Cf. ep. G et
avec qui il resta en relations très affectueuses et à qui il écrit une lettre pleine d'effusion en 787 ^ C'est probablement alors qu'il eut Angilbert pour élève", mais ce qui est sûr c'est que l'époque de la grande influence d'Alcuin fut celle qui suivit immédiatement le départ des Italiens en 786-787. Ce fut alors sur lui seul que reposa l'enseignement de l'École palatine. Son enseignement fut bientôt interrompu par la mission religieuse et politique qu'il remplit en Angleterre de 790 à 793. De 793 à 796, il séjourna de nouveau à la cour, mais fut très absorbé par les querelles théologiques de l'adoptianisme. De 796 à 801, nommé abbé de Saint-Martin de Tours, il partagea son temps entre la cour et son abbaye, où il passa entièrement les quatre dernières années de sa vie, de 801 à 804. On voit donc que, même en admettant qu'Alcuin ait résidé à la cour de Charlemagne dès 782, il n'y aurait pas enseigné plus de douze ans, et encore ne faut-il pas se figurer cet enseignement comme celui d'une école régulière, d'une école monastique, par exemple. Il était constamment interrompu par les affaires politiques, par les campagnes, par les chasses, par les assemblées; mais, d'un autre côté, c'était un enseignement qui n'était pas restreint à des heures prescrites; il se continuait partout, à toutes les heures du jour, à table comme à la promenade, par la correspondance et par la conversation. Ce n'est point par les leçons données directement aux enfants nobles, qui venaient faire leur éducation au palais, que s'exerçait l'influence d'un maître comme Alcuin, c'est par les directions et les encouragements qu'il donnait aux hommes déjà instruits ou aux professeurs de cette jeunesse ; il les rompait aux exercices de dialectique, de métrique, de grammaire, dans des discussions et des conversations semblables à celles qu'il nous a conservées et où il se donne pour interlocuteurs Charles lui-même et son fils Peppin; il excitait, par ses exhortations et ses exemples, à étudier les bons auteurs, à écrire sur leur modèle en vers et en prose ; il créait autour de lui un mouvement littéraire, qui se continuait loin de lui et en son absence. Aussi a-t-on pu, non sans quelque raison, donner au groupe d'hommes instruits qui entouraient Charlemagne, le nom d'Aca-