‹ Études critiques sur les sources de l'histoire CarolingienneChapitre 10 sur 56 · Duemmler, I · texte numérisé non relu

Duemmler, I

2. Vita Alcuini, 6 : « Noverat (Carolus) enim eum, quia olim a magistro suc ad ipsum directus fuerat. » Peut-être en 773 (cf. Jaffé, Ep. Alcuini, note à la 1. 1). — On serait étonné de l'expression de la Vita Hadriani : « Albinus

fait de nombreux amis et il les cite dans une pièce de vers écrite vers 779-780 : Riculf, évêque de Cologne, Samuel, abbé d'Echternach, Paulin, Pierre, Jonas, Raefgot, le chancelier Radon, LuU, archevêque de Mayence, Bassin, évêque de Spire, Paul, Fulrad, abbé de Saint-Denis*. — Plusieurs d'entre eux étaient des Anglo-Saxons qui avaient déjà transporté sur le continent les doctrines de Bède. LuU en particulier était un élève du fameux maître anglo-saxon. Tous ces « proceres patres fratres » et ces « socii fratres » forment déjà une société d'hommes cultivés, qui répandent autour d'eux l'amour de la grammaire et la poésie, qui étudient et enseignent Priscien et Phocas et qui connaissent, attendent et désirent Alcuin. Ils sont établis sur les rives du Rhin, de la Meuse et de la Moselle, depuis Maëstricht jusqu'à Spire, et c'est tout un voyage littéraire que nous fait faire Alcuin dans cette épître en vers, en remontant le cours de ces fleuves.

Non seulement Alcuin arriva dans un milieu déjà éclairé et épris des bonnes études et du bon langage, mais encore le temps pendant lequel il enseigna à son tour ne fut peut-être pas aussi long qu'on le pense d'ordinaire. Une faut pas se le figurer comme enseignant de 781 à 804 et formant des élèves pendant vingttrois ans. Ce n'est guère qu'à partir de 786 que nous constatons bien sûrement sa présence et son action à la cour franque. Pour les années qui précèdent, entre les deux campagnes de Charlemagne de 781 et de 787, on n'a que peu de traces de son séjour dans le Nord^ Les lettres peu nombreuses qui sont datées de cette période, par les divers éditeurs, peuvent ou n'avoir pas été écrites de la cour ou être rapportées à une date plus récente. En particulier, les deux lettres à Angilbert et au roi d'Italie Peppin sont probablement d'une époque sensiblement postérieure. On ne comprend pas bien comment il aurait pu être le maître de Peppin s'il n'avait pas séjourné en Italie entre 781 et 787, et cependant il lui écrit comme à son fils spirituel '^ Toutefois, il était certainement à la cour vers 786-787, car il y connut Paulin

deliciosus ipsius régis, » si le texte était contemporain, mais il a été écrit au temps de la plus grande faveur d' Alcuin.

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