‹ Études critiques sur les sources de l'histoire CarolingienneChapitre 9 sur 56 · Cf. Jatlé, Monmn. Alcuiniana, p · texte numérisé non relu

Cf. Jatlé, Monmn. Alcuiniana, p

3. Duemmler, Poetae aevi Carolini, I, 222. — Alcuin s'adresse à ses amis de Germanie. Dans deux autres pièces (n" XVII et XVIIl), il s'adresse à Arn, Paulin et Alcuin. Ce dernier, dans une lettre à Paulin de 706 {Ep. Karol., IV, p. 140), appelle Angilbert « lilius communis noster. »

4. Alcuin parle de Pierre en 799 comme d'un homme mort depuis iiuehiue temi)s et qui aurait enseigné à la cour bien des années aui)aravanl. — Ep. 112 : « Idem Peirus luil, qui in palalio vestro gramnvaticam docens claruil. » — M. Monnier suppose sans motifs que Pierre enseignait déjù à la cour de Peppin. Pierre ctail auprès de riiarleinagne entre 782 et 786, puis(|u'il tenait la )>lun\e

sous sa direction. C'est à la suite de l'expédition de 781 que Paul Diacre entra en relations avec Charlemagne. L'intimité eut quelque peine à s'établir, car Paul était un Lombard très attaché à sa race, mais bien vite il fut séduit par le caractère magnanime et la haute intelligence du roi, et, soit qu'il résidât à Metz auprès d'Angilramn, soit qu'il séjournât à la cour même, il entretint avec Charlemagne des relations où, des deux côtés, l'affection se mêle à l'admiration. De 782 à 786 il reste dans les pays francs. Le roi échange avec lui, par la plume de son maître Pierre de Pise, une correspondance en vers * ; il le charge d'enseigner le grec aux clercs qui doivent accompagner sa fille Rotrude à Constantinople; il lui fait rédiger des homélies pour l'usage des prêtres des églises franques. Paul Diacre, malgré les égards et les faveurs dont il était entouré, reprit bientôt sa liberté et retourna au couvent du Mont-Cassin, où il devait travailler à son histoire des Lombards ; il laissait comme souvenir de son séjour dans le Nord les G esta episcoporum Mettensium, dont l'influence sur l'historiographie devait être considérable.

Comme on le voit, dès 787, les trois Italiens qui avaient été appelés à faire bénéficier la cour franque de leur science grammaticale et de leur talent littéraire étaient repartis pour leur patrie et laissaient le champ libre à ceux qui furent par excellence les maîtres de la renaissance carolingienne, les Anglo- Saxons, et en particulier au plus illustre d'entre eux, Alcuin.

Il ne faut pas s'imaginer, comme on le fait quelquefois, que la gloire de cette renaissance doive revenir tout entière à Alcuin. Nous venons de voir que d'autres maîtres l'avaient précédé, et lorsqu'il fut invité, en 781, à Parme, par Charlemagne, à venir à sa cour, il n'y parut pas comme un savant et un lettré isolé parmi des ignorants et des barbares, mais comme un homme exceptionnellement instruit et distingué au miheu d'hommes déjà instruits et capables d'apprécier son mérite, parmi lesquels il comptait déjà des amis. Il y avait plusieurs années que Charlemagne connaissait Alcuin. Celui-ci avait passé plusieurs fois par les pays francs en se rendant à Rome et il avait même reçu une mission spéciale auprès de Charles de son maître Albert avant 780 ~. Il s'y était

pour lui dans sa joute poétique avec Paul Diacre. Il retourna en Italie et Charles lui adressa des salutations versifiées (Duemmler, I, 69, 76).

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