Autant il est important de ne
pas méconnaître la continuité historique, la permanence des institutions et la puissance durable des idées à travers les révolutions politiques, autant il serait dangereux d'exagérer cette continuité, cette permanence et cette durée, et de méconnaître les transformations que subissent à travers l'histoire les institutions et les idées. Or, il est incontestable que l'avènement des Carolingiens et celui des Capétiens marquent la fin d'un ordre de choses ancien et le commencement d'un ordre de choses nouveau, qu'à l'époque carolingienne se manifeste une renaissance politique, sociale, intellectuelle, suivie d'une décadence, et dont les fruits serviront de germes pour la nouvelle renaissance du xf et du xif siècle.
La littérature historique de l'époque carolingienne est dans un rapport étroit avec l'histoire de la dynastie carolingienne. Sortie de l'historiographie mérovingienne, elle a cependant ses caractères propres; elle s'épanouit au moment de la renaissance du viii" et du ix" siècle ; elle se divise comme l'empire et se développe parallèlement sur les deux rives du Rhin ; elle subit le contrecoup de toutes les vicissitudes de la politique ; elle éprouve enfin une décadence au x** siècle ; mais cette décadence est loin de la faire retomber dans l'état de barbarie où elle était au milieu du viii^ siècle; et elle lègue à la littérature de l'époque capétienne des modèles dont l'influence se fait longtemps sentir.
Le parallélisme que nous établissons ici entre l'histoire et l'historiographie carolingienne tient aux conditions mêmes dans lesquelles se développait la littérature historique aux premiers siècles du moyen âge. A toutes les époques sans doute les événements de l'histoire exercent une influence considérable sur la littérature historique. A toutes les époques il y a des historiens officiels qui racontent l'histoire telle que les hommes qui détiennent le pouvoir dans leurs mains désirent qu'elle soit connue ; il y a des historiens hommes de parti qui colorent les événements au gré de leurs passions ; il y a même des historiens hommes d'action qui écrivent des mémoires pour conserver le souvenir des événements auxquels ils ont pris part ou pour faire l'apologie de leur conduite et la critique de celle de leurs adversaires. Quelle que soit l'époque qu'on étudie, il est donc nécessaire avant tout de savoir quand, comment et par qui ont été composées les sources contemporaines que l'on consulte, dans quelle mesure leur autorité est accrue ou diminuée par les circonstances au milieu desquelles elles ont été écrites. Mais à mesure que la civilisation devient plus raffinée et plus compliquée, la littérature devient de
plus en plus indépendante des événements au milieu desquels elle se développe; la vie intellectuelle d'une nation a son mouvement propre, qui n'est pas toujours déterminé par la vie politique, qui est même quelquefois en contradiction avec elle; la personnalité des auteurs joue un rôle de plus en plus grand ; enfin les œuvres historiques perdent pour la plupart le caractère d'écrits de circonstance, nés des événements contemporains, pour prendre celui d'œuvres scientifiques ou tout au moins d'œuvres désintéressées. Dans les temps modernes, l'histoire est écrite d'ordinaire par des savants, par des hommes de cabinet, par des gens de lettres, qui souvent n'ont pas été mêlés à la vie publique, qui parfois même n'ont pas vu de près les hommes politiques, et qui, tout en ayant évidemment leurs tendances, leurs opinions, leurs passions personnelles, font cependant effort pour juger sans parti pris et prétendent à l'impartialité. Les écrits qui traitent de l'histoire contemporaine, mémoires, journaux ou biographies, ne tiennent d'ailleurs qu'une place secondaire, une place inférieure dans la littérature historique des temps modernes. Les écrivains qu'on admire par-dessus tous les autres, ceux qu'on juge seuls vraiment dignes du nom d'historiens sont ceux qui se sont consacrés à l'histoire du passé et qui, par une étude et une critique attentive de tous les documents, ont su faire revivre, présenter sous leur vrai jour les événements accomplis autrefois, sans autre préoccupation que celle de la vérité, sans chercher l'occasion de prouver une thèse ou de défendre une doctrine. L'histoire de l'histoire est à l'époque moderne avant tout l'histoire d'une science, une branche de l'histoire littéraire; dans les premiers siècles du moyen âge, l'histoire de l'histoire est avant tout une partie ou une face de l'histoire elle-même. Les écrits historiques de cette période sont presque sans exception des écrits de circonstances, composés soit sous l'influence de personnages ou d'événements politiques, soit dans un intérêt personnel, soit en vue d'un but d'édification. Il est impossible de les comprendre et de se servir des renseignements qu'ils fournissent si l'on ne se rend pas un compte exact des circonstances et du milieu où étaient placés leurs auteurs, et l'histoire des événements ne devient vivante que lorsqu'on est arrivé à retrouver par une étude attentive de ces écrits les sentiments et les idées qui ont dirigé les contemporains et les acteurs de ces événements. Il nous paraît nécessaire d'établir comme un fait constant et essentiel le rapport étroit qui existe à l'époque carolingienne entre les écrits et les événements historiques. Ce fait doit être le point de
départ du critique qui veut étudier ces écrits, le fil conducteur qui l'empêchera de s'égarer, qui lui permettra de déterminer parfois la date, le lieu d'origine, ou même l'auteur d'ouvrages anonymes. Mettre ce fait en lumière sera le principal objet de notre étude.
