VIII
His urbes Arna, et Isetis Mevania pralis Yar. Scaliger : laiis.
Stat.,5//r., I, ^,128-129
Nec sic vacuet Mevania valles
Aul prœstent niveos Clitumna novalia tauros. 1;
Scaliger aurait pu joindre à ces trois citations un vers analogue de Lucain :
Lucan., Phars., I, 473-474
... lauriferis ubi se Mevania campis Explicat...
Je ne vois pas que, dans un seul de ces vers, Mevania soit autre chose qu'un nom de ville, le nom d'une ville connue pour ses prairies et sa vallée, et qu'il soit nécessaire, ou môme naturel, de supposer l'existence d'une région considérable \ dont il ne nous serait parvenu aucune notion précise. Je dirai plus : dans la citation de Silius YIII, 458, il est évident que Mevania est un nom de ville : lU'hes Arna^ Mevania; il faut une certaine impu-
1. La .l/et'fl;ita, d'après Scaliger, serait une plaine comprenant la ville de Mévanie (Bevagna), cela va sans dire, et s'étendant jusqu'au Vailimo7iis lacufi (lago di Bassano), et peut-être au delà : « Sic igttur hic Mœvania est porrecta campi planities, in qua est lacus V;ulimonis, qiiem ips' {Propertius) vocal lacum Umbrum. » Ponr avoir une idée de la manière dont Scaliger a traité cette question, que l'on jctle un regard sur une carte de l'Italie : on verra que trois chaînes de montagnes élevées séparent la plaine où se trouve Bevagna de celle où est le lago di Bassano. Dans la même note, un peu plus Join, Scaliger ne dira-t-il pas : « Lacum Vadimo7iis Clitumniim roca^ quoab eo Clilumnus cmitiitur » ? Or le Clitumnus (aujourd'liui Clitunmoj prend sa source auprès de Spolètc, fort loin du lago di Bassano.
dencG pour citer ce vers comme une preuve du contraire ^
Mévanie né pouvant pas, plus qu'Amérie, avoir été la patrie de Properce, c'est entre Assise et Spello que se restreint le débat. Ces deux villes, en eflet, répondent l'une et l'autre aux indications données par le poète :
1" Toutes les deux sont situées dans FOmbrie ;
2" Toutes les deux, dans la partie de l'Ombrie qui avoisinc Pérouse;
S" Toutes les deux du côté de Mévanie et du lacus Umher. Le lacus Umher n'est autre cbosc que le Clitnmmis lui-même : Philargyrius {ad Verg. Georg. II, 147) le nomme lacus^el, Pline le Jeune, dans une lettre cbarmante, en commence ainsi la description: Vidislisne aliqiiando Clilumnum fonlem? si nondum {et jmlo nondxim ; aiwqui narrasses mihi), vide,qiiem ego (pœniiet larditatis) proxime vidi. Modicus collis adsurgit, antiqna cnpresso nemorosxis et opacus. Hune subter exit fons et exprimitiir pluribus venis sed inparibus, eluctatusque quem lacit gurgilem lato gremio palescit purus et vitreus, ut numerarejactas stipes et relucentis calculos possis "\ On le voit : leGlilumnus,au témoignage de Pline, présentait, au moins dans une certaine partie de son cours, une étendue d'eau large et calme qui justifie parfaitement l'emploi du mot lacus. D'ailleurs on n'a pu lui opposer que le lacus Vadivwnis (Scaliger) et le lacus Velinus (Beroaldo), aujourd'bui Ingo di Rieti '. Or l'un est en Ëtrurie, et l'autre dans la Sabine : le nom de lacus Umber ne saurait donc
1. Donnola donne raison ;\ Scaliger sur ce point; car il veut, par tous les moyons, combattre Mévanie en faveur de Spello, comme Scaliger le fait en faveur d'Amérie. Voy. Tli. Donnola, éd. Scliurzileiscli, g 43, p. 38-:il).