Pendant la période du moyen âge dont nous nous occupons, non seulement l'instruction n'est le partage que d'un très petit nombre d'hommes qui appartiennent presque tous à l'Eglise, mais même parmi eux, ceux-là seuls s'intéressent à l'histoire du présent, ceux-là seuls prennent plaisir à la lire ou à l'écrire, qui se trouvent personnellement mêlés à la vie politique, ou qui sont les spectateurs immédiats de grands événements. Les communications sont trop lentes et trop difficiles pour que l'écho et l'émotion de ces événements se fassent sentir à distance. Quant à l'histoire du passé, il n'existe pas une classe de savants qui fasse de cette histoire l'objet de son étude, et s'efforce d'en élargir le cadre ou d'en préciser les détails. Ceux qui s'en occupent ont à leur disposition un si petit nombre de livres, le cercle de leurs connaissances est si restreint, leur intelligence est si peu capable de combiner des documents, de les critiquer, d'eu tirer une œuvre nouvelle composée avec originalité et avec art, qu'ils se contentent de faire des copies ou des compilations d'extraits littéraux. Ces compilations, d'ailleurs, ne sont pendant longtemps que des manuels chronologiques d'histoire universelle inspirés par un intérêt beaucoup plus religieux qu'historique. Il s'agissait surtout de faire connaître les grands faits de l'histoire religieuse, démontrer dans l'Incarnation le centre de l'histoire universelle, enfin de noter le nombre des années écoulées depuis l'Incarnation et depuis la création, soit pour calculer la date de l'accomplissement des prophéties, soit pour ne pas se tromper sur la fixation de la fête de Pâques. Plus tard, il est vrai, une autre idée dominera les compilateurs d'histoire universelle, mais alors ce sera une idée politique : montrer dans l'Empire romain restauré par les Francs, continué par les Ottons, la suite naturelle de l'ancien empire et prouver qu'il n'y eut pas d'interruption dans la transmission du pouvoir impérial. C'est sous l'influence de Césars allemands que ces histoires universelles se multiplieront.
Il résulte de ce que nous venons de dire que la première question à se faire en présence d'une histoire ou d'annales des premiers siècles du moyen âge est de se demander dans quel centre religieux ou politique l'ouvrage a été écrit, sous l'influence de quels événements, de quelle famille, de quel prince. Nous
croyons pouvoir dire qu'il n'arrivera jamais qu'un écrit un peu important ait été composé loin du bruit du monde, dans quelque ville ou quelque monastère éloigné du théâtre des grands événements de l'histoire, par un auteur exclusivement inspiré par des préoccupations de curiosité ou de science.
Pour bien préciser notre pensée et faire ressortir les caractères généraux de l'historiographie carlovingienne, il ne sera pas inutile de remonter un peu plus liaut dans notre histoire et d'indiquer auparavant en peu de mots quel a été le développement de l'historiographie mérovingienne.
Les écrits historiques de l'époque mérovingienne peuvent se répartir en trois groupes : i° les Chroniques, qui se rattachent aux chroniques du v" siècle, continuations elles-mêmes de la chronique de saint Jérôme. Ce sont celles de Marius d'Avenche et de son continuateur, les annales perdues d'Arles et la chronique du faux Sulpice Sévère.
2" Les Histoit^es, en tête desquelles se trouve la grande Histoire des Francs de Grégoire de Tours. Après cette œuvre de premier ordre, écrite à la fin du vi° siècle, vient à plus d'un demi-siècle de distance la Compilation dite de Frédégaire, avec ses continuations du viii* siècle, et les Gesta regum Francorum^ , dont la composition date aussi du premier quart du viii" siècle.
3° Les Vies de saints. Un très grand nombre de vies de saints ont été écrites aux vi% vu* et viii'' siècles, et on peut les distinguer en trois groupes qui se rapportent à trois périodes successives de l'histoire religieuse de l'empire franc. Ces trois périodes ne sont pas nettement séparées et n'ont pas pour limites des dates précises; il est néanmoins légitime de marquer le caractère propre qui appartient à chacune d'elles. J'appellerai la première, qui commence à l'apostolat de saint Martin et qui s'étend jusqu'à la
1. M. Kriisch les appelle, clans l'édllioii (|uil en a donnée au I. II des Scriptores reriim Merovingicarum {Monumenta Cennaniae hislorica, série in--i°), Liber historiae Francorum. Ce litre est. en elVel, eeliii que portent les plus aneiens manuscrits. Toutefois, nous regrettons <|u'il n'ait pas eouservé le titre traditionnel i|ul se trouve dans jikisieurs luannserits, en particulier dans celui de Pélershourg, et qui ré|iond encore mieux que (dui i|u'il a rétabli au contenu de rouvra>;e. Nous sommes d'a\is de ne pas modilier sans nécessite absolue les appellations traditionnelles, pour ne pas accroitre la peine de ceux qui s occupent de la criti<|ue, toujours ardue, des textes du moyen âge.
fin du vie siècle, période épiscopale et gallo-romaine, la seconde, qui occupe le vu" siècle, période irlandaise, la troisième, qui occupe le viii"^ siècle, période anglo-saxonne'^ .
Pendant la première période, les évêques, appartenant pour la plupart aux grandes familles des cités gallo-romaines, tiennent la première place dans l'Église, dans les lettres et dans l'hagiographie. Il suffit pour s'en convaincre de lire les œuvres hagiographiques de Grégoire de Tours. Les saints qui appartiennent au clergé régulier sont pendant cette période presque tous des Gallo-Romains. Si je prends pour exemples les principales vies de saints qui peuvent être consultées pour l'époque de Clovis, je trouve dix vies d'évêques, quatre vies d'abbés gallo-romains et une vie de missionnaire irlandais.
Au VII* siècle, nous trouvons sans doute encore des évêques gallo-romains qui, comme saint Eloi, jouent un grand rôle religieux et politique ; mais le clergé séculier, envahi peu à peu par les Germains, subit bien plus que le clergé régulier l'influence de la décadence et de la barbarie. Le vu" siècle est l'âge d'or des ordres monastiques. C'est chez eux que se recrutent les missionnaires qui vont conquérir au delà du Rhin des terres nouvelles au christianisme, et les meilleurs des évêques sont pris dans les • rangs du clergé régulier. A la tête des missions du vif siècle se placent les moines irlandais, ces représentants de l'Eglise celtique chez qui le culte des lettres anciennes s'allie avec un esprit d'indépendance et un zèle apostolique qui nous ramènent aux temps du christianisme primitif. Il suffit de rappeler les noms de saint Colomban et de ses disciples. Les missions irlandaises sur le continent ont commencé, je le sais, dès le vi* siècle, et elles continuent encore au viii'^ ; je sais aussi qu'à côté des Irlandais nous trouvons, au vu" siècle, des Franks, des Anglo-Saxons et quelques Gallo-Romains; mais il n'en est pas moins vrai que le VII* siècle est le siècle par excellence des missions irlandaises, et
1. M. Krusch, ([ui avait déjà publié, au t. II des Scriptores rerum Merovingicarum, j)lusieurs textes hagiograpliiques de l'époque mérovingienne, a commencé pour le recueil des Monumenta Germaniae la publication des Vies des saints mérovingiens. Le premier volume ne dépasse pas le vi" siècle. On peut reprocher à M. Krusch d'avoir, malgré les services rendus par lui pour l'établissement des textes, apporté un scepticisme excessif dans les questions d'authenticité et de date de ces textes hagiographiques. Il tend à les rajeunir presque tous outre mesure et à leur dénier toute authenticité et toute autorité. M. l'abbé Duchesne a, dans une série d'articles du Bulletin critique (1897, n°= 16 et suiv.), contesté avec raison une partie des conclusions critiques de M. Krusch.
que les Irlandais tiennent le premier rang dans les missions et l'hagiographie du vu'' siècle.
Au \iif siècle, l'éclat des missions irlandaises pâlit devant celui des missions anglo-saxonnes. Les Eglises celtiques et leur esprit d'indépendance sont peu à peu étouffés en Angleterre par l'Eglise anglo-saxonne, qui représente les principes d'unité et d'autorité enseignés par Rome. Les moines irlandais se retirent peu à peu de la vie active pour se consacrer à la vie contemplative, à la mysticité et à l'étude. Les moines anglo-saxons, puissants à la fois par l'énergie qui naît de leur tempérament national, et par la discipline que Rome leur impose, deviennent, au viif siècle, les vrais chefs de la mission, en attendant d'être, avec saint Boniface, les réorganisateurs de l'Etat franc, et avec les disciples de Dède les promoteurs de la renaissance littéraire carolingienne. Cet apostolat anglo-saxon appartient en réalité à l'époque carolingienne, car, dès l'origine, une étroite alliance unit les moines anglais et la famille des Peppins, mais leur martyrologe remplit déjà toute la dernière partie de l'hagiographie mérovingienne.
Il faut mentionner à part un certain nombre de vies des saints qui ne rentrent pas dans les trois divisions que je viens d'indiquer; ce sont les vies de grands personnages dont l'imagination populaire a fait des saints, tels que sainte Rathilde, saint Léger, saint Dagobert III. Celle de sainte Rathilde a été écrite dans le monastère de Chelles qu'elle avait fondé'; celle de Dagobert III est une pure légende fabriquée probablement au ix* siècle pour justifier le culte singulier rendu à Dagobert III à Stenay-. Les deux vies contemporaines de saint Léger sont des œuvres politiques autant que religieuses, écrites pour faire l'apologie du chef du parti bourguignon, de l'ennemi d'Ebroïn.